Editoriaux - Société - 23 octobre 2019

Choses vues dans un TGV

Il se trouve que, samedi, je prenais un TGV Bordeaux-Paris pour les vacances avec ma famille. Mauvaise idée que de vouloir partir en vacances le jour des vacances. Panique à la gare Saint-Jean. Plus de TGV. Puis celui de 13 h 08 est annoncé et on nous dit que ce sera peut-être le seul de la journée, donc les passagers de trois TGV affluent vers ce train, qui ne sera pas direct et qui sera peut-être le seul de la journée, d’après les informations qui nous sont données. Il se remplit à ras bord. Pas de bousculade. Les gens sont contrariés mais polis et bienveillants. On s’installe dans les escaliers car, évidemment, il n’y a plus de place attribuée. Et on sort le pique-nique. Le train s’ébranle et, en croquant mon œuf, je songe à… Boule de suif. La guerre de 1870, la diligence, le repas. L’occasion de dire aux enfants qu’il y a des situations où les codes sont brouillés, où, non, on n’aura plus sa place. Cas de guerre. Cas de grève. Celle-ci étant évidemment préférable à celle-là. L’occasion de dire que c’est toujours un test pour les caractères et les comportements humains. Allez, les enfants, lisez Maupassant !

Mais l’essentiel est que ça roule. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’une passagère s’énerve, élève la voix, vienne trouver le pauvre contrôleur pour protester car on lui avait « pris sa place ». Vu la situation, les autres passagers se regardent, mi-incrédules, mi-agacés, se demandant qui peut bien être cette femme à la fois aussi déconnectée et « c’est-ma-placiste ».

Et puis, depuis mon escalier TGV, et ma place INOUI un peu inouïe, je la vois entrer dans mon champ de vision : une femme voilée et intégralement habillée à l’orientale.

Je ne ferai, comme tous les passagers d’ailleurs, aucun commentaire, me contentant de vous livrer cette chose vue, à Bordeaux, le 20 octobre 2019.

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