Culture - Editoriaux - Education - 26 juin 2019

Comme la laïcité, la langue française se brade !

Les épisodes récurrents des opérations religieuses en piscine à Grenoble montrent
combien le principe de laïcité est remis en cause au profit d’une communauté et au détriment des autres.

De même, la langue française est rudoyée, ces jours derniers, par un « quarteron » de régionalistes en herbe qui s’autorisent à passer une épreuve scientifique nationale en écrivant dans leur langue régionale.

La faute à qui ?

En premier lieu aux politiques, dont la couardise liée au souci électoral laisse faire, autorise, voire légifère en douce sur des aménagements ici et là, pour arriver à des aberrations de ce genre.

J’ai découvert avec stupéfaction que, déjà, le brevet avait des options en langue régionale, dans les classes bilingues, pour les épreuves d’histoire–géographie ou d’instruction civique. Le basque est, semble-t-il, déjà autorisé pour les maths. Cette année, des copies de bac de maths ont été rendues en breton.

Pour ma part, je pense qu’aucune épreuve ne devrait être autorisée autrement qu’en langue française. Les options pour les langues régionales ont leur place, mais devraient rester une option supplémentaire comme certaines options sportives, musicales, ou artistiques. Le régionalisme n’est, à mon sens, compréhensible que s’il n’est pas contraire à l’intérêt national.

Je suis fils de Lorrains et mes parents, parfaitement trilingues, parlant allemand par obligation, le patois luxembourgeois à cause de la proximité maternelle de la frontière, décidèrent de ne parler que français à domicile, laissant à l’école le soin de le parfaire, et de nous apprendre plus tard les langues étrangères, qui ouvrent sur le monde : allez donc postuler à Toulouse chez Airbus en mettant en avant votre occitan…

Vouloir imposer sa langue régionale pour un examen national, c’est préférer l’entre-soi au collectif, c’est favoriser une forme de communautarisme, sauf que l’État régalien n’a pas à répondre à ce nombrilisme. Si vous appelez le 15, le 17, le 18 ou le 112, on vous répondra en français, mais pas en corse, en lorrain ou en breton. Les pompiers, médecins, gendarmes, policiers à votre service vous parleront en français. Rendez-leur la politesse, à commencer par accepter le français qui est viscéralement « pour tous ». La richesse de la langue dite de terroir doit être réservée à celui-ci, à votre cercle familial, amical, et rester à sa place locale.

Les copies dans une langue autre que celle autorisée par la loi devraient être classées avec les copies blanches et avoir la même note.

S’inscrire à un examen impose des devoirs, mais les consignes des ministres de l’Éducation nationale (de l’Éducation de plus en plus régionale) n’ont jamais été assez courageuses dans ce domaine, puisque les options ont pu être triturées à ce point.

Désormais, plus de combat, que de l’adaptation. La couardise fait de plus en plus bon ménage avec la politique. La langue française figurera-t-elle encore, demain, dans les examens nationaux ? Des langues étrangères, des langues régionales, un mélange, des langues pour tous la remplaceront peut-être… Quelle abominable perspective pour la cinquième langue la plus parlée sur la planète, plus à l’extérieur de France…

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