Chanter La Strasbourgeoise un 11 novembre, signe de haine contre l’Europe ?
On pourrait croire, naïvement, qu’en de rares occasions, comme celles des commémorations du 11 Novembre, la France est encore capable de montrer un semblant d’unité… mais non, ce n’est même plus à notre portée. À Sassenage, une commune de l’Isère, le maire a eu l’outrecuidance de faire chanter La Strasbourgeoise pendant la cérémonie du 11 Novembre. Si vous ne voyez pas où est le problème, Michel Barrionuevo, tête de liste divers gauche de l’opposition, y a vu, lui, motif à scandale. Selon France 3, « l’opposition municipale dénonce un chant haineux, inapproprié lors de commémorations ». Mais à quel autre moment, alors, ce chant composé en 1871 juste après l’annexion de l’Alsace par les Allemands, et glorifiant une petite fille qui revendique son patriotisme face à l’occupant allemand, pourrait être plus approprié ?
« Ce qu'il nous faut, c'est l'Europe des peuples »
Les arguments de l’opposition municipale sont pour le moins oiseux : « C’est un chant de la revanche qui appelle à agir contre l’Allemand, mais pour nous, ce qu’il faut, c’est l’Europe des peuples, c’est la liaison entre la France et l’Allemagne », explique doctement Michel Barrionuevo. Les électeurs savent à présent à quoi s’en tenir pour 2026 : c’est un candidat européiste au point de renier l’Histoire du siècle dernier qui propose de les administrer. De toute façon, cette Histoire est tout à fait désuète, semble-t-il expliquer à France 3, puisque « c’est un chant qui a été fait dans le cadre de la perte de l’Alsace et de la Lorraine. Ce n’est plus un chant d’actualité. Il était en désuétude, pendant la guerre de 14-18, il n’était absolument pas repris. » Sauf que ce n’est même pas vrai, selon le site Revue Histoire, « il n’y a aucune trace de La Strasbourgeoise dans les recueils de chansons de l’armée française avant la Grande Guerre » et elle a été « rapidement abandonnée après la Grande Guerre par les soldats », autrement dit, son heure de gloire a été justement la guerre de 14-18. Ensuite, elle a été reprise « dans les colonies de vacances à partir des années 1960 » puis dans les recueils de chants militaires français dans les années 2000.
Un patriotisme rance
On comprend sans mal, cependant, ce qui gratte ce candidat divers gauche, et ce n'est pas seulement la défiance vis-à-vis de l’Allemagne, qui était encore la Prusse quand la chanson est née. La chanson met en musique l’histoire d’une enfant alsacienne qui mendie aux portes de la cathédrale de Strasbourg et défie, au nom de ses parents morts et de sa patrie occupée, le soldat prussien qui voudrait lui faire l’aumône : « Mais mon p'tit cœur vous ne l'aurez jamais, Mais mon p'tit cœur lui restera français ! » Comme chacun sait, le patriotisme n’a pas bonne presse, à gauche : il a des relents de bête immonde et d’idées rances, et tant pis s’il a façonné l’Histoire des nations européennes et construit ce qui était l’unité nationale. De toute façon, cette idée est tout aussi obsolète, puisqu'elle doit être abandonnée au profit de « l’Europe des peuples ».
Prétexter la paix pour semer la discorde
D’ailleurs, et c’est sans doute la vraie raison du courroux et de la montée au créneau de Michel Barrionevo, cette chanson a été reprise « par des groupuscules d’extrême droite ». Enfer et damnation ! Cela suffirait donc à jeter le bébé avec l’eau du bain ? Devenu l’hymne de l’UNI, le chant fait avant tout partie du patrimoine français. C’est d’ailleurs la défense qu’avance le maire divers droite de la commune iséroise, Michel Venda : « On oublie certaines chansons françaises parce qu’il y a des groupes d’extrême droite ou d’extrême gauche qui les reprennent ? Je ne suis pas d’accord avec ça », se défend le maire, qui explique avoir « été pris aux tripes » quand il a « entendu cette chanson pour la première fois ». Que faut-il en penser ? Que la gauche considère tout ce que touche la droite comme contaminé, radioactif, toxique, et qu’elle craint la contagion ? Ou bien que l'opposition a trouvé là une formidable vitrine pour ses idées universalistes en vue des municipales ? Quoi qu’il en soit, affirmer « que ce chant de haine [n’] est [pas] bienvenu pour une commémoration du 11 Novembre [puisque] le 11 Novembre, ça doit être la paix » et, ainsi, semer la discorde dans une commune qui ne voulait pas autre chose qu’honorer ses ancêtres morts pour la France est surtout incohérent voire tout à fait déplacé.
Cette dispute pourrait paraître anecdotique, mais elle est significative : la France n’est même plus capable de faire semblant d’être unie pour honorer ses morts. Une commémoration du 11 Novembre devient motif à détruire un peu plus sur l’unité nationale au profit d’un européisme patenté. L’Union sacrée des poilus n’a jamais semblé aussi loin !
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40 commentaires
Chez nous (un village mosellan), les enfants des écoles ont chanté la Marseillaise et… Le Chant des partisans. Personne n’y a trouvé à redire.
Vive la France… et puis ´´ Aux armes Citoyens ´´… ou plutôt aux Urnes, Citoyens
Dès 2026, car les Municipales sont la base du futur Sénat, et bien sûr en 2027 !!!
Les Français ont malheureusement peur de leurs ombres, et continueront de voter comme ils ont toujours fait depuis des décennies
« défiance vis-à-vis de l’Allemagne, qui était encore la Prusse quand la chanson est née. »
allez, un petit cours d’histoire ne fera pas de mal.
L’empire allemand est proclamé le 18 janvier 1871, dans la galerie des Glaces du château de Versailles cher à Louis le quatorzième.
Le roi de Prusse devient empereur d’Allemagne. Le traité de Francfort est signé le 10 mai 1871, lui cédant l’Alsace/Moselle moins Belfort. Nous avons pris au cours de ce conflit (l’année terrible) une magistrale pâtée
avec une armée professionnelle rompue aux guerres extérieures (Italie, Mexique, Crimée) face à des armées de divers états allemands, la plupart du temps composée de conscrits.
Cela ne vous rappelle rien?
« la Strasbourgeoise » était conçue pour être chantée dans les cafés dans un esprit de revanche.
A l’Armée de mon époque, elle était inconnue.
Dans le même esprit, la « Rosalie » de Théodore Botrel; chanson née parait il vers 1916. Rosalie était le surnom donné par les pékins de l’arrière à la baïonnette du fusil Lebel. Les charges à la baïonnettes étaient terminées à cette époque et Rosalie servait à fixer la toile de tente devant la cagna, à supporter une bougie, ou devenue porte manteaux. Bref un outil.
Michel Barrionuevo cherche à mon avis à ennuyer à peu de frais son adversaire et cela « fait » bien de couiner sois disant contre la « haine » et autres fadaises.
Qui se souvient du fameux « le nationalisme, c’est la guerre! » et nous a envoyé guerroyer dans le Golfe et « pleuré » la mort de dizaines de conscrits du poste Drakkar de Beyrouth?
Bravo! Un peu d’histoire nous fait du bien. Mon grand-père, Mosellan, (la Moselle était allemande depuis 70) est parti Allemand à la guerre de 14/18 et revenu …Français. Les habitants des trois départements frontaliers, Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle étaient envoyés très loin par peur qu’ils ne combattent les Allemands. Mon grand-père s’est retrouvé en Prusse-Orientale, près de Königsberg, aujourd’hui Kaliningrad…Quelle histoire!…
merci pour votre mot.
Côté paternel l’arrière grand père est né allemand en 71. Parti en Belgique en 14 puis transféré sur le front de l’Est; démobilisé en 17 trop vieux et victime du typhus.
Côté maternel, le grand père né en Algérie est parti en 14 et revenu en 18 blessé plusieurs fois et de la ferraille plein le corps. La chirurgie n’était pas celle d’aujourd’hui. Ses histoires, il fallait insister pour qu’il les raconte; faisaient dresser les cheveux sur la tête. Rats, poux, cadavres en décomposition, soif.
Des anciens chez les 2 ennemis intimes, ça pousse à étudier l’Histoire.
Merci encore
Pour la Gauche , même la commémoration du 11 Novembre devient motif à tenter de détruire un peu plus la cohésion sociale . Ces gens là n’ont vraiment ni dieu ni patrie , ils ne savent que haïr et détruire .
Michel Barrionuevo est communiste.
Et « le prolétariat n’a pas de patrie »…
Ce qui est terrifiant, c’est l’inculture crasse de tous ces individus qui ont pris le pouvoir, cette mobilité qui permet à des gens qui ne sont pas de la région (je ne sais pas si c’est le cas ici) de donner des leçons de patriotisme sans connaître l’histoire ni le ressenti des locaux.
Bravo a ce maire. Dans ma commune le 11 novembre, j ai chanté « le régiment de Sambre et Meuse » qui etait chanté en 1914 et exalte l esprit de sacrifice. Bien sûr les « gauchos » y trouvent aussi a redire.
Ce maire à entièrement raison, je suis allé pour le 11 novembre dans la nécropole d’Aix en Pce , une chorale de jeunes ont chanté la Strasbourgeoise c’était prenant. Quand à cet individu de l’opposition de gauche qui doit être encore un de ces nombreux bisounours stupides mélange tout.
nous n’avons pas vus que cette gauche n’était plus celle de g MARCHAIS mais celle des idéalistes
Le régime macronien et ses lois ont produit un « tas de fumier », ces professionnels du signalement, de la dénonciation, du cheveu coupé en quatre, de la déclaration déjantée, cf Pierre Emmanuel Barré, de la pétition, autant de mouches et de guêpes qui polluent l’atmosphère, l’apaisement attendu par tant de français. Macron à la source semble se complaire dans cette puanteur. Comme à son ordinaire, il regarde ailleurs, ces réseaux sociaux qui ternissent tant son image de narcissique.
Diviser pour régner, il ne lui reste que cela.
Bravo! Excellent! Et tellement vrai!
Bravo pour tous ces chants patriotes ?!!!!!!
Ils SONT NOTRE PAYS !!!!!!!