« Sciences Po, on se rassemble sur le quai. » La dizaine de jeunes étudiants à mi-chemin entre la et la non-binarité sort en rang d’oignons comme autant de canetons multicolores. Eux ne font pas partie de la « bourgeoisie qui panique », pour reprendre les termes du député Antoine Léaument. Le métro arrivé place d’Italie dégueule ses manifestants venus marcher jusqu’aux Invalides. Lorsqu’on débouche sur la place, on est frappé par l’aspect clairsemé : certes, le cortège n'a pas commencé à bouger, mais la démobilisation est perceptible.

D’ailleurs la déception se lit sur les visages et s’entend dans certaines bouches. « On est à peine quelques milliers », lâche à son amie un jeune aux cheveux longs et portant une pancarte du NPA. Pourtant, tous les courants de gauche sont présents. C’est un peu la marque de fabrique de la gauche : quasiment plus de courants que de militants. De l’orgueilleuse LFI aux challengers d’EELV en passant par un PS plus discret ainsi qu'un Olivier Faure venu saluer discrètement le cortège et capter quelques instants les caméras, avant de s’éclipser. Las.

Le bal des politiques a duré de la place d’Italie à Denfert-Rochereau, la députée Ségolène Amiot, ravie, espérait que les deux cortèges allaient « fusionner pour donner une impression de mobilisation », mais elle a dû quitter le cortège précipitamment, entre deux rangées de CRS, lorsque quelques dizaines de Black Blocs ont commencé à monter en première ligne pour en découdre avec les forces de l’ordre. Car, outre les quelques mobilisations ayant eu lieu dans différentes villes de France et un vague mot d’ordre en faveur de la générale, on peine vraiment à trouver une cause commune à tous ces manifestants. Entre lutte contre le patriarcat, dénonciation des violences sexuelles qui pourrissent les nuits de la et nuisent à la cause sociale, on se demande si, finalement, ils n’étaient pas là pour se compter.

Très vite, à peine dépassée la place Denfert-Rochereau, quelques dizaines de Black Blocs chargent au cri de « Flic, violeurs, assassins » la rangée de CRS encadrant le dispositif. Barricades érigées, feux allumés à la hâte et pavés volants émaillent l’ensemble de la contestation. Comme un symbole, le cortège mené par Philippe Martinez et encadré par le traditionnel service d’ordre de la (dont on ne sait pas s’ils se protégeaient des policiers ou de leurs propres camarades) se faufile entre les belligérants en jouant des coudes. Échec parisien, donc. Ils promettaient des lycées bloqués et des transports à l’arrêt, le provincial qui écrit ces lignes a pu circuler toute la journée en transports en commun variés sans voir un seul train supprimé. Au grand dam de la qui se voyait accompagner ce mouvement jusqu’à le conduire en apothéose au cœur de l’Hémicycle, conduisant à un combat entre 49-3 et motion de censure. Mais ils sont seuls. À l’image des Black Blocs cassant tout puis rentrant dans leurs arrondissements cossus, les députés de la ont fatigué à force d’outrages et épuisé le suspense à force d’effets de manche. Ceux qui ont manifesté dans les rues de Paris sont le noyau dur. Finalement, on se retrouve un peu dans les ambiances de fin de gilets Jaunes, épuisés après deux ans de mobilisation. Sauf qu’en l’occurrence, on n’est qu’au début. En bref, la NUPES veut mener une guerre de tranchées sur du long terme mais va se voir obligée de mener une guerre éclair, car l’illusion se dissipe déjà. Sans le vote communautaire, ils ne sont rien. Et leurs très blanches manifestations le démontrent chaque jour.

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18 octobre 2022

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14 commentaires

  1. C’est plié ,ils ont été ridicules et n’y reviendront pas de sitôt.Si Macron dissout l’assemblée, ils ne retrouveront pas tous leur poste.Vont ils voter une motion de censure ,ou seront ils prudents, comme les LR ,qui ont les mêmes raisons de s’inquiéter ?

  2. Ils sont pathétiques avec leur rhétorique style URSS communisme mourant.
    On dirait qu’ils sont perdus, paumé plutôt.
    Mis à part leur nana S. Rousseau qui continue à faire le show sous un orage de huées, et de sifflet, y’a rien, c’est le vide, le néant.

  3. Quelques milliers, peut-être, mais pour casser les black blocks n’ont besoin d’être que quelques centaines. Ils n’en seraient que plus facile à interpeler si on en avait la volonté !

  4. A force de crier « Au loup » plus personne n’y croit, même lorsque c’est déjà quasiment trop tard !

  5. Un trotskyste…un parti ! Deux trotskystes…deux tendances ! Trois trotskystes…une scission ! Ainsi la maxime maintes fois déjà entendue lors de ma prime et lointaine jeunesse…A la fin, d’ailleurs, ils n’étaient que trois…

  6. Il fut un temps où j’étais de gauche, depuis quelques années je dois un grand merci à Monsieur Mélenchon et sa garde prétorienne qui a fait un rassemblement hétéroclite qu’on appel couramment de Nupes des communistes aux socialistes en passant par les Verts qui obligent à passer de l’énergie nucléaire aux éoliennes pour le moment aux charbon  » bon pour la planète « . Grand merci monsieur Mélenchon, vous nous montrez la voie du … bonheur.

  7. Belle photographie de la soupape indispensable à la vie de la République en marche. Toute cette agitation inutile amuse le système qui n’en a que foutre. Le seul gouvernement existant en France et en Europe est le Marché. Quand les français décideront de rompre les amarres avec Bruxelles ou quand deux millions de français décideront de descendre dans la rue on pourra commencer à réfléchir à autre chose.

  8. outre le fait patent que LFI et CGT sont les « faux nez de Macron » et ne sont en action que pour permettre à celui-ci d’apparaître comme le « sauveur », il convient d’organiser le rassemblement autour du RN afin de préparer le succès à venir après la crise politique qui se prépare, et il est souhaitable que ceux qui ont divisé (et qui ne représentent que 3 à 4% de l’électorat) s’accrochent à la locomotive MLP en tenant leur place, mais rien que leur place.

    1. Le problème de la locomotive, c’est qu’elle tourne en rond et n’a aucune envie de s’aguiller vers un territoire inconnu.

  9. Je l’ai déjà dit mais je ne m’en lasse pas : L’anagramme de NUPES c’est PNEUS et comme les pneus c’est plein d’air !

  10. S’ils n’étaient pas aussi arrogants et dangereux, ces islamo gocho bobo pourraient presque me faire pitié ! En effet, ils sont tout simplement pitoyables et s’en foutent complètement, comme machiavel, de ceux qui ne sont rien … Ils se contentent de défendre les privilégiés.

  11. Et sauf qu’en ce qui concerne les G.J. c’est l’entrisme antifa, favorisé par Matignon, qui l’a décrédité par ses méfaits.

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