Editoriaux - Environnement - Société - 9 juin 2019

Honte à ceux qui prennent l’avion !

On n’a pas encore tout vu, mais le delirium écologique commence à faire de sérieux ravages. En Suède, pays de la jeune « écolomanipulée » que Macron a reçue en grande pompe, ceux qui pèsent l’« empreinte carbone » sur une balance de dealer viennent, en effet, de s’apercevoir qu’un passager aérien dégageait 20 fois plus de gaz carbonique (CO2) que son compère ferroviaire. D’où la mode du flygskam (« honte de voler » pour des raisons écologiques), qui a déjà provoqué un recul de 6 % sur les vols intérieurs et de 2 % sur les vols internationaux.

Il n’en faut pas plus à des députés Verts de chez nous pour applaudir en cadence à cette idée géniale et proposer d’interdire les vols intérieurs quand une liaison par train de moins de cinq heures est possible ou s’il existe une ligne de train plus longue de 2 heures 30 maximum que l’avion.

Si les 13,5 % d’EELV à l’élection européenne ont esbaudi la plupart des commentateurs, vu le bombardement médiatique dont bénéficie quotidiennement leur idéologie, on devrait plutôt s’étonner que les écolos n’aient pas fait mieux. Plus un journal télévisé ou radiophonique qui n’ait au moins un, et parfois deux ou trois, sujets nous annonçant l’apocalypse due à nos honteuses conduites : soleil, air, eau, bagnoles, nourriture, cosmétiques, couches pour bébés… tout est toxique, tout diminue notre espérance de vie. S’il avait bénéficié du même matraquage médiatique, le parti de l’esperanto aurait peut-être frisé le même score !

Rarement, dans l’Histoire, des modifications aussi drastiques des comportements individuels, et des gaspillages financiers aussi colossaux (publics comme privés), auront été induits en lien avec un tricotage hypothético-déductif aussi indémontré que le réchauffement anthropique de la planète ! Mais les peuples ont toujours besoin d’une utopie en laquelle croire. Déçues par l’espérance socialiste, les âmes simples gobent aujourd’hui la nouvelle utopie qu’on leur tend, avec l’hameçon, le fil et la canne…

À la grande satisfaction de ceux qui ont compris que, quand l’État jette l’argent par les fenêtres, le bon endroit, c’est sous le balcon : associations subventionnées, fabricants d’éoliennes et de panneaux solaires, installateurs, élus et paysans qui concèdent leurs plaines à corbeaux, etc.

Et ce n’est qu’un début. Il y a quinze ans, Chirac avait fait entrer dans la Constitution française de quoi décourager l’innovation et le progrès scientifique : le calamiteux principe de précaution, pour pallier d’éventuels « dommages graves et irréversibles à l’environnement ». Macron va faire mieux : son projet de loi constitutionnelle définissant les principes de la République française dira qu’« elle agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques ». Et pas à n’importe quelle place : à l’article Ier, s’il vous plaît ! Une belle source de blocages en perspective.

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