Jean-Jacques Peroni s’emmerde et je le comprends !

jean-jacques peroni

Jean-Jacques Peroni, le chansonnier, l’auteur, le parolier de Laurent Gerra, ne fera plus partie de la fameuse émission « Les Grosses Têtes », version Laurent Ruquier. Y était-il seulement à sa place ? Au temps de Bouvard, accompagné d’un Kersauson ou d’un Jacques Martin, certainement, mais entre une Christine Bravo, une Arielle Dombasle, une Roselyne Bachelot et un Jeanfi Janssens ? Que diable allait-il faire dans cette galère ? Lui, l’émule de Jean Yanne, l’anar à la gouaille bien gauloise, le bouffeur de pâté, de figatelli, de saint-nectaire et surtout buveur du breuvage national, lui, le diseur de blagues bien grasses, le pourfendeur d’écocitoyen et de végan est bien trop rugueux et trop baroque pour l’époque.

Il s’emmerde, notre ronchon*, au milieu des beaux esprits cathodiques à l’humour convenu. Vous l’imaginez, dans le salon feutré d’Arielle Dombasle ? C’est un peu comme le gros rouge : ça tache la moquette ! Celui qui écrit « Les végans sont les métastases du cancer écologique » ou encore « Si l’Afrique avait été végan, jamais on ne l’aurait nourrie en lui envoyant nos missionnaires » ne peut m’inspirer que la plus grande sympathie. Entre ronchons, on se comprend… Je ressens une empathie spontanée pour l’amateur de ribote à la voix de rogomme, bien trop libre et rustique pour les délicats et les précieuses ridicules.

Jean-Jacques Peroni ne plaît pas aux sentencieux qui confondent grossièreté et vulgarité. Il n’a pas l’esprit Canal+. C’est l’anti-Yann Barthès, il ne cherche pas à souffler dans le sens du vent, à flatter les puissants et ne tortille pas du cul pour appeler un chat un chat. Bref, il est aux antipodes de la vulgarité d’une époque où le chef de l’État pose avec des vogueurs en maillot de résille, les mêmes qui ont dansé sur le perron de l’Élysée en éructant des insanités devant une foule extasiée. Il ne fait pas dans la charité business et ne passe pas son temps à s’indigner sur les plateaux de télévision.

Les contractés du sphincter qui se pincent le nez aux potacheries de Jean-Jacques Peroni peuvent toujours écouter les apôtres de l’humour formaté et autorisé, style Sophia Aram, Mathieu Madenian, Charline Vanhoenacker ou Stéphane Guillon. Ces derniers, qui se comportent en petits commissaires politiques, ne risquent pas d’incommoder les philistins au pouvoir qui se prennent au sérieux. Au fond, ce qui déplaît aux faux-cul compassés, c’est que Jean-Jacques Peroni ne défend pas les causes en vogue. Sa gaillardise révèle un esprit très français qui, lui, est intemporel. Comme disait Charles Baudelaire : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire », et pour ce qui est de s’enivrer, c’est en votre compagnie, Monsieur Peroni, que j’aimerais trinquer à la santé des ronchons !

*Jean-Jacques Peroni fait partie, comme votre serviteur, du Club des ronchons, qui vient de sortir Les Végâneries, aux Éditions Via Romana 2020.

Charles-Henri d'Elloy
Charles-Henri d'Elloy
Écrivain, polémiste

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