Convergence des luttes ?

L’autre jour, à Paris, plusieurs manifestations avaient lieu simultanément. On parlait de convergence des luttes. C’est vite dit, quand il s’agissait des gilets jaunes et de la lutte pour le climat, dont les objectifs sont totalement antinomiques.

S’agissant du réchauffement climatique, on peut discerner deux comportements possibles pour le prendre en compte.

Le premier est de tenter d’en limiter l’ampleur en modifiant profondément notre mode de vie, si tant est que ces efforts, en particulier pour limiter les émissions de « gaz à effet de serre », aient quelque effet.

Le second est de faire confiance à l’espèce humaine et se dire que l’homme va, comme il l’a toujours fait, s’adapter au changement climatique, l’actuel n’étant pas le premier.
Les partisans du premier comportement devraient être avertis de ce à quoi on va les soumettre, qui est un retour en arrière, voire un changement de civilisation. De toute façon, l’espoir d’un quelconque résultat repose sur l’action conjointe de l’ensemble de la planète. On en est loin : les plus gros pollueurs n’entendent pas cesser de polluer.
Pour ce qui concerne la France, un des pays les plus vertueux du monde développé grâce à son électricité nucléaire, tout ce qu’elle entreprendra sera d’un effet nul sur le problème mondial mais sous-entend un changement de mode de vie dont il convient d’informer les thuriféraires de la transition climatique.

Qui est prêt à renoncer à sa voiture pour utiliser les transports publics, à abandonner le chauffage au fioul pour se chauffer avec des granulés de bois ? Qui est prêt à voir augmenter considérablement le coût de l’électricité pour utiliser des panneaux solaires et des et voir, comme en Allemagne, augmenter la production de gaz carbonique ( CO2) ?

On veut nous convaincre de réduire de 80 % notre consommation de viande pour la remplacer par des lentilles et des pois chiches : qu’en penseront nos éleveurs ?
On veut nous faire abandonner les engrais et les pesticides sans se rendre compte que la production agricole va décroître, que nous ne serons plus autosuffisants et qu’il faudra importer des aliments, ce qui va contre le but poursuivi.

Nous allons vers une économie de pénurie ; déjà, on peut lire des articles évoquant avec nostalgie les restrictions imposées pendant la dernière guerre : il paraît que tout le monde se portait mieux, sauf qu’à l’époque, la tuberculose faisait des ravages. Chacun va se voir alloué un quota de CO2 et devra, à chaque achat et à chaque déplacement, faire déduire ce qu’il est censé avoir produit comme pollution. On ne pourra plus voyager, prendre l’avion, et tout le monde ne peut pas se déplacer à bicyclette.

Déjà, les jeunes générations intoxiquées par les prévisions catastrophistes mal étayées déclarent ne plus vouloir avoir d’enfants « pour sauver la planète ».

Et tout cela ne servira à rien : rappelons-nous que la crise des gilets jaunes a été déclenchée par une hausse du prix de l’essence. Imaginons ce qui arrivera quand on voudra imposer la décroissance de l’économie et toutes les mesures contraignantes que l’on prévoit. La France ne produit que 0,9 % des « gaz à effet de serre » : si les principaux pays pollueurs continuent de polluer, nos efforts seront inutiles. On s’interdit les recherches pétrolières mais on ne réduit pas la consommation,

Reste la deuxième voie : miser sur les facultés d’adaptation de l’homme à son environnement. On peut, bien entendu, chercher à diminuer le gaspillage, à donner la préférence aux produits locaux, exclure le plastique et la pollution urbaine, mais pour le reste, il convient de faire comme Trump et ne changer nos comportements qu’à la marge. Encourageons l’énergie nucléaire qui, depuis cinquante ans, nous fournit notre électricité, renonçons aux énergies prétendument renouvelables mais qui sont imprévisibles. Laissons l’agriculture s’adapter et produire ce qui nous est nécessaire. Prospectons le pétrole en Guyane et dans le canal du Mozambique. Continuons de circuler, de voyager, de manger des steaks. D’ailleurs, les Français n’accepteront pas la remise en cause de leur mode de vie, sinon, on n’est pas près de voir s’éteindre la révolte des gilets jaunes.

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