Il n’y a pas qu’en France que la république des juges cause les ravages qu’on sait, le Danemark n’est désormais plus épargné. Ainsi, Inger Støjberg, ex-ministre de l’Intégration et du Logement, ayant participé, de 2015 à 2019, à un gouvernement de centre droit, soutenu par les populistes du Parti populaire danois, vient-elle d’écoper de deux mois de prison ferme.

Son crime ? Avoir séparé 23 couples de migrants dont les épouses étaient encore mineures et, donc, soupçonnées d’avoir été victimes de mariages forcés. Une mesure assez féministe, somme toute. D’ailleurs, cette ancienne journaliste ayant occupé le poste de porte-parole du Parti libéral, avant de finalement ouvrir les yeux sur les réalités d’une immigration incontrôlée, n’avait pris personne en traître, puisque se vantant d’avoir fait adopter plus de 110 amendements parlementaires restreignant les droits des étrangers. Ce qui lui a, par ailleurs, valu d’être longtemps le plus populaire des ministres danois.

Très logiquement, l’un de ses anciens collègues, le ministre des Finances Kristian Jensen, se félicite : « Soixante jours, c’est une peine sévère, mais il est important que les mensonges et la démagogie ne puissent faire fléchir la loi. » Certes, mais quelle loi ? Celle autorisant ces mêmes « mariages forcés » ? C’est la question que pose Kristian Thulesen Dahl, président du Parti populaire danois : « Inger Støjberg a fait ce qu’il fallait. Les mariages d’enfants ne devraient pas être discutés au Danemark, indépendamment de ce que les conventions internationales dépassées peuvent penser. »

On notera que ce n’est pas la première fois qu’un ministre doit, là-bas, subir les foudres de la loi pour de semblables motifs. Et Libération de ce 14 décembre de rappeler : « Le dernier cas remonte à 1993, avec le “Tamoulgate”, le gel illégal du regroupement familial des réfugiés tamouls qui avait été décidé en 1987 et 1988 par l’ancien ministre conservateur de la Justice, Erik Ninn-Hansen. Ce dernier avait écopé d’une peine de quatre mois de prison avec sursis. »

Sereine et pratiquant, comme à son habitude, l’humour à froid – logique, étant donné le climat local –, Inger Støjberg déclare, à la sortie du tribunal : « Je suis très, très surprise. Je pense que c’est une défaite pour les valeurs danoises aujourd’hui, pas seulement pour moi. » Si l’on était taquin, on ajouterait qu’il s’agit aussi d’une défaite du féminisme, sachant qu’aucune de nos vigies, de Sandrine De Haas à Caroline Rousseau, de Marlène Coffin à Marlène Schiappa, n’ont, semble-t-il, pour l’instant dénoncé ce déni de justice consistant à mettre à l’ombre cette femme ayant voulu faire la lumière sur les mariages forcés de fillettes, de fait victimes d’un indéniable patriarcat, fût-il extra-européen. Mais rien de très neuf depuis les viols de masse de Cologne, lors du Nouvel An de 2016, de jeunes filles allemandes agressées par des migrants.

Il est vrai qu’alors, Caroline De Haas avait cru bon de justifier de la sorte son silence quant à ces violences faites aux femmes : « Allez déverser votre merde raciste ailleurs ! »

Et gracieuse, avec ça.

En attendant, la seule femme politique ayant pris la défense de la future prisonnière demeure Marine Le Pen qui, dans un tweet daté de ce jour, affirme

Nos féministes aussi.

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14 décembre 2021

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