Editoriaux - Société - 29 septembre 2019

Climat : Le Monde sonne le tocsin et cela fait un drôle de bruit !

« Qu’as-tu fait, papa, alors que tu savais ? » ? »

Ainsi est titré le dernier édito du Monde. Il est signé Luc Bronner et ne peut laisser personne indifférent. En plein débat parlementaire sur l’ouverture de la PMA et, donc, à l’effacement du père – mot et chose, corps et biens – pour certains enfants, ce cri du cœur, rageur, tout plein de révolte, de questions, de demandes de comptes sonne particulièrement juste. Il est révélateur d’une époque où les adultes les plus lucides sentent bien que les choix ou les non-choix politiques, les idéologies, les aveuglements sont en train de créer des situations anthropologiques irréversibles graves. Il est vraiment savoureux d’entendre cet appel au père dans une société démocratique qui est en train de se débarrasser de lui. Et l’on peut penser qu’un jour, des enfants demanderont des comptes à ces pères qui ont institutionnalisé la fabrication d’enfants sans pères. Il se pourrait même qu’ils en demandent à leurs mères. Et ils auront raison.

Bien sûr, pour Le Monde, cette situation gravissime se limite uniquement au climat : et oui, l’enfant qui parle à la une du Monde, c’est Greta. Le jeunisme et l’inquiétude apocalyptique du Monde sont étroitement circonscrits à ce périmètre bien balisé.

Mais alors, pourquoi cet exercice de recherche des responsabilités et de solutions radicales ne devient-il pas aussi envisageable pour d’autres domaines : et s’il y avait une extension du domaine de la lutte, de la demande de comptes ? Bien sûr aux enfants à qui on aura imposé des familles sans père ou mère. Et Emmanuelle Ménard a visé juste en pointant la responsabilité des députés pères de famille, absents lors du vote du premier article de la loi de bio-éthique…

Mais aussi à des enfants et des adultes à qui on aura imposé, chez eux, une religion et des coutumes qui n’étaient pas celles de leurs pères, dont ils ne voulaient pas et qui n’ont rien d’épanouissant, ni pour l’âme ni pour les femmes, une insécurité et un terrorisme meurtriers, une désintégration sociale qui les a poussés, il y a un an, à prendre d’assaut les rond-points.

Et l’édito du Monde aura valeur de modèle. Il n’y aura pas une ligne à en changer : « Comme en Mai 68, la colère risque d’être générationnelle. Profonde. Durable. Et, comme toute vague d’exaspération, avec ses parts d’injustice et de débordements. Nous n’en percevons que les premiers signes. Là où les enfants de 1968 avaient à se battre pour leurs libertés individuelles – quelle chance ! –, les générations qui suivent, cinquante ans plus tard, vont sans doute devoir se battre avec la perspective d’une restriction des libertés individuelles face aux menaces. […] Jusqu’où le système démocratique lui-même sera-t-il remis en cause ? Jusqu’à réclamer des régimes plus autoritaires au nom de la survie de l’humanité ?

Cette génération ira chercher les responsabilités de ses parents et grands-parents.
Alors, oui, ce sera légitime d’accuser, en premier lieu, les négationnistes […], scientifiques ou politiques, qui ont retardé la prise de conscience, par idéologie ou par intérêt, pendant des décennies, jusqu’à aujourd’hui encore, compliquant la mise en œuvre de politiques plus efficaces. Légitime, aussi, de pointer la responsabilité […] des leaders politiques et du court-termisme des démocraties, des élites intellectuelles et médiatiques bien trop passives.

Mais la vague risque d’être beaucoup plus large. Bien plus intime, aussi. « Qu’as-tu fait, papa, alors que tu savais ? » Rien, ou si peu. Nous sommes des lapins qui préfèrent fermer les yeux. »

Le Monde ne croit pas si bien dire. Mais il est tout de même stupéfiant de voir que, dès qu’il investit ce terrain, les garde-fous traditionnels qui lui servaient de repères s’évanouissent, notamment la démocratie : au nom du climat, on envisage la restriction des libertés individuelles et l’émergence de « régimes autoritaires ». Rien que cela…

Mais, dans l’immédiat, il a fourni un nouveau slogan aux manifestants du 6 octobre, qui n’en manquaient déjà pas : « Qu’as-tu fait, papa, alors que tu savais ? »

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