Editoriaux - Politique - 18 décembre 2018

Au secours, Emmanuel Macron va être réélu en 2022 !

Deux sondages parus ce week-end sont inquiétants et montrent que, si rien ne bouge d’ici 2022, Emmanuel Macron a un boulevard devant lui pour se faire réélire. C’est pourtant un paradoxe, car sa cote est au plus bas et des Français bloquent les ronds-points pour qu’il démissionne.

Le premier sondage concerne les européennes et le second les présidentielles si elles se tenaient dans les prochaines semaines. Dans les deux cas, le RN et LREM sont largement en tête. Nicolas Dupont-Aignan fait une percée autour de 8 %, Jean-Luc Mélenchon paye son coup d’éclat et stagne à 9 % – moitié moins que ce qu’il a obtenu en 2017. Laurent Wauquiez est à la dérive : il est autour de 10 %, loin des 20 % de François Fillon. Il subit la concurrence de Nicolas Dupont-Aignan, qui est train de le phagocyter.

Si la présidentielle avait lieu dimanche prochain, Emmanuel Macron et Mme Le Pen seraient en tête du premier tour. La présidente du RN pourrait compter au mieux, au second tour, sur ses 27,5 %, sur les 8 % de M Dupont-Aignan, sur la moitié des voix de M. Wauquiez (5 %), sur une partie des électeurs de M. Mélenchon (4 %) et sur 2 % provenant de petits candidats, soit un total de 46 %, insuffisant pour être élue. Mais c’est un maximum. Elle n’a aucune réserve et si son débat d’entre les deux tours est aussi catastrophique qu’en 2017, elle tombera à 38 %. Au lendemain du premier tour de 2017, Marine Le Pen, au soir du premier tour, était déjà créditée de 43 % des voix, qui se sont évaporées après sa contre-performance.

Les chiffres sont cruels et sans appel : M. Macron est le grand favori pour 2022. Il a un socle solide de partisans comprenant 20 % des électeurs de centre droit qui ne le quitteront en aucun cas. Ces derniers sont satisfaits de la politique économique menée. Certes, la politique migratoire ne leur plaît pas et ils seraient plutôt partisans de restreindre l’immigration, mais le discours ambigu de M. Macron, qui dit une chose et fait son contraire, les rassure. Ces électeurs sont conditionnés par les moralistes de gauche et les appels à “abattre la bête immonde du fascisme”. Ils rejettent donc avec horreur Marine le Pen, bien sûr, mais aussi M. Wauquiez, qui est vu comme une « sous-Le Pen », et M. Dupont-Aignan.

Un « Salvini français » aurait-il ses chances ? Certes, le ministre de l’Intérieur transalpin a une “aura” supérieure à celle de Marine Le Pen et semble, à tort ou à raison, plus compétent que la présidente du RN (est-ce une illusion ?), mais n’oublions pas qu’il n’est soutenu directement que par 30 % des Italiens (à peu près le même niveau que Marine Le Pen). Le complément qui lui permet de gouverner vient de la gauche. Cette alliance un peu contre-nature ne semble pas transposable en France !

Celui qui est élu à 60 % par les sondages six mois avant l’élection n’est pas celui qui se retrouve à l’Élysée : MM. Strauss-Kahn, Chevènement, Fillon, Poher, Barre, Balladur étaient les grands favoris des sondeurs quelques mois avant le scrutin présidentiel. On connaît la suite ! Néanmoins, on ne pourra pas se débarrasser si facilement d’Emmanuel Macron, tout simplement parce que personne de crédible aux yeux des Français n’apparaît pour l’instant sur le « marché » politique.

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