Les chiffres de l’INSEE attendus avec impatience par les économistes sont enfin tombés, ce 31 juillet : le PIB de notre pays s’est effondré de 13,8 %, au second trimestre 2020, pire baisse depuis 1968 et sa vague de grèves.

Paradoxalement, on s’attendait à pire, l’INSEE ayant, un temps, anticipé une baisse de 17 %. Mais le chiffre du premier trimestre a été rectifié à la baisse -5,9 % au lieu de -5,3 %, mesuré fin avril. Au second trimestre 2020, la consommation s’est repliée de 11 %, les investissements de 17,8 % et les exportations de 25,5 %, précisent Les Échos. Notre PIB s’est effondré du fait de l’arrêt des activités non essentielles. Le point bas a été atteint en avril et, depuis, nous avons connu une reprise graduelle en mai et en juin.

Il faut espérer que ces mauvais chiffres sont derrière nous et que nous entamons notre redressement. Les indicateurs avancés semblent bons pour juin et juillet, même si on note une baisse importante du moral des ménages. L’INSEE envisage un rebond de 19 %, au troisième trimestre, mais la Banque de France est plus pessimiste (+14 %) alors que Natixis anticipe +16 %. On verra si ces prévisions sont justes, mais selon le ministre de l’Économie, dans le meilleur des cas, il faudra deux ans à notre pays pour revenir au niveau d’avant la crise.

Pour sortir de l’ornière, le gouvernement compte sur le plan de relance qui sera étudié le 25 août en Conseil des ministres. On injectera alors 100 milliards dans l’économie, argent emprunté en totalité en 2021, alors que le déficit est habituellement de 90 milliards et qu’en 2020, la dette s’est déjà gonflée de 400 milliards. Le pouvoir espère également persuader les Français de consommer, nos compatriotes ayant épargné 75 milliards d’euros pendant la crise du fait de la restriction des achats et du maintien des revenus. Néanmoins, la hausse attendue du chômage, de 8,1 % à 11,8 %, fait peur à nos concitoyens et ceux-ci auront beaucoup de mal de se séparer de leur épargne de précaution, d’autant plus qu’on ignore, à ce jour, l’évolution de la pandémie (net rebond, nouveau confinement ou maintien des contaminations à un niveau bas).

En outre, la France n’est pas, dans ce domaine, seule en cause ; la continuité de la pandémie (États-Unis, Brésil) ou sa reprise (Espagne) chez nos principaux partenaires commerciaux pèseront lourd sur notre balance commerciale et, in fine, sur notre PIB. Enfin, une crise bancaire d’envergure est toujours possible, tandis que d’autres économistes s’affolent devant les montants prêtés par la banque centrale du Japon, la BCE ou la réserve fédérale. Ils ont peur d’un effondrement généralisé de toutes les monnaies, prélude à une hyperinflation. Pour l’instant, les prix sont sages : ils n’ont monté, en France, que de 0,2 % en un an.

Nous sommes donc à la croisée des chemins. Avec un peu de chance, nous avons encaissé les coups les plus durs et nous allons nous relever. Cependant, cette amélioration sera fragile et sera menacée de toute part. Nous n’en saurons pas plus avant janvier 2021.

À lire aussi

Fin programmée des chaudières au fioul : la « France périphérique » encore pénalisée ?

Alors qu’une chaudière au fioul coûtait, en moyenne, 6.000 euros, il faut 12.000 euros pou…