En octobre 2019, au lancement de la nouvelle émission quotidienne de CNews « Face à l’info », l’opinion ne retiendra que le focus fait sur Éric Zemmour. En effet, l’intellectuel devait y tenir une place d’honneur, notamment dans les commentaires liés à l’actualité, puis dans le face-à-face avec un invité.

C’est le Tout-Paris bien-pensant qui, comme un seul homme, va dénoncer le temps d’antenne donné à un intellectuel assumant ses positions conservatrices et souverainistes. Les tentatives d’entraves judiciaires se multiplieront, les intimidations s’enchaîneront, les menaces contre les annonceurs publicitaires se mettront en place, de viles et basses attaques seront relayées sur les réseaux sociaux, mais que nenni, la direction de l’information de la chaîne d’actualité ne cédera pas, quitte à affronter un mouvement social du personnel du groupe.

Voici le décor planté, décor dans lequel se retrouvera Christine Kelly.

De la journaliste originaire de la Guadeloupe, on se souvient qu’elle fut la première présentatrice noire d’un journal sur une chaîne d’info métropolitaine (LCI), mais aussi de son passage au CSA.

Dans le cadre de son activité professionnelle tout comme dans sa vie privée, n’a jamais laissé transparaître ses positions politiques, contrairement à Audrey Pulvar, par exemple. On sait juste qu’elle s’engage pleinement dans des actions associatives et humanitaires, on se souvient également du livre qu’elle a écrit sur François Fillon, livre qui lui vaudra certaines critiques lors de la cabale judiciaire contre le candidat de la droite et du centre à la présidentielle.

Depuis les premiers numéros de #FaceAlinfo, Christine Kelly reçoit des menaces sur les réseaux sociaux, le tribunal de la bien-pensance lui reprochant, en tant que Noire, d’accepter de jouer la modératrice dans les débats avec Éric Zemmour ; on lui rappelle sa couleur, on lui rappelle ses origines, certains n’hésitant pas à la qualifier du sacro-saint fascisme dont sont affublés les partisans de l’intellectuel. La journaliste affronte ces attaques ad hominem avec une belle dignité qui fait forcément plaisir.

Le cas Christine Kelly relève de ce bon sens qui devrait caractériser chacun d’entre nous. Accepter le débat, même face à des contradicteurs avec lesquels on ne partage aucune idée, c’est faire la promotion de l’intelligence, c’est démontrer notre capacité à pouvoir entamer cette introspection si chère aux penseurs. En effet, notre libre arbitre découle de notre aptitude à pouvoir regarder en nous afin d’optimiser notre perception, notre émotion et, ainsi, adapter nos actions à l’ensemble de nos retours sur expérience.

Dans le tome 3 du Traité de la nature humaine, le philosophe écossais David Hume écrit : « Si la morale n’avait naturellement aucune influence sur les passions et les actions humaines, il serait vain de prendre tant de peine pour l’inculquer et rien ne serait plus stérile que cette multitude de règles et de préceptes qui abondent chez tous les moralistes. »

Christine Kelly, par son intelligence, son acceptation du débat et son sourire, est un exemple pour tout le monde, elle est la fierté des femmes, mais particulièrement des femmes noires, et nous sommes nombreux à regretter que le système choisisse Assa Traoré ou Danièle Obono comme icône, ces derniers jours.

Quelle chance vous avez, Madame Christine Kelly, vous qui défendez aussi fortement la France, d’être née la vieille de la fête nationale, mais c’était un signe…

Merci pour tout et, surtout, ne lâchez rien car nous sommes nombreux à vous soutenir.

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