Didier Maïsto, journaliste et ancien patron de Sud Radio, soutien des manifestants contre le passe sanitaire, dénonce les « procédés odieux », les mensonges utilisés par les partisans d’Emmanuel Macron pour convaincre. Présent lors de deux manifestations, il témoigne : « Il y a beaucoup de gens vaccinés, transpartisans, de familles, dans les manifestations contre le passe sanitaire. »

 

 

Des centaines de milliers de Français manifestent contre la mise en place du passe sanitaire, ils sont accusé d’être irresponsables et. Y a-t-il des points communs avec le lancement des gilets jaunes ?

 

Il y a deux ans et demi les gilets jaunes s’étaient rendus visibles et manifestaient massivement dans la rue de façon spontanée et transpartisane. Aujourd’hui on attaque les libertés fondamentales avec le passe sanitaire et l’état d’urgence. Plusieurs siècles de tradition libérale française sont mis entre parenthèses. Liberté, égalité, fraternité sont inscrits sur le fronton de nos mairies et de nos édifices publics, cela a été rayé d’un geste vif. On est dans une espèce de folie collective : les politiciens mettent la pression avec ce passe sanitaire pour obliger les gens à la vaccination. C’est une obligation vaccinale qui ne dit pas son nom.

 

Jean-Baptiste Djebbari le ministre des transports a confirmé que le passe sanitaire était un moyen de pression. La méthode employée pose une véritable question démocratique.

 

Oui il est l’un des plus honnêtes. On a envoyé au casse-pipe des députés, des secrétaires d’État, des ministres pour faire le service après-vente car nous avons un monarque qui décide seul et ne s’encombre pas de conseillers.

Il se prend pour un virologues reconnu, fait des TikTok en proférant des fake news car il simplifie tout à outrance en disant «  le virus tue, vaccin protège », ça donne l’illusion aux jeunes qu’ils sont protégés alors qu’ils peuvent être de super contaminateurs ou attraper le Covid, même s’ils ont un parcours vaccinal complet. Djebbari reconnait que c’est un moyen de mettre la pression sur les Français et des thuriféraires de Macronie utilisent des procédés odieux pour convaincre les citoyens.

Les politiciens peuvent changer d’avis comme de chemise de façon décomplexée en fonction de leurs intérêts personnels et leur objet social est le mensonge. Ce qui me choque le plus, ce sont les journalistes qui sont devenus la courroie de transmission de l’exécutif sans le moindre recul. Ils manient l’insulte, la moquerie et l’injure, ils reprennent les éléments de langage de MacKinsey et de l’exécutif et les distillent, notamment sur les chaînes d’info. Mais où est-on ? C’est incroyable qu’il y ait aussi peu d’intellectuels, de journalistes, de penseurs qui ne se mettent pas en travers en disant : on réfléchit, la question n’est pas que les Français sont antivax, ceci est une création sémantique et lexicale du pouvoir. Il y a une part irréductible de gens qui sont contre tout, mais c’est infinitésimal.

J’ai couvert deux manifestations à Paris et à Nice, je n’ai jamais vu autant de monde depuis longtemps, même au début des gilets jaunes il n’y en avait pas autant. Il y avait beaucoup de gens vaccinés qui font bien la différence entre le passe sanitaire et la vaccination. Il y avait beaucoup de primo manifestants, de familles, de gens non politisés, de gens de tout bord politiques ou qui ne votent plus. Ils sont dehors pour défendre leur liberté.

 

N’y a-t-il pas également une défiance généralisée vis-à-vis de l’État et de la parole publique ?

 

Absolument ! La parole publique et tout ce qui est représentatif volent en éclat. Année après année la confiance dans les médias et dans les hommes politiques chute. Tout ce que dit l’exécutif et les médias subventionnés qui sont à sa botte est suspect.

Il y a bien sur l’impératif de défendre nos libertés mais il y également la colère, la frustration et la rage qui s’expriment. Jusqu’à présent, tous les gouvernements depuis Jospin ont vu une cristallisation de colères. À présent, nous ne sommes plus dans un changement de degré, mais de nature. Emmanuel Macron sait qu’il ne peut pas rassembler, alors il divise, il empêche les oppositions de se rassembler. Il sait que même s’il est deuxième à la présidentielle au premier tour, il a toutes les chances de se faire élire. Aimer la France, rassembler les citoyens, faire de la politique pour le bien commun, ce n’est pas sa question. Sa question est d’être au pouvoir, de s’y maintenir et de répondre aux impératifs supérieurs et aux ordres qui lui sont donnés.

5 août 2021

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