Bally Bagayoko : « Parce que vous êtes noir… »
Chaque semaine amène son lot de promotions, au rayon « grand frais » de la politique-spectacle française. À peine sorti des élections municipales, le produit de la semaine a incontestablement été Édouard Philippe. Pas possible d’y échapper, à moins de vivre au fond d’une grotte. Réélu au premier tour, ce qui n’est pas donné à tout le monde (le cas de « seulement » 33.305 maires sur près de 35.000…), cette élection n’a pourtant pas été un triomphe romain, pour l’ancien Premier ministre : 47,71 % des suffrages exprimés, 25,16 % des inscrits… La semaine qui a suivi a été marquée par le lancement du « produit » Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Il faut dire que l’intéressé y a mis du sien, avec ses annonces fracassantes, notamment sur le désarmement de la police municipale. Il a, depuis, un peu ajusté son tir, si l'on peut dire. Mais l’idée - ou tout du moins l’idéologie - y est.
Un quart de siècle de mandats locaux
À ce sujet, on peut imaginer que si le nouveau premier magistrat de Saint-Denis venait à faire face à un départ important de ses effectifs de policiers, compte tenu du sous-effectif chronique de cette catégorie de personnel en Île-de-France, il saurait trouver une solution. Par exemple en faisant voter par le conseil municipal la modification du tableau des effectifs : réduction du nombre de policiers et, en parallèle, augmentation des effectifs des agents de surveillance des voies publiques (ASVP). Cela aurait le double intérêt de coûter moins cher et de pouvoir recruter en local, par exemple dans les cités... Y a-t-il pensé ? Dossier à suivre.
Car il faut bien se dire que Bally Bagayoko, il y a encore deux semaines inconnu de la plupart des Français en dehors de son département, est tout sauf un novice en politique. Il totalise un quart de siècle de mandats locaux : conseiller municipal, adjoint au maire, conseiller général, vice-président du conseil général (on dit départemental, depuis 2015). Bref, un notable local, comme la République en connaît des milliers « dans nos territoires ». À quelques différences près. Différences que l’intéressé, d’ailleurs, cultive à merveille. Sa modestie, d’abord. « Il a beaucoup d'humilité et il nous ressemble », relayait complaisamment France Info, dans un tract déguisé en article, au lendemain de son élection dès le premier tour, le 15 mars dernier. Une élection, du reste (notons-le, au passage), qui est un peu similaire à celle d’Édouard Philippe : premier tour, 50,77 % des suffrages… 21,14 % des inscrits, un triomphe qui, là encore, n'a rien de romain.
« Le don d'ubiquité »
Donc, son humilité. Une « humilité » que l’on retrouve dans une plaquette de 32 pages (pas moins), publiée en 2014 avant les élections départementales de 2015 et intitulée, tout simplement, « Mon bilan de vice-président au conseil général 2008-2014 », plaquette apparemment financée par le département de Seine-Saint-Denis, dans laquelle il n’hésitait pas à s’effacer pour que d’autres parlent de lui à sa place. Par exemple, une habitante, sans doute prise au hasard, avait « rarement connu un élu aussi disponible pour les habitants, quels que soient l’heure, le jour de la semaine ». Ou encore cette secrétaire de direction : « Dynamique, sociable et engagé, travailler auprès de Bally nécessite une prise de vitamines quotidienne et une gestion d'agenda rigoureuse, ce dernier ayant le don d’ubiquité. » Tout simplement. Les mots qui reviennent dans les témoignages le concernant (toujours dans cette plaquette) sont : « espoir, proximité, gentillesse, disponible, compréhensif, travaille, impliqué, sincérité, rigueur, amour »... C’est marqué dans la plaquette, c’est donc forcément vrai.
« Je suis cette histoire »
« Humilité » que l’on retrouvera dans son programme pour les élections municipales de 2020 (il sera battu par le socialiste Hanotin, qu’il battra à son tour en 2026) : présentant sa liste comme l’héritière d’« une histoire de luttes sociales et politiques », « une histoire fondée par des générations de femmes et d’hommes venus d’ailleurs », qui « sont devenus d’ici », il n’hésitait pas à écrire : « Je suis de cette histoire, je suis cette histoire. » Tout simplement, encore. Bien sûr, on verra dans ce « Je suis cette histoire » cette « essentialisation » qui est en train de dévorer la République.
Dans Le 2010 d'Anne-Sophie Lapix, Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, que certains considèrent comme un « Obama français », s'est prononcé sur une éventuelle candidature à la place de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle 2027. pic.twitter.com/GX7go8YR6P
— M6 Info (@m6info) April 5, 2026
Essentialisation
Une essentialisation que l’on retrouve dans la question d’Anne-Sophie Lapix, sur M6, samedi dernier. « Certains vous considèrent déjà comme un Obama français. » Carrément ! Demain, ça sera Mandela. Pourquoi pas. D'ailleurs, toujours dans sa plaquette de 2014, Bally Bagayoko ne citait-il pas Nelson Mandela ? Au passage, on aimerait bien connaître qui sont ces « certains » qui font de M. Bagayoko un nouvel Obama. Ce qui n’est peut-être pas le meilleur des compliments, sachant que les États-Unis furent en guerre durant les huit années de présidence Obama.
Mais le meilleur vient ensuite : « Est-ce que, finalement, vous n’avez pas un profil plus intéressant pour représenter une candidature LFI, parce que vous venez de cette "nouvelle France" dont vous parlez aujourd’hui, parce que vous êtes plus jeune, parce que justement vous êtes noir, parce que vous êtes un élu de terrain depuis déjà une vingtaine d’années ? Est-ce que, finalement, ça ne serait pas plus logique que vous représentiez une candidature LFI plutôt que Jean-Luc Mélenchon ? » Bally Bagayoko, en joueur de basket de haut niveau qu’il est, dribble sur l’humilité qui le caractérise : « Je n’ai pas la prétention d’être au niveau de Jean-Luc Mélenchon. » S'il le dit. Là où on aurait attendu une réponse du genre : « Je suis noir et, donc, en quoi cela serait-ce plus logique pour représenter LFI à la présidentielle ? » Mais non. Il est vrai que lorsqu’on « est cette histoire »…
Au fait, on attend avec impatience de savoir qui sera en promo, la semaine prochaine.
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65 commentaires
Me Bagayoko, c’est Obama, Martin Luther King, Nelson Mandela, le Pape. Belle action de ripolinage de la maison LFI. Bravo les artistes.
Mme Lapix devrai faire un travail journalistique plus approfondi, au lieu de cirer les pompes à Bagayoko, Mr Obama lui a quand même fait Harvard!!! .
Mr Michel pourrait bientôt nous parler de l’élection au premier tour des présidentielles de Mr Bardella tant il est aussi modeste que l’Obama francais?
Mr Georges Michel a été subjugué par Mr Édouard Philippe, au point de croire qu’il n’avait pu être élu qu’au premier tour d’élection municipale.
Il est vrai qu’il sera presque certainement notre prochain président, mais il lui faudra tout de même encore attendre le second tour.
L’important ce n’est pas d’être en tête au premier tour, mais de pouvoir compter sur un « barrage » contre son adversaire. Le petit Jordan risque fort de ne pas faire le poids par rapport au grand Édouard et la famille castor.
Cauchemar en perspective de Fantomas président pendant cinq ans !!
« L’Obama français », beau symbole au vu des résultats de ce président pour les Américains d’abord et pour le monde ensuite. Il faut que certains redescendent sur terre et cessent de croire qu’il suffirait d’être de couleur, peu importe laquelle d’ailleurs, pour avoir du talent. Être maire est un sacerdoce, mais ne fait pas de vous un champion, sauf à ce qu’il y en ait 34 875 sur l’ensemble du territoire français, particulièrement quand vous avez été élu avec 21,14 % des inscrits issus majoritairement d’une certaine communauté. Jolie performance en perspective !
Il faut plus que jamais se méfier des informations sur boulevard Voltaire.
A lire Mr Michel on pourrait apprendre que Mr Philippe a été réélu « au premier tour ». Pourtant il me semble que les électeurs ont bien réfléchi et mr Philippe a dû attendre le deuxième tour pour être élu.
Mr Bagayoko a été élu bien différemment et paraît bien en effet relativement modeste par rapport au colosse Édouard.
Lapix on connaît
Quelque part, je ne suis pas contre l’idée, parce que quand les « blancs(ches) vieux et moches » de LFi s’apercevront qu’ils se font évincer par la « nouvelle France’, je rirai énormément.
Moi, çà me rappelle ma jeunesse quand, effectuant mon service national au titre de la coopération en Afrique, j’y ai passé 2 ans. Les pays africains étaient, depuis la récente décolonisation, dirigés par des hiérarques autochtones qui pratiquaient le racisme anti-blanc. J’y ai vu ces pays (mal dirigés) s’appauvrir progressivement, en laissant péricliter toutes les installations (routes, ponts, hopitaux, chemins de fer,…) que leur avaient laissés les français. Et il n’y a qu’à regarder dans que état se trouent ces pays, 60ans après. En sera-t-il de même pour St-Denis ou LaCourneuve ??
Obama avait transformé la majorité des journalistes occidentaux en groupies. Ça devrait être dans les cordes de Bagayoko de faire pareil avec les journalistes français.
Edouard a déjà pris la place pour 2027.
Mais en 2032, Mr Bagayoko a une bonne chance face à Macron par exemple.
Le problème de Bagayoko n’est pas qu’il soit noir, mais qu’il soit sous la coupe de Mélenchon, et à la limite anti-France. Ca pose problème pour un maire.
Il faut qu’il passe outre sa modestie et renverse le lider Maximo ?
Pour un maire, pas tellement.
Je parierais volontiers sur sa réélection. La nouvelle France est en marche dans sa commune. Elle court pratiquement à la victoire.
L’élection des binationaux pose problème.
Problème de loyauté.
Dans leurs pays d’origine, le plus souvent. Il faut renoncer a sa 2ème nationalité pour pouvoir être candidat.
vous avez raison ça pose un gros problème car en de conflit en le pays d’origine et le pays d’adoption quelle nationalité va t’il privilégiez, je crains que ce ne soit celle d’origine puisqu’il ne renonce pas à sa nationalité d’origine pour devenir français
Cela paraît tellement évident. Aucune personne étrangère ou à la double nationalité ne devrait pouvoir voter. Encore une exception française, au pays des droits de l’homme devenu le droit de l’hommisme particulièrement de l’étranger. Mais il est vrai que quand on observe l’origine de nombreux parlementaires, cela peut se comprendre.
Oui c’est un problème et apparemment personne ne s’en émeut
Obama,Mandela.. et pourquoi pas aussi Luther King!..c’est vrai qu’il nous a dit qu’il etait de naissance noble malienne.
Mais esclavagiste..et là !…ca colle pas trop…
je n’aurais pas dit mieux
Une noblesse malienne, le plus souvent dirigeante, qui, entre autres, nous mit dehors après que nos soldats eurent à donner leur vie afin de les aider à leur demande à rester libres face à l’islamisation galopante de leur pays et que certains aujourd’hui ici en France semblent admirer pour de sombres manigances électorales. Un gouvernement malien qui nous considère toujours comme des ennemis. Pour ces raisons, il y a longtemps que les Maliens binationaux auraient dû être expulsés.
Je ne vois vraiment pas le rapport entre Obama et Bagayoko. Obama est democrate et Bagayoko LFI…à moins que, bon sang mais c’est bien sûr !! Ce qui compte pour les journalistes c’est pas les idées ( les pauvres ils peuvent pas comprendre) mais la couleur de la peau. Faut dire que ces gens là ignorent tout du racisme.
Demandez à un américain ce qu’il pense d’Obama
Il n’y a les jounaleux bobos européens pour lui élever une statue et se pâmer devant son image … quand à ses résultats ….
@Bugs63 : entièrement d’accord. Celui-là même qui avait promis de fermer Guantanamo , une prison illégale et dont personne ne parle plus. En plus, de son côté guerrier, il n’a fait que de la représentation style « jet set » , vivant dans des quartiers ultra-protégés , il est méprisant envers le peuple noir car leur situation ne s’est guère amélioré sous sa mandature .
Rien de surprenant dans ces interviews promus par les journaleux progresso-gauchos qui s’étalent sur nos ondes.