« Toi qui viens partager notre lumière blonde et t’asseoir au festin des horizons changeants, n’entre qu’avec ton cœur, n’apporte rien du monde et ne raconte pas ce que disent les gens. » Que l’on soit visiteur de cette jolie maison néo-basque ou invité d’ au début du siècle dernier, le ton est donné. Partons donc pour Cambo-les-Bains, chez l’auteur de Chantecler, à la découverte de ce véritable écrin entouré de son jardin, que l’on a coutume de comparer à un poème de verdure et de pierre.

Venu dans les Pyrénées pour soigner une maladie pulmonaire, Edmond Rostand est immédiatement séduit par le charme de cet endroit. Il se met en quête du terrain idéal pour bâtir la maison de ses rêves et fuir sa notoriété parisienne. Chacune des quarante pièces de sa villa, il les imagina et les décora, maniant les styles comme il maniait les mots, avec humour, aisance et élégance : le hall est anglais, le fumoir est chinois, quand d’autres pièces sont de style Empire ou Louis XVI. Transporté immédiatement dans un décor de théâtre, le visiteur d’, abritant aujourd’hui le musée Edmond-Rostand, s’évade en pensée en contemplant tous ces détails si recherchés.

Un parc de quinze hectares entoure la somptueuse villa, mais deux côtés le composent, comme deux faces d’une même personnalité. Devant la maison, l’on découvre richesse et ostentation d’un magnifique jardin à la française, orné de topiaires et d’un miroir d’eau bordé d’une pergola. Derrière, la douceur et l’intimité d’un jardin à l’anglaise où de belles essences éveillent les sens du promeneur plongé dans ses pensées. Le père de Cyrano tenait à ses deux jardins, à l’image des deux états d’âme entre lesquels il oscillait au gré de ses succès.

Classée monument historique, la villa Arnaga est également labellisée jardin remarquable, arbres remarquables et maisons des illustres, pour tant de beautés. Cette visite poétique entre littérature, culture et botanique est une invitation dans l’univers onirique de celui qui, comme dans son hymne au Soleil, « fai[t] les grandes lignes et les petits détails […] met[s] dans l’air des roses […] prend[s] un arbre obscur et l’apothéose… »

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