Editoriaux - International - 21 avril 2019

Biden pense pouvoir détrôner Trump, oubliant que la coterie Obama ne veut pas de lui

L’ex-vice-président d’Obama, Joe Biden, va annoncer, mercredi, sa candidature à l’élection. Il est en tête dans les sondages démocrates, avec un bon 30 % ou plus, immédiatement devant Bernie Sanders, lequel migre du socialisme économique vers un socialisme multiculturaliste et anti-« patriarcal ». Les deux semblent incarner les deux branches d’une alternative entre la très classique social-démocratie travailliste et le très juvénile socialisme anticapitaliste. Les deux représentent, aujourd’hui, plus de 60 % de l’électorat démocrate. Les deux raisonnent en termes de classe ouvrière. Et les deux ont déjà connu des attaques en provenance des troupes de choc féminines, qui vont se multiplier. Car la « sorocratie » côtière (Californie, Massachusetts, New York, Washington) cultive une pléthore de candidats pro-réingénierie sociale, pro-diversité, pro-mondialisme. Il ne fait donc pas bon représenter le « patriarcat blanc » et la « toxicité masculine ».

Toutefois, comprenant que l’électorat hispanique (13,5 %) et afro-américain (12 %) est encore largement minoritaire, Biden va tenter de tailler des croupières à Trump, tant sur le fond que sur la forme, dans tous ces États ouvriers du « Rust Belt » à qui Trump a dû sa victoire. Cependant que Sanders, en des termes certes plus modérés, ferme lui aussi la porte des frontières ouvertes (immigration illégale, traités commerciaux). Biden et Sanders, qui puisent en partie dans le capital politique de Trump, semblent verrouiller la course.

Pendant un temps, un certain « Beto » O’Rourke, ce Texan qui avait combiné ses allures de beau gosse à la Kennedy à un surnom – « Beto » – d’origine mexicaine afin de se « diversifier », était parti fort, levant des sommes astronomiques et devenant le préféré des médias, qui voyaient en lui un futur candidat à la vice-présidence capable d’apporter les votes du Texas dans la corbeille, tant pour les primaires que pour la présidentielle. Mais son étoile pâlit.

Or, Obama, s’il ne soutient personne, a « prêté » ses anciens états-majors de campagne à un illustre inconnu de 37 ans, ancien maire d’une petite ville de l’Indiana, qui, comme Obama avant, pourrait créer la surprise. Pete Buttigieg a, certes, l’inconvénient d’être mâle et blanc, mais ses atouts sont là : diplômé de Harvard et Oxford, il a servi dans les services de renseignement de la marine sous le grade de lieutenant. Il est censé être polyglotte (anglais, espagnol, italien, maltais, arabe, farsi, et français). Officiellement pro-business et s’exprimant (comme Obama) de façon très structurée et modérée pour avancer des idées mondialistes radicales, il vit en couple homosexuel et semble prendre pour cible les chrétiens évangélistes.

Reste le panier de crabe des candidats écologistes et « gauchistes » qui labourent ces créneaux fort habilement : Cory Booker est noir, diplômé des grandes universités, tout comme la Californienne Kamala Harris. Tous deux « caméléons », ils incarnent la diversité, celle du clintonisme. Restent deux candidats atypiques : le Californien Swalwell, qui a fait de la haine de Poutine son fonds de commerce, cependant que la Hawaïenne Tulsi Gabbart, parfois accusée de trahison, incarne le non-interventionnisme militaire, reprenant les anciens thèmes de Trump.

Donc, chaque candidat ratisse un segment du marché, espérant ramasser la mise, ou joindre le futur gouvernement, oubliant un peu vite Donald Trump.

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