Editoriaux - Histoire - 8 avril 2018

Quel destin pour la maison du tueur en série Landru ?

La maison qui a été habitée par Henri Désiré Landru est à vendre à Gambais, dans le département des Yvelines. De l’extérieur, cette belle maison bourgeoise ressemble à toutes les autres de ce paisible bourg coincé entre Montfort-l’Amaury et Houdan. L’annonce est d’ailleurs sobre et un poil alléchante : “Maison de maître Gambais, dans un parc arboré de 6.000 m², cette maison de maître de plus de 180 m² se compose d’une entrée desservant une salle à manger avec cheminée…”, peut-on lire sur le site en charge de la vente, qui précise qu’elle possède neuf pièces et six chambres. Ah, la cheminée… Si elle pouvait parler ! Car cette cheminée, elle en a vu passer, des cadavres réduits en cendres par le propriétaire des lieux. Au total, ce ne sont pas moins de onze personnes* que ce personnage pour le moins trouble, né en 1869 d’un chauffeur et d’une blanchisseuse, va faire partir en fumée. Et c’est cette fumée plutôt nauséabonde qui va interloquer les voisins, qui vont appeler la police, qui va enquêter et découvrir l’horreur du lieu. En réalité, cinq personnes seront tuées à Vernouillet et six à Gambais.

Henri Désiré Landru, marié en 1893 avec Marie-Catherine Rémy, qui lui fera quatre enfants, est l’un des tout premiers tueurs en série français. Ayant un besoin pressant d’argent pour subvenir aux besoins de sa famille, il monte quelques escroqueries qui lui valent, en 1909, trois ans de prison. Puis, en 1914, il se fait passer pour un veuf esseulé, bénéficiant d’un certain train de vie. Il recrute ses victimes parmi des femmes disposant de revenus assez importants et, surtout, ayant peu ou pas de famille. À force de persuasion, Landru, yeux bleus et barbe de hipster, leur fait signer des procurations, tue ses conquêtes et les fait disparaître. Lors de la perquisition à Gambais, la police retrouve plus de 4 kg de débris d’os calcinés et 47 dents ou fragments de dents. Jugé et condamné, Landru est guillotiné le samedi 25 février 1922 à 6 heures du matin par « M. de Paris », Anatole Deibler, dans la cour de la prison de Versailles.

Reste qu’aujourd’hui, la maison du « Barbe-Bleue de Gambais » a du mal à se vendre. Les propriétaires qui l’ont habitée pendant quarante ans l’ont mise en vente depuis six mois. Mais dès que les agents immobiliers abordent l’histoire, c’est compliqué. D’autant qu’un des anciens propriétaires est mort dans un accident de voiture, que sa femme s’est suicidée et que la demeure a même servi de maison de passe ! Si on ajoute que les mauvaises langues disaient de Landru qu’il était un chaud partisan de la femme au foyer, on comprend mieux qu’il y ait peu de candidats…

* Parmi ses onze victimes figure le fils de Jeanne Cuchet, âgé de 17 ans.

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