[MÉDIAS] CNews, cette « dissidence audiovisuelle » que l’Élysée rêve de mater

Aux yeux du Président, la liberté d’expression de certains médias « dissidents » mériterait d’être largement restreinte
Capture écran Élysée – Présidence de la République français
Capture écran Élysée – Présidence de la République français

Ce fut le retournement de situation le plus inattendu de la semaine dernière. Jeudi 27 novembre, à quelques heures de la diffusion d’un Complément d’enquête très à charge sur CNews, l’Arcom jetait un pavé dans la mare et désavouait le rapport sur lequel France 2 avait basé l’essentiel de son réquisitoire. « Il n'y a pas de contournements de nos règles de pluralisme sur le mois de mars 2025, et s'il y en avait eu, on les aurait identifiés et on serait intervenus », tranchait l’autorité de régulation, démentant les accusations portées contre la chaîne privée. Elle enfonçait même le clou et soulignait, dans une mise en garde officielle, le manque de « rigueur et d’honnêteté » dont l’émission de service public avait fait preuve lors d’un précédent numéro.

Ce camouflet scandalisa une bonne partie de la gauche, à l’image du site Arrêt sur images qui estima que l’Arcom avait « basculé dans une réalité parallèle ». Mais au centre, le rebondissement inattendu de l’affaire n’a pas fait que des heureux. Selon les indiscrétions du JDD, le chef de l’État aurait exprimé, lui aussi, son irritation à l’égard de l’Arcom en général et de son président Martin Ajdari en particulier, jugé « trop timoré » par l’Élysée.

 

En clair, le gendarme de l’audiovisuel ne ferait pas « le job », notamment à l’égard de CNews, qui incarnerait aux yeux de la présidence une « dissidence audiovisuelle » qu’il conviendrait de mater… Le prédécesseur de Martin Ajdari avait pourtant déjà eu l’occasion de s’exprimer sur le sujet, en février 2023. Face aux étudiants de Sciences Po Paris, Roch-Olivier Maistre avait mis en garde chacun contre « une forme d’esprit de censure » qu’il voyait se radicaliser dans notre pays. « La liberté d’expression, c’est ce qui heurte, ce qui choque. Si la liberté d’expression, c’est d’être uniquement dans le politiquement correct et de déverser tous le même robinet d’eau tiède, ça ne va pas », rappelait-il. Sur le cas CNews, celui qui avait été nommé à la tête du CSA quatre ans plus tôt par Emmanuel Macron lui-même rappelait que la chaîne d’info du groupe Bolloré respectait « strictement » les temps de parole des personnalités politiques et n’enfreignait aucun règlement en organisant des émissions de plateau où chroniqueurs et éditorialistes exprimaient des opinions personnelles.

La dérive autoritaire d’un Président

En dépit de ce recadrage, le pouvoir en place n’a pas fait le deuil de ses rêves de censure. Bien au contraire. Cela fait en réalité des années qu’Emmanuel Macron réclame une restriction de la liberté d’expression et un contrôle plus restrictif des médias. En 2018, déjà, lors de ses premiers vœux à la presse, le chef de l’État avait assigné aux médias la mission de protéger les démocraties libérales contre « le populisme et le complotisme » et invité les journalistes à « écrire sur une feuille propre et proprement ». L’année suivante, il était allé encore plus loin, évoquant son souhait de mettre en place des « structures » de journalistes accrédités dont la mission serait d’« assurer la neutralité » de leurs confrères. Une sorte de ministère de la Vérité ? Nul doute que cette instance aurait aussi pour objet de lutter contre les médias qui s’adonnent au fameux « brainwashing » et osent rendre compte d’un réel que d’autres préfèrent invisibiliser…

 

Toujours plus impopulaire, Emmanuel Macron semble donc vouloir consacrer sa fin de règne à la mise sous clef des libertés. Sa dérive autoritaire s’est encore accentuée, ces derniers jours, avec l’idée d’une « labélisation » permettant de faire le tri entre les médias « fiables » et les autres. Une mission que le Président envisage de confier à l’ONG gauchiste et militante Reporters sans frontières... Le 28 novembre, le Président a également évoqué une action judiciaire « en référé » contre les « fausses informations ». Par décision de justice, il serait alors possible de faire disparaître un contenu jugé « faux » en quarante-huit heures chrono. Idéal, pour bâillonner les empêcheurs de penser en rond.

Très remonté contre ces annonces, l’écrivain Alexandre Jardin a dénoncé, dimanche 30 novembre, sur Europe 1, la « poutinisation » d’Emmanuel Macron. Le terme est fort et mériterait d’être nuancé, mais il a le mérite de mettre le doigt sur une tendance autoritaire bien réelle. De plus, cette expression souligne une grande hypocrisie : celle d’un système qui avalise aujourd’hui la censure médiatique qu’il dénonçait hier lorsqu’elle était pratiquée dans certains pays de l’Est.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

90 commentaires

  1. Ben Oui CNews ça change de la musique de chambre distillée par BFM et les chaines publiques , une musique si chère à notre Mozart , alors quand CNews fait entendre une musique différente, ça agace les oreilles de notre P’tit président . Un président qui aura Tout raté, et qui emploie tous les moyens pour masquer ses échecs.

  2. C News… Personne n’est obligé de regarder. Perso, je n’écoute ja-mais le service public ( que je paye!), je ne lis pas l’Huma ni les torchons subventionnés, et je change de chaine dès que je vois un Macron, un Retailleau, un LFI à l’écran ! Marre d’entendre leurs réthorique de fô/Q !

  3. Si seulement il commençait lui par se taire ou filtrer ses interventions. C’est vrai qu’il a été réélu en 2022 mais sans la guerre en Ukraine il serait passé à l’as. C’est pourquoi il veut absolument que cette guerre ne se termine pas . Elle lui donne la sensation d’exister quitte à piétiner tout ce qui l’entoure, et surtout la liberté d’expression qui elle l’a démasqué.

  4. Macron aux abois, il ne lui reste plus que ça pour tenter de faire taire les opposants à son projet de destruction de la nation au profit de la politique européenne qui œuvre à s’octroyer tous les pouvoirs.
    Il fait pitié le triste sire.

  5. Et pourquoi pas une labelisation des hommes politiques pour distinguer ceux qui tiennent leurs promesses de candidat et les autres ? Par exemple, ceux qui promettaient une réduction des effectifs des fonctionnaires et qui les ont augmenté de 350000…

  6. Si C NEWS est supprimée je vends ma télé car je ne regarde que cette chaine qui révèle la vérité sur ce qui se passe dans notre pays . Bravo à tous les journalistes de C NEWS .

    • Ill faut se battre pour conserver ces chaînes et journaux qui parlent de la vérité de ce que vivent les français.

  7. Après Trudeau, les « sorosiens » Macron et Zielinski paniquent. Conséquence de la « guerre » que se mènent Trump et Soros aux States (voir JDD récent).

    • macron et ses sbires ont réussi à ce que les « veaux-tants » se fassent injecter un produit ARN sinon ils n’auraient pas le droit d’aller au restaurant …
      macron a imposer aux « moutonants » de se faire une eux même une « autorisation de sortir de chez eux » pendant une heure à moins de 1 Km de chez eux ! …
      macron auto proclamé « premier de cordée » a l’infamie de la corde qui dit à son pendu : « je suis ton seul soutien ! …
      macron se croit « tout puissant » ! …
      DONC « OUI » macron croit pouvoir museler CNews ! …

  8. Macron, président d’operette, parle de démocratie, de liberté. La seule liberté qui lui convient c’est son expression à lui, le reste n’est que diffamation sur sa petite personne, lui qui sait tout. Ainsi les très bons journalistes de Cnews sont méchant avec le petit Manu qui a pris sur ses épaules étroites la charge d’un pays qu’il n’aime pas rêvant depuis son lointain théâtre de lycée d’être empereur de l’Europe. N’est pas Napoléon 1er qui veut. Beaucoup d’imitation même au cinéma mais aucun comme l’original. Ainsi la nouveauté macronienne apposer des labels sur les médias comme on le fait sur les fromages. Chaque jour une invention, chaque jour c’est comme d’habitude, à l’ouest rien de nouveau, avec Macron rien de bon.

    • Oui mais, avant de devenir empereur, Napoléon avait, lui, gagné beaucoup de barailles. Il n’avait pas commencé sa carrière en pantouflant dans une banque. C’était un CHEF !

  9. Je me REJOUIS beaucoup de ses « soucis « avec Candace OWENS à qui il sera plus difficile de faire fermer sa bouche
    Du coup il se venge sur Cnews et les réseaux sociaux .Minable mais sans surprise

  10. Bientôt on va tous se retrouver dans un grand camp de rééducation ! Ce sera « les vacances réformantes ». Ce sera financé par une taxe de 92% sur les revenus de ceux qui lisent BV et regardent CNews.

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