Le fait-il exprès, et si oui, quelle est sa stratégie ? Et si non, quelle mouche a-t-elle bien pu le piquer ? Ainsi Guillaume Peltier est-il en train de multiplier les provocations à l’égard de son propre mouvement, LR, dont il est pourtant le vice-président délégué.

Tout commence par un long entretien accordé à , le 27 mai dernier. Son titre ? « En , pas une voix ne doit se porter sur . » Déjà affaibli sur sa gauche, le « front républicain » l’est donc maintenant sur sa droite. Mais quid des LR à propos desquels le journaliste remarque, non sans raison : « Vous avez posé depuis longtemps une frontière étanche avec le Rassemblement national, aujourd’hui, vous la posez avec La République en marche. Quelle place reste-t-il aux Républicains ? » Et c’est sans rire que Guillaume Peltier répond : « Une place immense, celle qu’attendent 75 % des Français qui ne veulent ni d’Emmanuel Macron ni du RN. »

Les mêmes Français porteraient pourtant Marine Le Pen et l’actuel Président au second tour de la prochaine élection présidentielle, n’abandonnant que des miettes aux autres candidats, même si les 15 % promis à Xavier Bertrand ne sont pas anodins. Par rapport aux 75 % évoqués par le turbulent député du Loir-et-Cher, le compte n’y est pas…

Puis, trois jours plus tard, lors du « Grand jury RTLLe Figaro-LCI », Guillaume Peltier enclenche la surmutipliée, affirmant qu’Emmanuel Macron est « le pire Président de Cinquième République […] même pire que François Hollande ». Rien que ça.

Histoire d’en rajouter dans la confusion, il profite de l’occasion pour tresser les louanges de , le maire de Béziers, qui l’avait félicité de l’entretien de Valeurs actuelles : « Il me fait très plaisir et c’est un très bon maire. […] Échanger, discuter, travailler avec Robert Ménard ne me dérange en rien. Nous portons sur le redressement national, si j’en crois ce que je lis, oui, un certain nombre de convictions communes. » Certes, Robert Ménard n’est pas encarté au RN, mais il en est tout de même assez proche ; voilà qui repose une fois encore la question des rapports avec le mouvement lepéniste.

Cerise sur le pompon, Guillaume Peltier propose ensuite le rétablissement de la Cour de sûreté de la République, sorte de «  exceptionnelle » permettant de condamner « sans appel possible les individus radicalisés sur la base de soupçons avérés ». Une mesure qui, si elle était censurée par le Conseil constitutionnel, serait soumise « par référendum au peuple français ». Et une nouvelle polémique achevant de diviser, s’il en était besoin, ces LR dont il fait figure de numéro deux…

Aussitôt, Christian Jacob, patron dudit parti, se fend d’un communiqué assurant que « la seule priorité est de jouer collectif ». Le député LR Guillaume Larrivé est un peu plus direct : « N’ayant pas été élevé à l’école du Front national mais au Conseil d’État et aux cabinets de Nicolas Sarkozy, j’avoue avoir du mal à comprendre les propositions de certains “responsables” de l’actuelle direction du parti dont j’ai été le porte-parole lors de sa fondation. »

Il est vrai que, d’un point de vue politique, Guillaume Peltier s’est longtemps cherché : de Jean-Marie Le Pen à Bruno Mégret, de à Nicolas Sarkozy ; de Guillaume à Peltier, en quelque sorte. Aujourd’hui, il s’est rapproché du Xavier Bertrand plus haut évoqué, le seul qui, dans cette droite naguère donnée pour être fréquentable, pourrait faire autre chose que de la figuration en 2022.

Seulement voilà, Xavier Bertrand, candidat à l’élection présidentielle sur lequel reposent désormais les espoirs de LR, a quitté LR en 2017 et n’est donc pas, ou plus, ou pas encore le candidat officiel de LR. « Jouer collectif », prétend Christian Jacob ? Les Républicains en sont loin.

31 mai 2021

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