Aux États-Unis, les marchés aux « enfants jetables » devraient nous interpeller !

Ils s’appellent Alina, Lola ou Franck et défilent à la manière de mannequins sur un tapis rouge comme à un défilé de mode. Ils espèrent accrocher le regard des adultes… Dans le public, des candidats à l’adoption, ou plutôt à la ré-adoption (« rehoming », en anglais). Tous ces enfants-adolescents qui déambulent ont vécu plus ou moins la même histoire : une expérience ratée au point que leur famille d’adoption a décidé de les rendre.

La journaliste Sophie Przychodny a enquêté aux États-Unis sur ce marché des « enfants jetables » et réalisé ce reportage sidérant diffusé à plusieurs reprises dans nos médias.
Selon les services sociaux américains, chaque année, 25.000 enfants sont ainsi remis sur le marché de l’adoption, soit un quart des enfants adoptés. Aux États-Unis, il n’y a pas de loi pour interdire à des adoptants de rendre l’enfant qui n’aurait pas donné toute satisfaction.

Pour tenter de retrouver une autre famille, ces enfants « rendus » sont récupérés par des agences d’adoption et remis sur le marché. Pas tous, car les moins chanceux sont échangés via de petites annonces postées sur Internet avec tous les risques que cela comporte dans un monde où les prédateurs de tous ordres se multiplient.

À l’autre bout de la planète, en 2014, en Thaïlande, Gammy a subi le même sort. Enfant-objet d’un contrat de GPA conclu entre une mère porteuse thaïlandaise et un couple d’Australiens, il est venu au monde atteint de trisomie 21. À sa naissance, ses commanditaires n’en ont subitement plus voulu ; ce n’était pas « l’enfant parfait » comme ils l’avaient commandé. Au contraire de sa sœur jumelle qui, elle, a été acceptée par ses parents-clients.

Nous autres Français avons bien raison de nous scandaliser de ces pratiques issues de l’ultralibéralisme de ces pays où tout est à vendre, même l’enfant. Chez nous, il serait impossible à des parents de rendre un enfant adopté ; la loi ne l’autorise pas. Mais pour combien de temps encore ?

Déjà, notre loi a cessé, en 1975, de protéger le plus faible ; elle a fait primer le droit des femmes à disposer de leur corps sur le droit de l’enfant à naître. Cette année, il est question de légaliser la PMA pour les femmes et, très vite après, sera posée la question d’encadrer les pratiques de gestation pour autrui. Grands bouleversements sociétaux qui achèveront définitivement de consacrer le « droit à l’enfant » des adultes. Qu’en sera-t-il, alors, des droits fondamentaux des enfants à ne pas être vendus, fabriqués, rendus ou échangés au gré des caprices d’adultes ? Car, n’en doutons pas, ceux qui auront commandé leur enfant en s’affranchissant des règles hasardeuses de la nature voudront avoir pleinement satisfaction, à l’image de ces « adoptants » américains…

Puissent de tels reportages sur ces marchés aux esclaves se multiplier pour une vraie prise de conscience de la société française qui, aujourd’hui, s’interroge sur son devenir.

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