À la vue de ces jeunes en pleine santé, masqués même seuls et ne croisant personne, je m’interroge sur cette génération et son devenir. À 20 ans, déjà 80 ? Craignant tout, se fermant aux autres, parée de l’uniforme médical et d’une pensée formatée. Il ne lui manque que la couche-culotte.

Je n’ai pas peur du Covid-19 car c’est un virus, la grippe tue moins, le cancer n’est pas vaincu, les AVC existent. Pour ces maladies, finalement encore mortelles, pas de masques, pas d’applaudissements aux fenêtres ni d’autres mises en scène lamentables. Je crains, en revanche, la sur la route (la rocade de et ses chauffards), à un coin de rue, parce qu’un Français à la cervelle facile à remplir tentera de m’égorger, ou encore un couteau dans le ventre car j’ai refusé une cigarette que je n’ai pas, ou enfin parce que j’interviens (et je le ferais) parce qu’une jeune femme libre fait l’objet d’insultes de frustrés eu égard à sa jupe ou la main féminine qu’elle tient. Or, ces maux-là peuvent être combattus uniquement avec de la volonté dont nos gouvernements manquent, preuve en est le mot récent « séparatisme », qui refuse de désigner l’ dur et celui plus pervers, silencieux, qui gangrène la car il avance masqué, de façon sournoise.

Politiques, médias et experts égrenant leurs chiffres mortifères chaque soir ont créé deux maladies au moins aussi graves que le virus. À savoir la psychose de la mort par maladie inhalée, mais aussi une sorte de paranoïa collective par défiance de la vie sociale. Les jeunes sont les premiers frappés. On ne leur apprend plus à se battre (une arme ne se manipule qu’en jeu vidéo), c’est le culte du bouclier qui domine, de la grotte familiale, amicale pour se terrer…

Les mots nouveaux comme « distanciation sociale » en sont le reflet : la distance de sécurité, que je cautionne totalement comme le lavage des mains, n’a pas été jugée suffisante ; le comble est l’incitation à créer une barrière avec les vieux, n’embrassez pas vos grands-parents, pas d’étreintes SVP, laissez-les à leur solitude, attendant une visite furtive et distante. Mes petits-enfants m’embrassent et je les serre dans mes bras, risque consenti que personne ne m’interdira de prendre. Si je meurs demain, ce sera avec ce souvenir-là plutôt que cette absurdité d’évitement.

Notre apprend à devenir très peureuse, le masque est son arme de guerre, ils rampent… La couche-culotte pour contenir la peur qui les tenaille. Face à leurs ancêtres qui montaient à l’assaut dans les tranchées avec un masque, ils ont triste mine, même s’ils ne sont pas coupables. Après les avoir désarmés dans le marigot de la bienheureuse et celui du reniement des valeurs nationales, ils sont une génération masquée en devenir, aux fesses protégées, aux idées normées.

Puissent-ils se réveiller en retrouvant la force et le courage de marcher non courbés. Jeunes infirmiers et infirmières en , jeunes militaires au Mali, jeunes gendarmes lors de contrôles routiers, jeunes pompiers face au feu marchent droit, eux. Ils ont peur, à la différence qu’elle est justifiée par un danger qu’ils savent affronter et combattre sans se terrer… Puissent-ils vous inspirer en vous réapprenant à respirer sans entraves, avec dignité et debout !

12 octobre 2020

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