Editoriaux - Education - 27 octobre 2018

Braquage de la prof : le grand mérite de cette vidéo…

Pour qui « baigne » dans le monde de l’Éducation nationale et de la formation, le « braquage » de cette enseignante dans un lycée n’est qu’une « péripétie » de plus, pour parler comme notre Président !

On voit, chaque jour, bien pire : de vraies agressions, des bagarres, des destructions, des insultes, voire des viols.

Ce qui est nouveau, c’est la réussite complète de cette évidente mise en scène destinée à « faire le buzz » via les réseaux sociaux.

En dépit d’un nombre incalculable de livres, témoignages, reportages, l’omerta la plus totale règne sur tout ce qui se passe une fois fermée la porte de la classe.

Le grand mérite de cette vidéo, c’est d’en avoir enfin montré un exemple, un simple exemple.

Le grand mérite de cette vidéo, c’est de pouvoir enfin dénoncer l’épouvantable et criminelle hypocrisie qui entoure ce sujet de « la violence à l’école ».

Le grand mérite de cette vidéo, c’est de « libérer enfin la parole » de celles et ceux qui subissent ces violences au quotidien ; enfin : de celles et ceux qui osent parler.

Le grand mérite de cette vidéo, c’est de mettre en relief la terrible complicité de la hiérarchie de l’Éducation nationale qui, quasiment systématiquement, « couvre » ces « incidents » pour ne pas faire de vagues.

Le grand mérite de cette vidéo, c’est de montrer l’incroyable « légèreté » d’un ministre bien embarrassé qui déclare qu’il suffit d’interdire les portables pour régler le problème. Interdire les portables, c’est la seule mesure impossible à mettre en place, chacun le sait ! Et heureusement qu’il y avait un portable pour enregistrer la scène, sinon personne n’en aurait rien su !

Le grand mérite de cette vidéo, c’est d’illustrer les terribles conséquences de l’absence totale de sanctions : “sanction”, c’est un mot tabou. Autrefois, cette « future petite frappe » qui a osé braquer son prof aurait été immédiatement envoyée en « maison de correction » !

Et puis, il y a la délicate question du communautarisme…

Toutes celles et ceux qui « sont dans le milieu de l’éducation et de la formation » savent qui sont, bien souvent, les meneurs de ces « incivilités », notamment des actes homophobes, et d’où ils viennent.

Et savent aussi à quel point ils « gangrènent » les classes.

En tout cas, il faut vivement remercier ce jeune braqueur en herbe, paraît-il tout penaud et repenti, et les réseaux sociaux d’avoir permis la mise en lumière de ce fondamental sujet !

Mais avoir aussi, et accessoirement, une pensée pour cette pauvre prof qui a dû avoir le traumatisme de sa vie.

Et on s’étonne de ne plus trouver de gens qui veulent faire ce merveilleux métier…

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