Editoriaux - People - Politique - 2 février 2019

Folie des grandeurs : quand François Hollande se rêve en Bill Clinton…

La vie étant ce qu’elle est, il est logique que l’on puisse se pencher sur une certaine jeunesse française en voie de déshérence ; trois millions de héros sans emplois, à en croire les plus récentes statistiques, ce n’est pas rien. Mais il serait tout aussi pertinent de faire de même de cet autre naufrage socio-professionnel qu’est la vieillesse et l’infinie détresse allant généralement avec.

Ainsi, François Hollande, victime de la rupture de CDD qu’on sait, vient-il de fonder sa petite entreprise – initiative citoyenne s’il en est. Le courageux entrepreneur, fort de son inimitable expérience, devrait donc donner des soirées ; pas des sauteries mondaines ou dansantes, encore moins des fêtes à loto ou à Sainte-Catherine, bien sûr. Mais des conférences à l’occasion desquelles il fera profiter l’auditoire de sa connaissance de ces événements régissant la marche de l’univers.

Se faire payer pour autant d’altruisme, François Hollande avait assuré qu’il n’en serait évidemment jamais question. Tout plutôt que de finir comme un vulgaire Nicolas Sarkozy, connu pour monnayer sa parole en ces lieux de haute civilisation que sont New York ou Dubaï. De son prédécesseur, il assurait même : “Quel est ce besoin de raconter quelque chose qui n’est quand même pas très glorieux ?” Pas faux. Et ta sœur, elle est glorieuse, serions-nous tenté d’ajouter ?

Mais les promesses, électorales ou pas, on sait ce qu’il en advient. D’où la création, par le Président « normal », de la société RDPA, pour « Réflexions, débats, perspectives et analyses ». Au programme, pas de stages de cohérence gouvernementale, de saut à l’élastique, de bonne gouvernance ou d’initiation au paintball, mais simplement de promouvoir « tous types d’ouvrages ou autres créations intellectuelles », à en croire ce qui a pu fuiter dans les milieux donnés pour bien informés, pour reprendre la formule consacrée d’un autre humoriste, Coluche.

Il s’agit, évidemment, d’une SARL, « société à responsabilité limitée ». Voilà qui coule de source, pour un homme dont le sens des responsabilités a toujours été pour le moins limité. Et tout ceci devrait être douillé au prix fort. Logique : on n’a rien sans rien et il faut bien que tout le monde vive. Mais que l’on se rassure : l’argent de ces conférences ne devrait pas, en entier, tomber dans la poche de l’homme qui tenait naguère « le monde de la finance » pour « ennemi ». Car François Hollande a, en même temps, ses bonnes œuvres, un reliquat d’élégance ; son père d’extrême droite, sans doute.

En effet, l’association La France s’engage, consacrée aux malheurs de l’autisme et dont la dernière conquête en date de Julie Gayet est l’estimé fondateur, devrait aussi profiter du fruit de ces causeries, à en croire cette déclaration relevée par France 3, ce vendredi dernier : « C’est un message d’encouragement à l’égard des familles qui ont une personne autiste dans leur sein et qui peuvent avoir l’espoir qu’un jour, ces personnes puissent travailler normalement. »

Si l’on était cruel, on dirait qu’il s’agit, en la circonstance, d’une sorte de portrait en creux de l’ancien locataire de l’Élysée. En effet, la « famille » socialiste, peu avare de zigotos en son sein, caresse elle aussi le souhait de pouvoir, un jour, dénicher la perle rare, soit des « personnes qui puissent travailler normalement ». Mais là, nous sortons du champ politique pour entrer dans celui de l’humanitaire.

Après, on remarquera que François Hollande a encore des progrès à accomplir pour jouer dans la cour des grands, sachant qu’à lui seul, un Bill Clinton a déjà empoché 75 millions de dollars en faisant la causette aux puissants de ce monde. Pactole assez chiche, une fois comparé aux misérables 200.000 euros que gratterait son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, à chacun de ses happenings.

Dans cette discipline, François Hollande devrait donc avoir encore quelques progrès à accomplir. Les pigeons ne font jamais des aigles, pas plus que les lapins ne se transforment en lions. Une sentence à méditer…

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