“Faites ce que vous voulez mais votez Macron”, claironnait la une de Libération avant le second tour de la présidentielle. Unanime, l’ensemble des médias distillait le même message. Tout sauf . Le peuple naïf et docile suivait le mouvement. Pour preuve de l’efficacité de la propagande, un dans lequel les noms des candidats étaient cachés montrait qu’une majorité des personnes interrogées adhérait aux principales propositions du programme de Marine Le Pen. Les électeurs s’apprêtaient donc à voter massivement contre un candidat dont ils approuvaient grosso modo la conduite à tenir pour le pays. La vieille intox « des années les plus sombres de notre histoire » avait, encore une fois, bien fonctionné.

Au terme de cette affaire , toute la question se résumera à savoir si les Français ont enfin dénoué les ficelles de la dramaturgie infantile instaurée par les pouvoirs financiers accessoirement propriétaires des médias. S’ils sont enfin prêts à sortir de la fiction politique. Si l’entourloupe Macron leur aura permis d’acquérir la maturité de juger un candidat sur la base réelle des mesures qu’il propose plutôt que sur la peur du grand méchant loup. Malgré la solidarité éprouvée pour les rebelles des ronds-points, il peut arriver qu’une envie de les engueuler nous submerge… « Comment pouvez-vous dénoncer les délocalisations après avoir voté férocement contre une candidate qui proposait d’en finir avec les délocalisations ? Allez-vous parvenir un jour à lire un programme, à y réfléchir, à l’analyser sérieusement en évacuant de votre esprit les clichés mis en place par BFM ? »

Les gilets jaunes qui conspuent BFM ont-ils pris conscience qu’ils n’ont toujours fait que répéter la fiction que ce média leur servait ? Dans l’hypothèse d’un duel présidentiel face à Marine Le Pen ou Dupont-Aignan ou autre, ne préféreraient-ils pas un Macron en robe à fleur au diable désigné par les médias ? Croyant se prémunir d’une pseudo-réincarnation d’Adolf Hitler, ne vont-ils pas, une fois de plus, se laisser rouler dans la farine ?

Ces questions sont centrales. La fin des débats contradictoires à la télévision a été le syndrome de la disparition de la réflexion au profit de la fantasmagorie. Plus aucune discussion n’était nécessaire, l’opposition radicale était le mal incarné. Léa Salamé son remède. La résistance à l’arrivée au pouvoir de la « Gestapo » était retranchée dans les locaux de Inter.

Et l’électeur de s’empresser de voter non pas pour le candidat qu’il appréciait mais par peur de celui d’en face dont BFM et consorts avaient bien fait comprendre qu’il était synonyme de fin du monde. Depuis les années 1990-2000, le Français choisit tous ses Présidents sous la menace !

Si l’après-gilets jaunes ne consiste pas en un retour au réel, une mise à la poubelle des discours à l’emporte-pièce, un rejet des affirmations sans démonstration, il est à craindre que ce mouvement n’ait servi à rien.

10 décembre 2018

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