À partir du 1er janvier 2022, il sera interdit, pour des raisons écologiques, de poser une nouvelle chaudière au fioul (4 millions de logements en sont actuellement équipés, principalement dans la « France périphérique ») et au charbon (il n’y en a presque plus, tant les contraintes sont importantes).

Il est vrai qu’une chaudière ancienne produit trois fois plus de CO2 (gaz carbonique) qu’une voiture. Il y a donc là un gisement important d’économie de gaz carbonique

Les ménages pourront, après cette date, faire réparer leur chaudière au fioul, changer des pièces, voire effectuer quelques travaux, mais lorsqu’elle sera définitivement en panne, ils devront se tourner vers des modes de chauffage plus « écologiques ». En 2035, il ne devrait rester que quelques ancêtres particulièrement robustes.

Cette décision va, évidemment, poser des problèmes aux ménages les plus modestes. Alors qu’une chaudière au fioul coûtait, en moyenne, 6.000 euros, il faut 12.000 euros pour une pompe à chaleur et 15.000 euros pour un poêle à granulés – un surcoût important que beaucoup de Français auront du mal à assumer.

Certes, le nouveau chauffage leur coûtera moins cher à l’année, mais ces gains sont souvent surestimés. Il faut, parfois, neuf ans pour amortir la mise de départ, d’autant plus que les réparations et l’entretien de machines faisant appel à une électronique de pointe sont beaucoup plus chers que ceux de chaudières rustiques et solides. En outre, dans les zones rurales, l’accès au gaz n’existant pas, les réseaux d’électricité étant incapables de supporter l’excès de consommation, le fioul reste, à ce jour, incontournable et cette décision de Paris paraît être celle de technocrates déconnectés de la réalité.

Bien sûr, des aides financières sont prévues, mais les dossiers sont complexes à remplir, peu lisibles, les délais de remboursement parfois trop longs. En outre, de nombreuses escroqueries fleurissent sur le Net : de pseudo-entreprises envahissent les espaces publicitaires, traquent leurs victimes potentielles par téléphone, leur font miroiter monts et merveilles pour ne fournir qu’un travail de très mauvaise qualité sans permettre à leurs clients de profiter de l’intégralité des aides. Il faut donc impérativement faire appel à des entrepreneurs agréés et demander des conseils à un agent de l’État.

Pour les chaudières, à partir de 2021, il existera deux types d’aide : MaPrimRénov’, dont le montant est calculé suivant les revenus du ménage, et les certificats d’économie d’énergie (ou prime coup de pouce) payés par les gros pollueurs (chaîne de distribution, fournisseurs d’énergie).

Les délais de paiement de MaPrimRénov’ peuvent être raccourcis par la nomination d’un mandataire, mais l’État n’a aucune prise sur les primes coups de pouce. Le montant maximal des aides pour un ménage sera de 8.000 euros, uniquement pour les foyers aux revenus les plus modestes. Les classes moyennes inférieures, elles, seront plus lourdement pénalisées par le changement de mode de chauffage.

Pour finir, si, écologiquement, la lutte contre les antiques chaudières au fioul est justifiée, peut-être aurions-nous gagné à faire évoluer ce type de chauffage. La promotion de la chaudière au fioul désoufré et basse consommation aurait pu être un pas dans la bonne direction. Sans être aussi efficace qu’une pompe à chaleur, certes, ce type de chaudière permet de diminuer sensiblement le rejet de gaz carbonique (CO2).

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