Editoriaux - Politique - Tribune - 11 juin 2019

Interview de Jadot au JDD : la fausse alternance en marche…

Se sentant pousser des ailes après son succès relatif aux européennes, la nouvelle coqueluche des médias bien-pensants, Yannick Jadot, a rencontré les lecteurs du JDD, ce week-end, pour un modèle d’interview superficiel et complaisant. Le but du jeu est de le poser en nouvel opposant raisonnable et modéré à Macron, histoire d’être bien sûr que l’électorat ne s’échappe jamais vers d’affreux « populistes » et reste dans le cercle de la raison repeint en vert.

Tout y est.

D’abord, le catastrophisme et le millénarisme : « Les sols sont quasiment infertiles, les insectes et les oiseaux disparaissent », dit Jadot, d’entrée. Cette peur est destinée à canaliser le vote des jeunes, peu armés face à la démagogie, pour éviter qu’ils ne s’aventurent un jour en terre hostile à la nouvelle orthodoxie écolo-restrictive. N’oublions jamais que le succès des écolos auprès des classes dirigeantes et de leurs médias tient au fait qu’ils habituent le peuple, et notamment la jeunesse, à se serrer la ceinture et brider ses revendications. Consommer, c’est dangereux pour la planète, na !

Ensuite, l’opportunisme, bien documenté chez les Verts. À la question « Quelles sont les alliances que vous comptez mettre en place au Parlement ? », réponse : « Il est trop tôt pour le dire ! »

Seul ennemi identifié, encore et toujours le fameux « populisme ». Pour lutter contre lui, encore et toujours la même recette : déverser les crédits publics dans le tonneau des Danaïdes de la politique de la ville. Dixit Jadot : « Pour moi, l’extrême droite se combat au quotidien, sur le terrain. J’étais, il y a quelques semaines, dans les quartiers nord de Marseille. Là-bas, les habitants attendent la rénovation de leur logement car ils vivent dans des habitations humides, souffrent de précarité énergétique, avec des problèmes de santé pour leurs enfants, des canalisations percées qui font flamber leurs factures… » Bref, du fric vers les banlieues. En commençant naturellement par arroser les associations qui s’en repaissent. Notamment celle qui arme l’Aquarius, car le combat pour ces soi-disant « réfugiés » est le plus symbolique de tous, pour Jadot.

Autre marqueur écolo-gogo, le bourrage de crâne et le conditionnement idéologique dès le plus jeune âge. Jadot veut embrigader à tout va : « Dans les écoles, il faut multiplier les sorties dans la nature, développer les jardins partagés pour que les gamins mettent les mains dans la terre. Il faut aussi que les cantines passent au 100 % bio pour améliorer la qualité de l’alimentation mais aussi manger des produits locaux et créer du lien entre les paysans et les enfants. »

Tout cela aboutira, à terme, au miracle d’augmenter le pouvoir d’achat grâce aux énergies nouvelles dont on découvre pourtant de plus en plus, y compris en Allemagne – mais Jadot n’est pas au courant -, qu’elles sont peu efficaces et ruineuses. Naturellement, cet argent ira… « financer un minimum social garanti pour aider les familles sous le seuil de pauvreté ». Bingo ! Le gauchisme redistributif pointe illico le bout de son nez. Sauf que cet argent n’existe pas encore.

Venons-en, enfin, à leur cible principale dans moins d’un an : la mairie de Paris. Galvanisés par leurs 20 % aux européennes à Paris et bien plus chez les bobos, Jadot rêve à voix haute de faucher la mairie à Hidalgo. Il ne sera sans doute pas candidat lui-même puisque l’ectoplasmique Belliard vient d’être désigné par 200 militants. Mais il veut « gagner Paris pour son mouvement ».

Et pourquoi donc ? « Pour que Paris soit moins minérale, avec plus de nature. Mais surtout, j’ai envie d’un enthousiasme à Paris autour d’une écologie aimable, d’une écologie qui nous réconcilie, pas d’une écologie qui brutalise. » Bref, Jadot reproche à Hidalgo de faire de l’écologie punitive et brutale. Le pied : dénoncer ceux qui vous copient jusqu’à la caricature pour le leur reprocher ! Un sommet gourmand d’hypocrisie politique !

En réalité, Hidalgo a créé un monstre en surjouant l’écologie anti-bagnole. Elle a légitimé ceux qui, désormais, veulent la supplanter alors qu’elle croyait leur couper l’herbe sous le pied.

Avec Aimer Paris, l’association que je préside et qui présentera des candidats dans tout Paris en 2020, nous sommes décidément les seuls à pouvoir mettre un terme au cauchemar pseudo-vert qui sera poussé à son paroxysme si, d’aventure, les écolos, Hidalgo ou Griveaux en viennent à gagner. Ces tristes sires n’ont de programme que de rivaliser dans une écologie superficielle, négatrice du progrès technique et menaçante pour la liberté.

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