Jean-Marie Le Pen : “Nous ressentons un élan national face aux pressions migratoires que connait la France”

Jean-Marie Le Pen a reçu le prix des lecteurs du journal Présent pour le premier tome de ses Mémoires : Fils de la nation.

Ce mercredi, Jean-Marie Le Pen dédicaçait à la Nouvelle Librairie. Boulevard Voltaire lui a demandé son avis sur l’actualité : gilets jaunes, élections européennes, Rassemblement national… fidèle à lui-même, il n’a pas manié la langue de bois !

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Vous recevez un prix pour le 1er tome de vos Mémoires. Où en est le 2e ?

Je suis en train de travailler mon 2e tome. Il paraîtra, normalement, le 15 septembre. J’ai encore un peu de temps pour le peaufiner. C’est un travail énorme. Résumer quarante ans de vie politique nationale, internationale et frontiste en l’espace de quelques pages n’est pas simple.
Les livres d’aujourd’hui font minimum 500 à 600 pages. Il y a de plus en plus de livres, mais de moins en moins de lecteurs. Les éditeurs semblent pourtant s’en sortir.

Certains politiques ont comparé la crise des gilets jaunes au poujadisme.
Qu’en pensez-vous ?

En effet, les origines sociales sont proches. Le mouvement poujadiste comprenait les artisans et les commerçants. Mais ce mouvement est né d’un seul homme, Pierre Poujade. Il était le chef du mouvement. Il s’était organisé progressivement de façon pyramidale et tout à fait efficace. Il était passé de l’action syndicale très organisée, avec l’UDCA, à une élection politique, le 2 janvier 1956, en profitant de la proportionnelle. C’est comme cela que je suis devenu le plus jeune député.

Pensez-vous qu’un jour les gilets jaunes auront leur Pierre Poujade ? Pensez-vous que leur force puisse se politiser et s’unifier autour d’une personnalité ?

Je pense que les circonstances sont assez différentes. Je ne peux pas faire de pronostics sur les résultats des listes. Il y en aura plusieurs. J’avais prévu qu’il y en ait trois.
S’il y a effectivement trois listes, ils ont de sérieuses chances de ne pas faire 5 % chacune.
Par conséquent, c’est extrêmement dangereux. À partir du moment où le mouvement entre dans la politique, alors qu’il n’a pas véritablement de structure syndicale, c’est un élan, un courant, c’est une levée en masse, mais ce n’est pas une armée.

Jordan Bardella a été désigné tête de liste par le Rassemblement national. Que pensez-vous de cette nomination ?

C’est de la responsabilité de Marine Le Pen. Elle a fait son choix. C’est un garçon très intelligent, brillant et solide. Quand on le voit à la télévision, il se défend pas mal. J’aurais préféré quelqu’un avec plus d’expérience, mais cela tient peut-être de mon âge.

Pensez-vous à quelqu’un en particulier ?

Non, je fais simplement connaître mon point de vue. Je pensais que Bruno Gollnisch était une personnalité de taille pour être tête de liste.
Maintenant, je ne suis pas le président. Ce n’est pas moi qui décide. Je laisse donc à Marine Le Pen sa responsabilité.

Après Jordan Bardella, François-Xavier Bellamy, la place est à la jeunesse pour ces élections européennes. Qu’avez-vous pensé de la candidature de François-Xavier Bellamy ?

Je ne crois pas beaucoup à la place de la jeunesse. Les électeurs sont tous plus âgés que monsieur Bardella. Ils sont plus proches de moi, mais je ne veux plus être candidat. J’ai été trente-cinq ans député européen, cela me suffit amplement !

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