Jean-Marie Le Pen réagit à la tenue, mardi, du bureau politique du FN. Il y était persona non grata. Il juge pourtant qu’une critique positive des deux échecs électoraux cinglants est absolument nécessaire. Il craint que ces occasions manquées ne se représentent jamais pour le FN. Il craint surtout l’imminence de grands dangers pour notre pays.

Quel est votre état d’esprit après ce bureau politique du Front National duquel vous avez été refusé ?

Je suis membre de droit de ce bureau politique.
Cela a été confirmé judiciairement à plusieurs reprises.
Par conséquent, je considère que sa tenue a été illégale. Elle comportait en plus un certain nombre d’invités qui n’étaient pas membres du bureau politique.
A ce titre évidemment, la qualité juridique des décisions qui pouvaient y être prises a été entachée, si tant est que le bureau politique prend des décisions.

Finalement, le Front National a réussi a obtenir quelques députés aux dernières élections législatives.
Si vous aviez pu entrer à ce bureau politique, qu’auriez-vous souhaité dire ?

J’aurais voulu que s’ouvrît un débat de critique positive de ces deux échecs cinglants, il faut le dire, mais qu’aujourd’hui la direction du Front National semble transformer assez glorieusement en succès.
Je le rappelle que l’on en prévoyait plus de 100.
La déception devrait être de grande dimension, c’est le moins qu’on puisse dire.
On sait très bien que dans ce domaine-là, on est parfois dans l’irrationnel.

Quels sont selon vous les sujets sur lesquels le Front National doit aujourd’hui reprendre le dessus sur la scène politique pour retrouver à nouveau l’adhésion des Français ?

Il doit être fidèle à ses fondamentaux.
Ses fondamentaux sont rattachés au plus grand danger que court le pays, dans une hiérarchie qui met au premier plan l’immigration massive qui menace la population française d’un véritable remplacement.
L’insécurité grandissante, le chômage lui aussi en progression, les déficits budgétaires, bref tout ce qui ne marche pas bien en France ne sont certes pas exclusivement du fait de l’immigration, mais le sont quand même très largement.
Celle-ci par ailleurs courir au pays un danger qui dépasse largement tous les déséquilibres politiques et qui tient à la capacité que nous avons de rester libre.
C’était le thème du Front National. C’est celui qui a permis la progression lente, mais continue du Front National, et qui a subi un coup d’arrêt assez net par la substitution de thèmes de campagne qui apparaissaient comme moins évident à nos électeurs.

Est-ce que vous craignez que le parti que vous avez créé redevienne anecdotique si jamais ces thèmes-là ne sont pas réabordé ?.

Je n’ai de craintes que pour mon pays et pour sa population.
Le Front National n’a jamais été conçu que comme un instrument capable de porter les valeurs, et d’abord celle de la qui lui est si souvent cachée.
Toute transformation de ses objectifs par des petites combinazione personnelles d’ambitions est dérisoire.
Les dangers qui nous menacent ne sont pas à échéance très lointaine. Elles sont très proches.
Le monde est sur le point de connaître des déséquilibres très graves et nous risquons d’en être les premières victimes.
Nous sommes en première ligne politique et sociétale.

a été élu.
Sur quels sujets, à votre avis, le Front National va devoir tenir pour contenir la politique d’Emmanuel Macron ?

C’est une opinion prétentieuse. Comment affirmer qu’on est la première opposition quand on est la formation qui a le moins d’élus. C’est un petit peu risible.
Par ailleurs, pour s’opposer au gouvernement, il faut savoir ce qu’il va faire.
C’est encore un peu flou pour l’instant.
On sait déjà avec qui il ne va pas le faire puisque le MODEM semble partir sur la pointe des pieds.
On ne sait pas ce qu’il va faire. Il faut attendre ce qu’il va faire.
On a toutes les raisons de craindre ce que peut faire l’ancien ministre de messieurs Valls et Hollande, l’ancien adjoint au secrétariat général de l’Élysée.
Il est resté extrêmement flou sur ses intentions pendant tout le temps de la campagne. Nous pouvons néanmoins craindre le pire.
Pendant toute cette période euphorique qui a présidé à toutes ces consultations électorales, on a oublié que tous les dangers ne cessaient de progresser dans tous les domaines.
Tous les indicateurs français sont au rouge.

Il y a beaucoup de commentateurs qui ont dit que le Front National pourrait s’en sortir s’il faisait des alliances avec la droite plus classique.
Est-ce un constat que vous partagez aujourd’hui ?

C’est à mon avis hors de portée des élus du Front National.
Cela a été répété aujourd’hui je crois, par M. Wauquier.
Il n’est pas question d’une quelconque alliance que ce soit avec madame Le Pen.
Peut-être que le groupe va agglomérer 1 ou 2 ou 3 députés indépendants.
Cela m’étonnerait qu’il atteigne le chiffre suffisant pour pouvoir constituer un groupe parlementaire solide et sérieux.
Je crains que ce soit une occasion perdue qui ne se rattrapera sans doute jamais; mais on peut toujours rêver.

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