La Vendée ne se résume pas à ses côtes découpées comme celles de la Bretagne ou à ses grandes étendues de sable blond qui voient, chaque année, des centaines de milliers de vacanciers se prélasser de Noirmoutier à L’Aiguillon-sur-Mer. Ce département ne se résume pas non plus à son taux d’ensoleillement qu’envierait plus d’un Parisien ! La Vendée, ce n’est pas seulement l’extraordinaire Puy du Fou, meilleur parc d’attractions du monde, qui fête cette année ses quarante ans d’existence mais qui, modèle économique dominant et concurrence obligent, a un peu perdu de son âme originelle et relégué à l’arrière-plan ce pour quoi il avait été créé : faire revivre les guerres de Vendée. Ce sont elles qui ont forgé et exprimé ce qu’est l’âme vendéenne faite d’aplomb, d’opiniâtreté, de liberté, d’indépendance, et l’esprit d’entreprise. C’est cet esprit, cette âme qui ont façonné des personnes aussi dissemblables que Clemenceau et de Lattre de Tassigny, pourtant nés dans la même commune ! C’est à elles que l’on doit le dynamisme économique du département, son aura internationale avec de nombreux départs du Tour de France, le Vendée Globe…

De nombreux lieux symbolisent la Vendée. Ses paysages de bocage, ses haies ventrues, ses champs découpés où les « chirons » – gros blocs de granit – affleurent entre deux ou trois touffes d’herbe -, sa « Suisse vendéenne » vers Treize-Vents et Mallièvre, ses légendes (Mélusine, le pont d’Yeu…). L’Historial de la Vendée retrace toutes ces séquences qui ont rythmé la vie et l’âme vendéenne au fil des siècles. Mais un lieu reste particulièrement cher aux Vendéens, de « souche », d’adoption ou de cœur : le mont des Alouettes et la chapelle de la duchesse de Berry. Son érection a été décidée le 18 septembre 1823 par la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, pour commémorer le sacrifice des soldats vendéens qui se sont battus pour « Dieu et le Roi ». La première pierre fut bénie par Mgr René-François Soyer, évêque de Luçon, en présence des généraux Charles Sapinaud de La Rairie (1760-1829) et Auguste du Vergier de La Rochejacquelein (1784-1868). En 1828, la duchesse de Berry vient s’y recueillir avant de prendre les armes en 1832 pour installer son fils, le comte de Chambord, sur le trône de France. Mais il faut attendre plus de 130 ans avant que la chapelle ne soit achevée. Elle est bénie en avril 1968 par Mgr Charles Paty. L’autel est consacré le 12 juillet suivant. Cette chapelle, qui est le deuxième lieu le plus visité du canton des Herbiers après le Puy du Fou, concentre à elle seule tout ce que la Vendée représente : l’audace, la tradition, l’espoir, l’Histoire. Une terre où vit “un peuple de géants”, a dit Napoléon. Elle est une petite partie de cette « Douce France » où l’on aime se ressourcer.

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