Alors que Xavier Bertrand déclare que « la sécurité restera l’immense faillite du quinquennat », que Gérard Larcher fustige « l’impuissance de l’État régalien », que Valérie Pécresse évoque les « nouveaux barbares qui ne respectent plus rien, ni l’autorité, ni la loi, ni les institutions », se résout enfin à parler de l’insécurité.

Devant l’Association de la presse présidentielle, il a dénoncé une « banalisation de la violence » et promis d’être « intraitable ». Depuis quelques jours, la droite monte au créneau dans le domaine sécuritaire et le camp macroniste s’efforce, tant bien que mal, de disputer ce challenge. Mais comment ne pas suspecter, de part et d’autre, des préoccupations avant tout électorales, à l’approche des scrutins régionaux et présidentiels ?

Outre Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, qui jouent leur réélection à la tête de leur région, les représentants de la droite ont compris que la sécurité serait au centre des débats, que l’immense majorité des Français, au-delà de leurs opinions politiques, y était attachée. La Macronie, qui convoite l’électorat de droite tout en conservant ses racines de gauche, ne peut rester insensible à ce sujet, mais sa composition hétéroclite, ses contradictions idéologiques entre la culture de l’ordre et la culture de l’excuse, son absence d’esprit critique devant la voix de son maître expliquent sa tiédeur et ses tergiversations. Emmanuel Macron, devant la presse, en a donné une parfaite illustration.

Pressé par les questions des journalistes, il s’est bien gardé de reprendre à son compte le terme d’« ensauvagement », largement employé par son ministre de l’Intérieur, préférant parler de « banalisation de la violence », euphémisme qui se prête à toutes les interprétations, tout en exigeant « une réponse républicaine rapide ». Fidèle a son inclination à la procrastination quand un sujet le gêne, il a promis de s’exprimer plus longuement sur le sujet à l’occasion de l’anniversaire des 150 ans de la République et après le séminaire gouvernemental du 9 septembre, qui doit porter notamment sur les questions de sécurité et de justice.

Qui peut attendre de notre Président autre chose que des paroles ambiguës, où chacun pourra trouver du grain à moudre pour se donner bonne conscience ? On ne peut soigner un mal qui gangrène notre société sans en définir précisément les causes. En distinguant les violences qui infiltrent les manifestations, la violence liée à la drogue et la violence du quotidien, le chef de l’État évite d’évoquer la violence séparatiste qui émane d’une partie de la population qui veut imposer sa propre loi. Il a beau dire que toutes ces formes de violence sont « un symptôme ou un malaise de notre société, qui est un problème d’éducation, un problème d’intégration, un problème de modèle économique », il se défausse de ses responsabilités en restant au niveau de l’incantation verbale.

Chacun jugera s’il fait preuve de duplicité, d’indécision, de lâcheté ou des trois à la fois. Force est de constater qu’Emmanuel Macron, en se comportant ainsi, réduit la démocratie à l’art du trompe-l’œil et de la duperie. Il fait passer ses opinions personnelles avant les intérêts vitaux de la nation. Il se montre indigne de diriger la France, encore plus de prétendre à un nouveau mandat.

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