Une église vandalisée en Gironde, près de Lugos. Dans l’indifférence quasi générale. Il fallait en trouver l’information dans la presse régionale. Sans faire preuve de mauvais esprit, s’il s’était agi d’une , les nationaux s’en seraient assurément fait l’écho.

Elle est pourtant jolie, cette petite église romane du XIe siècle, perdue dans la , classée monument historique en raison de la présence d’une peinture murale représentant le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle respire le passé comme le recueillement. Ouverte jour et nuit : assez éloignée du village, c’était une charge trop lourde de l’ouvrir et de la fermer tous les jours. Surtout, on croyait que son caractère sacré et son âge la mettaient à l’abri des profanations.

Les faits ont été constatés vendredi dernier, le 10 novembre, en fin d’après-midi. Le président de l’association des Amis de Saint-Michel du Vieux Lugo témoigne : “Les trois grandes statues ont été brisées, tout ce qui pouvait être cassé l’a été. Les bancs ont été couchés. Pourquoi tant de haine ?” Il va falloir réparer ce qui est réparable et, sans doute, limiter les heures d’ouverture.

La compagnie de gendarmerie d’Arcachon a ouvert une enquête et recherche les auteurs de cet “acte de vandalisme”. Ce ne serait pas une profanation religieuse. Tant mieux, si l’enquête le confirme. Une profanation gratuite, alors ? Des qui saccagent tout pour le plaisir, comme dans les cimetières ?

Les profanations d’églises sont devenues l’ordinaire, sans qu’on s’en émeuve outre mesure. Dernièrement, selon Le Dauphiné du 1er novembre, sept églises du Chablais, en Haute-Savoie, ont été forcées à l’aide d’un pied-de-biche et les voleurs ont fait main basse sur différents objets, dont des calices et, parfois, des ciboires et des hosties consacrées par le prêtre.

Quels que soient les motifs de ces vols et de ces dégradations – vandalisme, loisir de jeunes désœuvrés, satanisme ou antichristianisme délibéré –, ils montrent combien le respect du patrimoine historique et religieux perd de sa signification, surtout lorsqu’il s’agit du patrimoine chrétien.

Les anticalotins de tout poil doivent rire sous cape et se réjouir de ces attaques contre les vestiges de la superstition : ils n’auront bientôt plus besoin de recourir aux tribunaux pour faire disparaître les signes religieux, comme on l’a vu avec l’affaire de la statue de Jean-Paul II à Ploërmel, ou ces dont ils demandent l’interdiction dans des bâtiments publics. Du passé faisons table rase ! Les vandales se chargent de la besogne.

Force est de constater que les pouvoirs publics réagissent avec plus de fermeté quand il s’agit d’un lieu de culte musulman. Cette «  », si l’on peut dire, témoigne, malheureusement, de l’abandon des valeurs chrétiennes sur lesquelles, qu’on le veuille ou non, s’est fondée la France.

16 novembre 2017

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