Ce sont, paraît-il, des amis de la France, de grands amis, de chers amis. L’Algérie, la Tunisie, le Liban, le Qatar, le Koweït, Oman, accompagnés de la Syrie, de l’Iran ou du Yémen, ont immédiatement soutenu l’attaque du Hamas contre Israël. Un assaut qui a fait plus de 800 victimes au 9 octobre (à 16 heures) et 2.500 blessés. Tous ces pays ont exprimé très vite « leur solidarité totale et inconditionnelle avec le peuple palestinien ». Certains, comme le Qatar, semblent faire évoluer leur position officielle : « Notre pays n'est pas en guerre contre Israël », dit le Premier ministre du Qatar. Mais son pays est fréquemment accusé de financer le Hamas.

Ce n'est pas une surprise pour ce qui concerne l’Algérie. « L’Algérie a toujours soutenu la cause palestinienne et le mouvement palestinien, rappelle à BV l’ancien ambassadeur de France en Algérie Xavier Driencourt. Elle n’a jamais reconnu Israël, préférant parler régulièrement de l’entité sioniste. »

La cause palestinienne fédératrice

Cela n’a pas empêché le Président français de rendre une sirupeuse visite diplomatique à l'Algérie en août 2022, suivie en octobre d'une visite de son Premier ministre Élisabeth Borne accompagné, pour l’occasion, d’une impressionnante délégation de ministres et d’entrepreneurs. La position ancienne de l’Algérie sur Israël n’a, à l'époque, pas empêché les envolées lyriques et les proclamations d’amitié de la Macronie revenue d'Algérie bredouille sur tous les dossiers, à commencer par celui des OQTF. En Afrique du Nord, la Tunisie ne fait pas mystère, non plus, de son soutien au Hamas lors des événements de ce week-end. Le Maroc, qui a signé séparément, en décembre 2020, les accords d’Abraham sous l’égide des États-Unis de Trump, ne suit pas l’Algérie sur ce conflit. Mais les accords d’État sont une chose, l’opinion publique en est une autre. Et « la cause palestinienne est un élément fédérateur dans tous ces pays », rappelle Xavier Driencourt. Comment une partie de leurs ressortissants en France n'y seraient-ils pas sensibles ?

D'autant que la France fait une place de choix à certains États plus qu'ambigus vis-à-vis de l'islamisme. Soutien du Hamas, le Qatar a table ouverte en France depuis des décennies. Ses investissements coulent comme le lait et le miel en France, avec la bénédiction émue de tous les gouvernements. Même position, donc, du Koweït, d’Oman ou du Liban.

Combien de Français partiront soutenir le Hamas ?

La France macronienne n'a pour l'instant pas brandi vis-à-vis des soutiens du Hamas l'argument moral. Peut-être à cause de notre politique d’immigration dite « généreuse », c’est-à-dire aveugle, sourde et absente ? Des millions de musulmans vivent en France avec, pour certains d’entre eux, une haine des Juifs proche de celle qui anime les combattants du Hamas. On parle des volontaires français partis combattre aux côtés d'Israël, mais combien quitteront la France pour soutenir les Palestiniens ? Les Frères musulmans, proches du Hamas, sont puissants au pays des cathédrales. Qu’on le veuille ou non, le conflit israélo-palestinien touche notre patrie.

Dans un point-presse, ce lundi 9 octobre après-midi, Gérald Darmanin a d'ailleurs fait état d’une vingtaine de faits antisémites depuis le début des hostilités. « Dix personnes ont été interpellées » pour cette raison dans différents départements, selon le ministre de l’Intérieur. Et pas seulement des Aveyronnais de souche : deux personnes de nationalité étrangère, dans le sud de la France, feront l’objet d’une expulsion immédiate. La France, qui abrite la troisième communauté juive au monde par le nombre, selon le président du Consistoire de France Elie Korchia, est contrainte de mettre en place des mesures de protection immédiates. « L’atmosphère est inflammable », constate Elie Korchia. Darmanin le promet : « La police sera très présente sur les 400 lieux de culte, écoles, commerces, crèches. » La surveillance s’alourdit. L’État a reçu 700 signalements à la plate-forme Pharos, 44 feront l’objet d’une suite judiciaire.

Interdiction des Frères musulmans

Une fois encore, comme lors des émeutes, comme pour le drame de Lola et bien d'autres, la France fait face aux conséquences de sa folie migratoire. En l'occurrence, elle importe les conflits du Moyen-Orient, attisés ici par une extrême gauche aveugle et clientéliste. Éric Zemmour a pris la mesure du défi en demandant, dans un message sur X, « que les pays qui soutiennent le djihad cessent de bénéficier d’avantages sur le sol français ». Il appelle « l'interdiction des Frères musulmans dont est issu le Hamas et la dissolution de toutes les associations qui leur sont liées », réclamant, enfin, « l'expulsion des étrangers fans du Hamas pour apologie du terrorisme, comme de tous les fichés S étrangers ou double nationaux ».

La France a accueilli sur son sol des millions de ressortissants de pays officiellement et radicalement hostiles à Israël, tandis que le pays s'enivrait de lutte anti-Le Pen. Nous sommes pris au piège.

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09 octobre 2023 à 21:27

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100 commentaires

  1. Bonjour ,
    on n’en parle jamais , mais commençons par renvoyer chez la cinquième colonne de l’islam radical : je veux parler de tous ces imams tunisiens ; algériens , turcs marocains qui soutiennent ouvertement la cause palestinienne sans vouloir les accueillir chez eux a titre humanitaire .
    Revoyons d’urgence tous les accords passes avec ces pays qui nous donnent des leçons de morales .
    POINT BARRE . jimmi

  2. Pas pris au piège, nom de d’la ! Ne pas reculer devant les mots comme on le fait depuis toujours ; l’expression vraie est : acculés à la guerre ! Maintenant que Melanchon peut crier impunément « Macron assassin ! » – il a les morts français qu’il attendait – il va pouvoir pousser à la guerre civile ! Qui est prêt à faire face à ça ?

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