Alors qu’on avait touché le fond pour l’autorité de l’État et que la délinquance et la criminalité augmentaient, on se demandait si LR existait encore. Paradoxe pour un parti qui s’était fait une spécialité de sa présence constante dans les débats régaliens !

Mais il paraît qu’il faut attendre et ce qu’on pourra entendre de lui en tendant l’oreille.

Le président de la République, prudent, avait déclaré que les élections municipales étaient à enjamber parce qu’il pressentait la catastrophe qui est survenue pour son camp. Mais LR s’est réjoui de ses succès dans les villes de 9.000 habitants ; on ne peut toutefois pas soutenir, si on sort de la facilité comparative, que l’ensemble ait été brillant.

a changé de Premier ministre, remanié, renforcé le gouvernement. Un ministre de l’Intérieur efficace et talentueux et un garde des Sceaux étonnant mais qui pourra peut-être surprendre en bien. À droite toute ! Le couple régalien n’est plus médiocre comme celui d’avant. Mais LR se tait.

On nous annonce que François Baroin parlera au mois de septembre et que, d’ici là, la droite doit se recueillir et se concentrer pour être prête le moment venu.

Le président de la République a, paraît-il, suivi les conseils de en choisissant à la place d’, de sorte que l’ancien Président n’aura même plus besoin d’apparaître comme un recours puisque la droite de gouvernement serait à peu de chose près la sienne s’il revenait aux affaires.

Mais LR fait silence.

Emmanuel Macron, ne nourrissant plus le moindre espoir sur le soutien de la gauche et des écologistes en 2022, continue consciencieusement son travail de sape présidentiel et il est tellement assuré de sa stratégie qu’il ne s’en cache plus. Faute de progressistes, il absorbe les conservateurs et les libéraux et il s’apprête à faire de LR une dernière bouchée. Cela va être une course de vitesse.

Car François Baroin doit s’exprimer après les vacances et comme LR sont passifs et muets, il faut bien faire un événement de ce propos futur. On n’a rien d’autre à se mettre sous l’esprit.

On tente bien de lancer quelques piques, quelques saillies. On moque le traître Darmanin et on se réjouit que certains n’aient pas sauté le pas pour rejoindre avant l’heure l’ogre qui s’approche à toutes jambes. Au fond, on aurait été presque fier de voir s’éloigner Guillaume Larrivé et Damien Abad – les savoir désirés par l’adversaire aurait donné du lustre au camp qu’ils auraient quitté – mais ils sont restés et on se regarde entre soi, tout déconfits que rien ne soit venu bousculer l’immobilisme de LR.

Mais qu’importe, après tout, puisqu’on attend François Baroin et que de son verbe la lumière jaillira.

À droite, au centre, dedans ou dans les marges, on piaffe. Valérie Pécresse et surtout Bruno Retailleau et Xavier Bertrand. Mais qu’on ne nous détourne pas de l’essentiel qui est l’espérance de François Baroin loquace dans deux mois, en nous distrayant avec ces deux personnalités masculines qui, pourtant, ont un projet et savent ce qu’elles veulent. Puisque le président Jacob a, semble-t-il, décidé qu’il y aurait un candidat officiel et que ce devrait être François Baroin.

Pour l’instant, on n’attend que lui : est-ce vraiment un programme ?

Si c’en est un, le président de la République nous laissera-t-il même le temps de l’écouter, tant LR se délite ? Tant on met de la bonne volonté à se laisser manger.

Si on ne veut pas de Retailleau ou de Bertrand, si Baroin dit non ou un oui murmuré sans conviction, reprenons une prise que l’adversaire a chassée.

Attendons pour de vrai Édouard Philippe.

Extrait de : Justice au Singulier

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