Si certains ministres de l’équipe Philippe restent, après des années, inconnus du grand public, sauf quand ils défrayent la chronique (notamment au moment de leur départ), tel n’est pas le cas de Bruno Le Maire. Il a, en effet, effectué un parcours exceptionnel au sein de divers cabinets et gouvernements, on peut penser que c’est l’illustration d’une compétence avérée, après tant d’années au service du bien public, in fine comme ministre de l’Économie.

Une recherche sur Internet : « Le Maire PIB France 2020 » déclenche une avalanche d’articles dans lesquels il annonce que le PIB de la France devrait reculer de 8 % , puis de 11 %.

D’autres occurrences sont plus difficiles à trouver derrière cette avalanche, mais comme toujours, le diable se cache dans les détails. De ces autres occurrences, il ressort que a personnellement annoncé en très peu de temps des projections très « évolutives » du PIB attendu pour l’année 2020. Qu’on en juge :

– 5/1/2020, sur Challenges, croissance attendue de 1,3 % ;
– 9/3/2020, sur , baisse prévisible de moins de 1 % ;
– 17/3/2020, sur RTL, baisse de 1 % ;
– 6/4/2020, devant le Sénat, baisse de 2,2 % ;
– 9/4/2020, dans Les Échos, baisse de 6 % ;
– 14/4/2020, sur BFM TV, baisse de 8 % ;
– 2/6/2020, sur RTL, baisse de 11 %.

Cette énumération interpelle !

Notre ministre, « responsable » de l’économie, donc a priori au fait des problèmes de ce secteur, semble courir inlassablement après la chute du PIB. Parti d’une progression de 1,3 %, début janvier, il arrive, au bout de cinq mois d’annonces successives, à une régression de 11 %.
Certes, la du coronavirus était inattendue, imprévisible… Voir, à cet égard, les multiples annonces contradictoires du gouvernement. Mais tout de même…

Ainsi, on ne peut manquer de s’interroger sur la pertinence de la dernière annonce de M. Le Maire. Faut-il considérer comme « acquis » ces -11 % ou faut-il s’attendre à de nouvelles annonces calamiteuses ? Quand bien même ce serait -11 %, lui-même reconnaît que c’est catastrophique.

Par ailleurs, à bien y regarder, c’est le qui est directement responsable de la chute vertigineuse du PIB, pas le virus. L’expérience de la Suède, qui n’a pas pratiqué de confinement, nous en dira plus à la fin de l’épisode.

Or, après analyse de cette série d’annonces, il semble légitime de se demander si le gouvernement avait mesuré l’incidence terrible du confinement, dont les conséquences négatives ne pourront manquer de surpasser de loin et pendant longtemps, celles du virus.

Où est la « compétence ?

7 juin 2020

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