Hors-série VA Algérie française : la leçon de courage de Boualem Sansal

Dans le derniers hors-série de VA, Boualem Sansal dénonce les « mensonges d’État » des pouvoirs algérien et français.
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Consacré au sujet tabou du vrai bilan de la France en Algérie, le nouveau hors-série de Valeurs actuelles comprend une longue interview de Boualem Sansal. L'écrivain y dénonce les « mensonges d’État » des pouvoirs algérien et français sur le sujet. Entretien avec le directeur des hors-séries de VA, Arnaud Folch.

 

BV. Dans son interview de huit pages, Boualem Sansal se montre particulièrement critique contre le pouvoir algérien, qu’il juge « illégitime ». Il estime même qu'il risque d’être « chassé par le peuple ». Quelques mois après avoir effectué un an de prison en Algérie, et alors que ses prises de parole, depuis, semblaient plus mesurées, pourquoi, selon vous, a-t-il décidé de s’en prendre ainsi frontalement au pouvoir algérien ?

Arnaud Folch. Boualem Sansal l’explique dans son interview : « J’ai conscience de ne pas parler seulement pour moi, je le fais aussi pour que le peuple algérien se libère. » En 40 ans de journalisme, aucune des personnes que j’ai interrogées ne m’a laissé une telle impression de courage sur le fond et de sérénité sur la forme. Voilà un homme de 83 ans qui a failli mourir en prison, dont l’incarcération a fait les gros titres dans le monde entier et qui, pour autant, lorsqu’il s’exprime, le fait avec une infinie sagesse. Boualem ne cherche pas à faire le « buzz », il parle avec son cœur, immense. Sans doute le fait qu’il s’agissait d’un entretien croisé avec son amie Suzy Simon-Nicaise, présidente du Cercle algérianiste, la première association de pieds-noirs de France, qui a fondu en larmes au cours de cette interview, a-t-il aussi influé, ce jour-là, sur la teneur inédite de ses propos…

 

BV. Des propos qui risquent de lui valoir - il le dit lui-même – les foudres du pouvoir algérien…

A. F. Si tel est le cas, ce n’est pas son but. Boualem, je l’ai dit, parle avec son cœur. Mais il est vrai que le pouvoir algérien peut difficilement laisser passer certains de ses propos, notamment lorsqu’il s’en prend à sa « Constitution bis », la « Charte nationale », qu’il accuse d’avoir réécrit l’Histoire, et qu'il surnomme la… « Tarte nationale ». Ajoutant même, à l’adresse des Algériens : « II faut vous émanciper, l’Histoire officielle, on s’en f… ! »

 

BV. À l’inverse, il se montre extrêmement louangeur sur les 132 années de présence française en Algérie.

A. F. Pour Boualem, grâce à la France et aux pieds-noirs, auxquels il rend hommage, il était en effet « en train de se passer quelque chose de miraculeux », alors même qu’avant la France, l’Algérie, rappelle-t-il, n’était pas un pays mais « une terre vierge, tribale », qui « n’appartenait à personne ». Il rappelle aussi les immenses progrès, dans tous les domaines, dont a bénéficié l’Algérie, et précise aussi qu’il n’y a jamais eu de « ségrégation raciale ni religieuse ». Ce faisant, et comme nous le démontrons – en nous appuyant sur de nombreux documents et photos inédits –, il donne une formidable leçon de courage à notre classe politique et médiatique, le plus souvent pétrifiée par le « politiquement correct ».

 

BV. Emmanuel Macron ayant été, comme le pouvoir algérien, jusqu’à accuser la France de « crimes contre l’humanité »…

A. F. Cette déclaration est aussi indigne qu’absurde. « Parler de crime contre l’humanité de la France, c’est, pour la France, se nier soi-même », dit Boualem Sansal. Comment parler de volonté d’extermination alors qu’en Algérie, sous la France, la population musulmane a été multiplié par six et la mortalité infantile a baissé des deux tiers. En 1960, près de 90 % des enfants scolarisés dans les écoles primaires publiques étaient des petits musulmans, garçons et filles... Nous passons tout en revue, à travers une cinquantaine d’articles : la santé, l’éducation, les droits civiques, le développement des villes, l’agriculture, le gaz et le pétrole… Non seulement la France n’a pas à rougir de son œuvre en Algérie, mais encore mériterait-elle d’être honorée !

Valeurs Actuelles - hors-série Quand l’Algérie était française, 132 pages, 11,90 euros. Disponible en kiosques et sur la boutique.valeursactuelles.com

Vos commentaires

41 commentaires

  1. Enfin la vérité !
    Boualem ne dit que des vérités, Macron est et restera définitivement un imbécile ignare qui ne connait absolument rien de la vie en Algérie – Je sais de quoi je parle pour y avoir vécu 2 ans et constaté tout ce que la France a apporté à ce pays et l’a placé en tête des pays du Maghreb !

  2. Il est bon de rappeler que le pouvoir en place en Algérie est l’héritière et la descendance des terroristes de la fin des années 50.

  3. Par ce que vous croyez que le fait d’être en France il est plus en sécurité ?? Qu’il évite d’aller se promener dans le 93 !!

  4. voilà un taquet bien senti à l’égard notamment de Ségolène Royal qui non seulement c’est discréditée à jamais vis à vis de la France alors qu’on ne lui avait rien demandé, mais surtout elle parle de chose qu’elle ignore et çà ce n’est pas un signe d’intelligence !

  5. Merci et bravo. Enfin la reconnaissance de l’action de la France en Algérie par un algérien. On attend celle de Tebboune.

  6. Toutes réalités établies, mais niées par nos irresponsables politocards ! jusqu’au massacre d’Oran aussi.

  7. MERCI, MERCI pour cet article !! ENFIN, des paroles simples pour expliquer ce qu’était l’Algérie Française …. Je vais faire suivre votre article à plusieurs personnes et je vais acheter ce numéro de VA
    Pour faire comprendre que les colons n’étaient pas les seuls habitants ! La majorité étaient des personnes ordinaires !

  8. Dans cette histoire, Macron est pire que Tebboune. Dans la longue tradition de gauche, il n’aura fait que trahir son pays. Ce numéro de VA devrait être distribué dans les écoles. Un numéro à conserver pour répondre à tous les ignorants.

  9. Je reprends le dernier paragraphe, en effet « la santé, l’éducation, les droits civiques, le développement des villes, l’agriculture, le gaz et le pétrole » tout cela a été réalisé grâce à l’impôt des Français, vu leur ingratitude à notre égard, nous devrions solliciter le remboursement de nos impôts !

  10. Il faut que ce soit un Algérien de naissance qui ose, qui a le courage, de dénoncer le mensonge qui a été racobte sur la France en Algérie. Mais comment tous ces journalistes français n’ont ils jamais essayé de chercher la vérité ! Beaucoup d’admiration pour Boualem Sensal et tellement heureuse qu’il ait pu être libéré. Grâce aux Allemands.

  11. C’est grâce entre autres à la lecture de Boualem Sansal que j’ai appris à connaître l’Algérie qui était bien mystérieuse à mes yeux. Ce fut effectivement très longtemps une terre française qui n’était d’aucune nation précise auparavant. Alors, plus je lis de bouquins concernant l’Algérie, plus je m’étonne de la repentance de Macron.

    • N’arrêtez pas de lire et vous irez d’étonnements en étonnements. Hélas, trois fois hélas, vous risqueriez bien de parvenir à de douloureuses conclusions sur la France et le monde occidental en général. Les dites conclusions d’une actualité brûlante aujourd’hui quand d’aucuns auront pu s’illusionner en d’autres temps qu’il suffisait de se détacher de l’Algérie pour mettre la France à l’abri du choc de civilisation qui se dessinait alors ….. Colombey les Deux Mosquées, dans 20 ans ? Pas plus improbable que Saint Denis ville de la Nouvelle France.

      • je sais que je vais me répéter, mais cessez de dire  » la nouvelle France », çà n’existe précisément que dans l’esprit de ceux qui saccage ; LA FRANCE ! ces épisodes brutaux d’enclaves vouluent pas notamment LFI ne laisseront dans l’histoire qu’un  » pet sur une toile cirée » !

    • Un qui connaît aussi bien l’histoire du Maghreb que l’histoire de l’Afrique dans son entier, c’est bien Bernard Lugan qui est rarement invité à part sur Sud Radio ou TV Libertés

  12. On entend dire que Boualem Sansal est « devenu » français. Erreur: Il l’est redevenu. Il a été français jusqu’à ses 18 ou 19 ans en 1962. On fera remarquer au passage que l’école dite coloniale a obtenu de meilleurs résultats que notre école contemporaine dite républicaine. C’est toujours un régal d’écouter un chef d’état africain de cette génération parler français…

    • Effectivement. En 1962, je suis arrivée en métropole. Entrée en classe de 5ème, oh combien je me suis ennuyée car nous avions un socle de connaissances générales déjà bien sérieux, en particulier dans la connaissance et la maîtrise de la langue française avec l’étude de certains grands classiques comme Le Roman de Renard, bien des fables de Jean de La Fontaine… Mes petites camarades de classe ne comprenaient pas comment je savais d’avance ce que l’on nous enseignait.

  13. Nous sommes le 26 MARS ! Un jour de deuil pour les Pieds Noirs. 80 morts et 200 blessés fauchés à l’arme automatique par des tirs de l’armée « française » à l’entrée de la rue d’Isly qu’on semble reconnaître sur la photo de couverture de VA. 1982 cartouches d’armes de guerre tirées en 1/4 d’heure sur une foule pacifique d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards. Le crime de qui ? Le déshonneur de qui ? Au nom de quoi ? Et pour quel résultat ? 64 ans après, , la seule évocation de cette date vous fait venir les larmes aux yeux. Et la rage de voir ce qu’est devenue la France.
    Merci Boualem d’entretenir la flamme de la vérité et de l’espérance.

    • Vous n’êtes pas le seul. Nous y pensons aussi, dans le secret de nos cœurs, chaque année. Ces victimes n’ont jamais compté dans la mémoire des Français! Après tout, ce qui arrive à la France est peut-être mérité?

  14. Mais c’est très politiquement incorrect,ce qu’il dit là. En Macronistan comme en Algérie, il convient de cracher sur la France.

  15. Si j’étais Boualem Sansal, j’éviterais de retourner en Algérie, même en tant que français mono-national …

Commentaires fermés.

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