Élire des gens que l’on déteste, se plaindre d’un régime que l’on ne fait pas changer : la République, elle est ainsi faite. (Important: toujours utiliser le double sujet et ne jamais employer le mot « France ».)

Aussi bien, malgré les gilets jaunes, Benalla, la fête de la musique à l’Élysée, les déclarations présidentielles sur l’absence de culture française, la nécessité de « déconstruire l’Histoire » ou encore la colonisation de l’Algérie, malgré le soutien des Français aux généraux patriotes, malgré les audiences de CNews et l’évidence sanglante des banlieues livrées à l’ et à la sauvagerie, malgré la dictature sanitaire et les monstrueux cafouillages du confinement… aussi bien, donc, allons-nous tranquillement vers un second mandat du Président Macron.

Les raisons ? Elles sont simples. Il faudrait à la France un discours de vérité venu de la droite. Xavier Bertrand, le seul candidat crédible du camp et assimilés, en serait peut-être capable, mais il se cognera contre sa vieille détestation du RN, sur les terres de qui il n’ira pas chasser. Marion Maréchal ? Elle évolue brillamment dans le champ intellectuel et métapolitique. Elle ne redescendra pas dans l’arène pour le moment. Philippe de Villiers ? Trop marqué socialement, trop lié à la nostalgie du monde d’avant (et c’est pourtant un compliment). Son frère, alors ? Embauché par un cabinet de consulting le lendemain de sa démission, abonné aux best-sellers à l’eau tiède, c’est en fait un Hervé Morin en tenue Terre de France (et qui vendrait des livres).

Alors, qui ? Eh bien, Marine Le Pen, comme à chaque fois. Elle aura sans doute un programme solide, une équipe plus au niveau. Elle aura certainement appris de ses erreurs de 2017. Elle sera probablement en tête au premier tour. Elle sera très certainement la seule à poser un constat réaliste de l’état de la France. Ensuite ? Eh bien, ensuite, il y aura le vieil orchestre républicain, le front contre la bête immonde : des chanteurs contre la haine, la crainte de la guerre civile, les bourgeois catholiques qui auront pour leurs placements. Et repassera. À la sidération générale. Parce que, comme disait Bossuet, les effets, les causes, tout ça…

On peut toujours s’agiter en rêvant d’un sursaut populaire. Au bilan, « notre pays est le pays des accommodements », comme le prince Salina le disait de la Sicile dans Le Guépard. On vendra un concept de « nouveau monde » en recyclant tous les vieux traîtres. Et ce sera reparti.

2 mai 2021

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