Les plus naïfs d’entre nous espéraient que la crise actuelle allait enfin permettre d’insuffler chez nos élites culturelles le sens des réalités, ou le « bon sens » tout court… Il n’en sera rien.

Le virus dans le rétroviseur, les cultureux peuvent désormais reprendre de plus belle leurs activités militantes, assumer leur formidable mission citoyenne et dispenser un peu de pédagogie (rééducation ?) à un public aussi rétif que désabusé.

Fidèle parmi les fidèles dans cette Église sans clergé qu’est le camp progressiste, l’inoxydable Festival de Cannes qui a entamé, le 6 juillet, sa 74e édition – nous allons en bouffer sur toutes les radios et chaînes télé jusqu’au 17…

Interrogé par Madame Figaro – excusez du peu ! –, le délégué général du festival, Thierry Frémaux, nous informe, dans un premier temps, des mesures écologiques prises par les instances de Cannes : « Moins de changement du tapis rouge, moins de voiture pour des trajets courts – et uniquement en véhicules électriques -, suppression des bouteilles en plastique à l’occasion des conférences de presse. » Pas de doute possible, nos cultureux ont vraiment pris le problème à bras-le-corps. Et tant pis si, venus des quatre continents, les stars du show-biz optent majoritairement pour un trajet aérien, sachant qu’un vol d’avion pollue en moyenne 150 fois plus qu’un déplacement en train, réduisant ainsi à néant les très lourds efforts consentis sur les bouteilles en plastique…

La France, rappelons-le au passage, représente 1 % des émissions de gaz carbonique dans et les Chinois – qui, pour la plupart, n’ont pas encore accès à nos modes de vie – environ 28 %. Simple détail, pas de quoi décourager Thierry Frémaux dans sa volonté de sauver la Terre : « Nous ne pouvons pas rester figés sur de vieux codes, sans regarder l’avenir. »

De là à pointer du doigt l’explosion démographique en et en Afrique et à condamner la libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes, qui accélèrent la destruction de la planète, il n’y a qu’un pas que M. Frémaux se gardera bien de franchir s’il désire rester dans le droit chemin… On se contentera donc de mesurettes purement cosmétiques et médiatiquement correctes, histoire de se donner bonne conscience, et d’une « sélection éphémère de films qui racontent les problèmes et les solutions environnementaux, la beauté de la Terre et l’engagement des jeunes générations »

Toujours plus loin dans le « citoyennisme » à deux balles, Frémaux s’enorgueillit d’avoir signé la charte du collectif 50/50 dont le but est d’imposer la parité hommes/femmes dans l’audiovisuel : « Nous féminisons nos équipes et nos instances, et nous veillons à la visibilité des femmes dans nos sélections et dans nos jurys. » C’est bien connu, les Tartuffe du féminisme sont souvent des hommes prêts à toutes les hypocrisies pour mettre en scène leur sens de la « justice », se démarquer de leurs congénères masculins et mieux séduire les femmes – à chacun sa petite stratégie.

Et Thierry Frémaux de déplorer le fait que si la parité est atteinte dans la sélection française, il n’en va pas forcément de même dans tous les pays… Préoccupant, n’est-ce pas ?

Les femmes sont beaucoup moins attirées par la réalisation que les hommes – ce que peut largement confirmer tout ancien élève en école de cinéma – mais qu’importe ; à l’image de ces petites filles que l’on force à jouer au camion et de ces garçons que l’on encourage à jouer aux Barbie™, nos cultureux auront fort à faire pour corriger les inclinations de la nature…

« L’objet artistique prime sur tout le reste, mais si nous hésitons entre deux films dont l’un est réalisé par une femme, nous irons vers celui-ci. »

La est dite. Frémaux déroule le tapis rouge de Cannes à la discrimination dite « positive » et confirme, s’il en était besoin, le poids idéologique qui motive les prix et récompenses.

11 juillet 2021

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