Editoriaux - Société - 19 août 2019

France Culture, Jacques Attali et la France dans 18 ans

Chaque dimanche, de 12 h à 12 h 30, la chaîne mondialiste et multiculturelle France Culture offre à Zoé Sfez et Jacques Attali de méditer sur notre pays dans dix-huit ans. Le 18 août, ils avaient invité Sophie Wahnich, historienne et directrice de recherche au CNRS. Je résume, en donnant mon avis entre parenthèses.

Que serait, peut-être, la France de 2037 ? Est-on dans une longue transformation ou dans la perspective d’une rupture ?

Une donnée certaine est que la population, plus nombreuse, sera plus vieille : environ 30 % de plus de 60 ans. Elle sera aussi plus urbaine. Si l’on écarte un hypothétique conflit international ou une sortie brutale de l’Union européenne, quelles sont les tendances qui dessinent notre destin à court terme ?

Les dernières élections ont dressé le constat d’un bloc « conservateur » massif, qui use, par voie policière, d’une répression « féroce ». On n’entre pas dans les détails de sa composition (on vient d’apprendre que la France est le pays qui verse, « de loin », les meilleurs dividendes aux actionnaires). Dans le même temps, les professions intermédiaires disparaissent, laissant le champ à des métiers surqualifiés et à des « jobs » sous-qualifiés. La délocalisation est une des causes de la raréfaction du travail, notamment celui des jeunes. Faudra-t-il relocaliser ?

Des composantes de la société française « grignotent » lentement le champ social, en inventant d’autres manières de travailler et de vivre, surtout dans les zones rurales. Ce mouvement va-t-il changer les paradigmes politiques ? (Cependant, les gens, par goût ou par intérêt, sont attirés par la ville ; de plus, les « zones » alternatives seront intégrées par le marché, avec ses contraintes.) Que deviendront les anciens, et la transmission intergénérationnelle ? Les EHPAD, outre qu’ils sont des lieux de relégation, provoquent un phénomène catastrophique pour la persistance des patrimoines, rendant précaire l’avenir de la troisième génération, qui s’appuyait jadis sur des acquis solides pour débuter des carrières.

Enfin, qu’en est-il d’une société qui tend à se communautariser ? Les USA montrent la voie, selon Mme Wahnish. On envisage un métissage « soft », où la richesse des relations viendra du choix de manger chez les uns les spaghettis, chez les autres le couscous. Et quid de cette grande diagonale du vide, entre l’Auvergne et la Lorraine ? interroge avec gourmandise Attali. Eh bien, ce serait l’occasion de créer des villes nouvelles, à partir de l’immigration massive (histoire de susciter des ghettos, déjà si nombreux, sinon même les conditions d’une guerre civile).

Les solutions pour contrer l’individualisme déshumanisant serait la désaliénation et la coopération, en éduquant les jeunes. (On retombe dans les vieilles lubies utopistes de la gauche du XIXe siècle, dont on connaît le succès.)

(Toujours est-il que la nature des élites et le rôle des médias complaisants – dont France Culture – ne sont pas abordés.)

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