Le moral des Français est en berne, mais depuis peu, nos enfants sont également affectés par des pathologies devenues préoccupantes. Entretien avec le docteur Rouyer.

Angèle Consoli, pédopsychiatre et membre du Conseil scientifique, déclarait, lundi, que les hospitalisations des jeunes de moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont « en hausse de 80 % » depuis le début de l’épidémie de coronavirus. Que vous inspire ce chiffre ?

Je confirme ce chiffre, dont j’étais au courant depuis un petit moment. Il circulait un peu sous le sceau du secret, nous ne devions pas le divulguer. Nous constatons également une augmentation du taux de tentatives de suicide, de dépressions et d’addiction aux écrans. Le premier confinement s’est plutôt bien passé, les enfants ont assez bien accusé le coup car ils étaient contents de ne pas aller à l’école, nous avions l’espoir que cela ne durerait pas. Actuellement, les jeunes se plaignent de la diminution des contacts sociaux et des pratiques sportives, de la difficulté d’assiduité aux cours en distanciel, ils restent à la maison et n’arrivent pas à se mettre au travail ni à se concentrer. Et cette absence d’échéance pour en sortir est devenue difficile à supporter.

Les médias ont mis en lumière la détresse étudiante, dernièrement. Ce phénomène de qui touche désormais les plus jeunes est-il nouveau ?

Clairement. Y compris pour les plus jeunes, et cela peut commencer dès 5-6 ans. Je n’ai jamais autant prescrit d’antidépresseurs. J’en suis au double ou au triple de ma pratique habituelle pour la saison.

Quels sont les signes qui doivent alerter ?

Les signes ne sont pas très classiques chez les plus jeunes. Le plus fréquemment, l’enfant est grognon, ne veut plus rien faire. La tristesse ne se manifeste pas forcément de façon ouverte, elle se traduit par de l’irritabilité, des colères, une intolérance à des frustrations mineures, chez certains des crises de pleurs. Cette prédominance de l’irritabilité est encore plus manifeste chez l’adolescent. Si ces symptômes s’installent plus de dix-quinze jours, il ne faut pas hésiter à aller consulter.

Les mesures de restrictions empêchent la société en général, et les jeunes en particulier, de vivre par peur de mourir. Ne peut-on pas affirmer, finalement, que le remède est pire que le mal ?

Ces restrictions sont déraisonnables. Les enfants sont très peu touchés, ils ne développent pas de forme grave dans la majorité des cas. Nous avons eu quelques formes graves en pédiatrie avec le syndrome de Kawasaki, mais nous connaissons les traitements et avons des protocoles de soins efficaces, les patients s’en sortent. Au début de la maladie, nous ne savions pas ce que c’était, maintenant nous savons les soigner.

Le gouvernement compte sur la vaccination de masse pour nous sortir de cette situation.

Elle est parfaitement justifiée pour une certaine catégorie de personnes plus fragiles, pour ceux qui risquent le plus. En revanche, je ne suis pas infectiologue mais j’entends des personnes qualifiées pour le dire, c’est peut-être moins pertinent de vacciner une population entière alors qu’on ne peut pas assurer qu’en étant vacciné, on ne contracte pas la maladie. Pour preuve, nous avons des cas de patients vaccinés qui l’ont quand même attrapée. Mais il y a une pensée dominante qui ne se discute pas. Il y a des études prouvant qu’un certain nombre de molécules sont efficaces, et c’est le silence complet sur ce sujet. Ceux qui oseraient, d’une façon ou d’une autre, douter du vaccin, de son efficacité ou son absence de nocivité sont pris dans des conflits passionnels où la raison n’intervient plus. Cela devient inquiétant, nous ne sommes plus dans le raisonnement scientifique mais dans l’ordre de la croyance.

Propos recueillis par Iris Bridier

25 mars 2021

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