« Zemmour est terminé. L’irruption de ce petit juif – cet israélite, pardon – qui récitait des madrigaux d’extrême droite à la France émoustillée a épuisé son potentiel de scandale. » Telle était, il y a cinq ans, la prédiction de Claude Askolovitch dans Slate, magazine de gauche cofondé par Jacques Attali, ce qui explique sans doute le mauvais lustrage de sa boule de cristal.

Car depuis, le « petit juif » a, tous les soirs à 19 heures, attiré sur CNews ceux qui estiment que cette chaîne fait le travail que le service public (et autres médias conformistes) ne font plus depuis longtemps : permettre à toutes les opinions de s’exprimer.

Étonnement, donc, quand le chroniqueur vedette révéla, lundi soir, devant ses comparses médusés de « Face à l’info », qu’Albin Michel – qui a publié cinq de ses livres en dix ans – n’éditerait pas sa prochaine parution prévue pour l’automne, rompant ainsi ses engagements !

Si la rumeur d’une candidature d’Éric Zemmour à la présidence de la République s’avérait, on comprendrait que Le Figaro s’en sépare ; mais moins bien qu’une maison dont la directrice éditoriale annonçait, il n’y a guère, « Ce sera un ouvrage extrêmement puissant, je n’ai pas d’affirmer qu’il connaîtra le même succès d’édition que Le Suicide français » fasse de même. Surtout quand on sait qu’autour de 400.000 exemplaires de ce seul dernier ouvrage auraient été vendus, à 23 € pièce, on s’explique mal le licenciement sec d’un auteur aussi bankable.

D’autant que nombre de candidats à la magistrature suprême ne se privent jamais de publier leurs passionnants états d’âme, tâche généralement confiée à des nègres ghostwriters aux talents discutables.

Ou alors on comprend trop bien que la cancel culture commence ses mises à l’Index dans le monde de l’édition…

Se pourrait-il qu’Albin Michel, qui – sans remonter à Chardonne – a déjà édité Patrick Buisson ou Philippe de Villiers, souhaite désormais se donner une image aussi correcte et Benetton que la quasi-totalité des pubs télé ?

Il est toutefois peu probable que cette péripétie empêche Zemmour de nous faire partager ses vues cet automne, car d’éminents éditeurs regroupés dans Editis, propriété de Vivendi tout comme CNews, ne se feront sans doute pas trop prier pour pallier cette défection peu respectable…

 

Addendum : On apprend que « par solidarité avec Éric Zemmour », Philippe de Villiers a décidé de quitter Albin Michel pour son prochain livre.

30 juin 2021

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