Editoriaux - Santé - Table - 1 mai 2018

Éoliennes : moulins à vent ou vent des moulins à paroles ?

Après le « nucléaire bashing », le « charbon bashing », le « pétrole bashing » est venu le temps de « l’éolien bashing », devenu « tendance » un peu dans tous les milieux, y compris chez mes amis de droite… Hélas !

Lisez et écoutez donc ceux qui, sans rien y connaître, débattent doctement de l’éolien, et ensuite, étonnez-vous que la gauche n’ait pas le monopole du dogmatisme, des affirmations contraires à l’objectivité scientifique la plus élémentaire et du défaut de projection vers l’avenir.

J’ai travaillé dans l’éolien quelques années, alors suivez-moi quelques instants et, ensemble, tordons le cou à quelques poncifs éculés mais répétés sans relâche par certains un peu trop dogmatiques…

– Les éoliennes, nous serine-t-on, seraient nocives pour la santé.
Faux ! Les quelques infrasons émis par leur fonctionnement le sont à un taux radicalement trop peu élevé pour avoir la moindre influence sur la santé humaine et animale.
L’étude de l’ANSE (Agence nationale de sécurité sanitaire) conclut : « L’ensemble des données expérimentales et épidémiologiques ne met pas en évidence d’effets sanitaires liés à l’exposition au bruit des éoliennes. »
De plus, l’interdiction d’implantation à moins de 500 mètres d’une habitation rend inopérant ce bobard.

– « Hachoirs à oiseaux » ? Avez-vous déjà observé une éolienne en action ?
Lenteur de rotation des pales, grande visibilité… Seul un oiseau atteint de polyarthrite rhumatoïde au stade terminal serait incapable de se soustraire à leur action.
Là encore, l’étude par la Ligue de protection des oiseaux a révélé une mortalité de 1,3 à 18 oiseaux par an et par éolienne ; à comparer aux lignes à haute tension : 163 à 217 oiseaux par kilomètre par an.
On a même vu des cigognes nicher sur la nacelle d’éoliennes en service (photos à l’appui !).

– Électricité hors de prix (comparé au « merveilleux » nucléaire) ? Archifaux !
Aujourd’hui, l’éolien terrestre affiche des coûts quasiment en ligne avec ceux du marché.
Le tarif de rachat est de 82 euros le MWh, comparable au coût du nucléaire nouvelle génération qui « oublie » d’inclure les coûts du démantèlement d’une centrale nucléaire et de l’enfouissement de ses déchets, à ce jour inconnus, mais relevant du « pharaonique ».

– La « pollution visuelle » ?
Il faut savoir que l’autorisation d’implantation d’un parc éolien est soumise à de telles études d’impact, formalités administratives, accords municipaux, des Monuments historiques et de l’Environnement qu’elle relève, en France, du parcours du combattant et dure, en moyenne, entre cinq et sept ans.
On ne risque donc pas de voir une éolienne gâcher la perspective du château de Chambord !

Les mêmes qui hurlent au sacrilège n’ont pipé mot ni devant Beaubourg, la Pyramide du Louvre, les lignes à haute tension, autoroutes et autres TGV, et restent de marbre devant l’épouvantable laideur des monstrueuses cheminées de béton des centrales nucléaires visibles à plus de trente kilomètres au minimum…

Je confesse, pour ma part, préférer la vue d’une éolienne au béton menaçant d’une centrale nucléaire !

De plus, c’est faire preuve de partialité que d’oublier de mentionner que les éoliennes se périment en quinze ou vingt années et qu’à l’échéance, l’exploitant du parc est obligé légalement de remettre le site en l’état antérieur à l’implantation, une provision comptable étant imposée à cette fin dans son compte d’exploitation…

Alors, préférez-vous le « vivre ensemble » avec nos 58 Tchernobyl ou Fukushima en puissance, dont l’état se dégrade au point de devenir alarmant, ou avec quelques parcs éoliens qui ne menacent ni d’exploser ni de vous tuer ?

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