Attentat de Romans : « Son âme a été tuée ce 4 avril », témoigne le fils d’une victime

Au septième jour du procès du terroriste, les victimes témoignent du traumatisme subi il y a cinq ans et demi.
©Boulevard Voltaire
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Elles sont peu nombreuses, les victimes de cet attentat islamiste, à vouloir faire face à celui qui a bouleversé leur vie à jamais. Depuis le vendredi 31 octobre, elles se succèdent au compte-gouttes, à la barre de la cour d’assises de Paris, pour raconter ce qu’elles ont vécu, le 4 avril 2020, à Romans-sur-Isère. Pour certaines, la blessure reste trop vive, le besoin d’oublier trop fort pour pouvoir témoigner. Le couple de buralistes, premier attaqué dans ce « périple meurtrier », n’a ainsi pas souhaité se constituer partie civile ni être auditionné durant l’enquête. D’autres, qui auraient voulu raconter leur histoire, ne sont plus là pour le faire.

« Il a vécu pour cet instant-là »

« Mon père, depuis cinq ans, il a vécu pour vivre cet instant-là, pour venir devant vous raconter ce moment qui a changé sa vie. » À la place de Jean-François Santiago, grièvement blessé le 4 avril 2020, c’est son fils Michaël qui s’avance à la barre. Comme l’a rappelé la présidente du tribunal, la victime n’est plus là pour dire son histoire : elle est décédée le 23 juillet 2025 des suites d’un cancer. Mais si son père a été « emporté par la maladie, son âme a été tuée ce 4 avril », dira son fils, la voix brisée.

Le quadragénaire est venu seul, ce mardi 4 novembre, pour affronter le regard de celui qu’il considère comme le meurtrier de son père. L’émotion, qu’il tente de contenir, le submerge parfois. Il parle pourtant, avec pudeur, de « l’homme fort et joyeux » qu’était « son papa », de celui qui « attendait ce jour avec impatience » et « voulait faire face à cet individu ».

« Il aimait la vie »

Jean-François Santiago était de ceux dont on aime rappeler la droiture. « Un homme de paix », dira Michaël. Plus jeune d’une fratrie de quatre enfants, il avait grandi avec des valeurs simples comme le respect, le travail, l’humilité, qu’il transmettra à son tour à son garçon et ses deux filles, assure le fils. « Toujours là pour aider les autres, il travaillait sans jamais se plaindre. » Grand-père attentif, danseur enthousiaste, joyeux, surprenant, il « aimait la vie ».

Le 4 avril 2020, il était chez lui, accoudé à sa fenêtre, quand tout a basculé. L’assaillant l’a frappé, comme les autres victimes, sans raison : « La lame m’a coupé le diaphragme, une partie de l’estomac. Le médecin m’a appelé "le miraculé" », racontait-il, six mois après les faits. Miraculé, mais brisé. « J’ai peur en permanence, je ne sors que pour acheter du pain, je vis dans la hantise que l’attaque se reproduise », confiait-il encore. Il mesurait alors tout ce qu’il avait perdu : « Avant, je jouais à la pétanque, je cuisinais, je passais du temps avec mes petits-enfants. Aujourd’hui, je suis une loque. »

Pour lui et ses proches, la plaie ne s’est jamais refermée. « L’homme fort et joyeux qu’il était est devenu fragile, anxieux, apeuré. » Malgré ses efforts pour se relever, « petit à petit, il s’est éteint à l’intérieur ».

« On essaye de vivre heureux »

De ce jour-là, d'autres ont survécu mais gardent les cicatrices de cette matinée de printemps. Dernière victime sur le chemin de l’assaillant, Emmanuelle Blachon entreprenait simplement de décaper sa porte d’entrée « pour avoir le dos au soleil », lorsqu’elle a été frappée à la cuisse, l’artère fémorale sectionnée. « Mon mari m’a prodigué les premiers secours pour tenter d’arrêter ce jet permanent de sang », se souvient-elle. Dix jours d’hospitalisation ont suivi, puis des mois de rééducation avec près de deux cent cinquante séances de kiné.

« Si je suis debout aujourd’hui, c’est grâce à mon mari, ma fille et tous ceux qui m’ont entourée », confie-t-elle. L’épreuve, pourtant, a laissé des traces invisibles. « Pendant deux ans, je regardais les mains des gens, j’étais en hypervigilance, je me faisais des films très durs à supporter. » Malgré cela, la famille a choisi de rester dans la maison où tout s’est passé. « On essaye de vivre heureux ici », dit-elle simplement, consciente que « la vérité ne viendra pas de lui », avant de laisser parler son mari, puis sa fille, submergés par l’émotion.

Victimes directes ou indirectes des gestes criminels d’Abdallah Osman Ahmed, les séquelles sont sensiblement les mêmes pour leurs esprits meurtris : troubles du sommeil, cauchemars, stress post-traumatique, angoisse à la vue d’un couteau ou à l’idée de sortir seul dans la rue, culpabilité, imagination hors de contrôle. Des blessures que certains, comme Emmanuelle Blachon, ont su apaiser plus vite que d’autres, mais qui demeurent, avec une seule demande : la perpétuité pour celui qui a brisé leur vie.

Vos commentaires

32 commentaires

  1. Le quotidien de la Macronie…
    Le quotidien créé par celui qui déclare aujourd’hui : « sur la politique nationale je lâche le manche. »
    En effet, sa politique, ainsi qu’à un plus ou moins un moindre degré, celle de ses prédécesseurs, surtout Hollande, est responsable de la litanie des drames qui ont frappé, qui frappent, et qui frapperont la France, oh pardon, la Macronie.
    Et ce n’est pas un « sentiment », comme dirait l’autre immonde personnage…
    C’est la réalité, le quotidien !
    Et voilà qu’on apprend que « Elles sont peu nombreuses, les victimes de cet attentat islamiste, à vouloir faire face à celui qui a bouleversé leur vie à jamais. »
    La peur s’est installée sur le pays, et elle rode…
    Et les responsables sont les sus-cités !

  2. Paix aux victimes.
    Ces pseudo-religieux intolérants qui tuent gratuitement n’ont pas conscience que la Vie est divine.

  3. et ceux qui font tout leu possible pour nous imposer ce genre d’individus quand c’est qu’on les met face aux conséquences de leur militantisme ?

  4. Ce gouvernement minable, menteur, incompétent, ne fait absolument RIEN et le Guignol qui le dirige se permet d’intervenir avec ses 11% …. !

  5. Mais quant cette France se lèvera pour dire Stop. Possible que çà peut arriver mais ce jour là pour certains il faudra se cacher parce que vraiment la coupe est pleine.
    Combien d’innocents et d’innocentes vielles et jeunes, la vie ouverte devant eux pour les plus ou moins très jeunes si la justice, que nous payons par nos taxes et impôts sensée juger selon la volonté du peuple, ne faisait que son devoir.

  6. Je me répète seul les étrangers avec un contrat de travail avant leur arrivée devraient être sur le sol français sans leur famille sitôt le contrat terminé retour au bled, les économies seraient substantielles et la sécurité augmentée

  7. Avec le Nunez on est sauvé ??!!! Complicité de meurtre pour « ces extraterrestres » çà vaut combien ?

  8. Des affaires comme celles là ne devraient pas attendre 5 ans pour être jugées. Il n’y a pas de « présumé coupable ». Il y a un coupable.
    Il n’y a pas a essayer de lui trouver des circonstances atténuantes. Il n’y a que des faits a charge.
    il n’a pas a prendre perpette. Il FAUT remettre la guillotine sur la place du village et lui couper la tête. Il ne mérite rien d’autre et en plus j’ai pas envie de le nourrir et loger jusqu’à la fin de ses jours.
    Dans son pays, 1- on n’a jamais vu un chrétien attaquer quelqu’un aussi sauvagement quelqu’un d’autre. 2- ils ne plaisantent pas avec ce genre d’individu et ça fait longtemps qu’il aurait été pendu.
    A cause de badinter et de l’ue nous sommes devenus les eunuques du monde.

  9. Encore une chance pour la France qui va nous couter 12 000 euros par an pendant au moins 20 ans et qu’un jap. nous liberera pour bonne conduite avant qu’il ne devienne Imam en.prison . Quand donc existera-t-il un homme politique dans ce pays de morts vivants qui comprendra que ces gens ont accompli un acte de guerre et doivent etre juges par des tribunaux speciaux militaires ?

  10. Les coupables sont les hommes et femmes politiques et les associations qui devront aussi se retrouver devant les tribunaux et payer pour leurs crimes . Ni oubli ni pardon.

  11. Comme il existe un liste des pays les plus favorisés aux USA, établissons la liste des pays les moins appréciés. Cessons toutes relations avec eux. Ne leur achetons plus de gaz (on pourra toujours l’acheter à la Russie…), ne délivrons plus de visa, bloquons les avoirs, en cas d’émeutes, réprimons fermement, renvoyons les délinquants, exigeons la libération de nos ressortissants. Pour aider ces pays à changer d’attitude, envoyons la flotte… en quelques semaines, l’affaire sera réglée .

  12. Je me souviens d’avoir appris cette horreur par un journal télévisé. Je pense encore, parfois, à une des victimes, ce père tué en protégeant son petit garçon.

  13. Posez vous la question pourquoi des pays comme les émirats arabes unis ne veulent pas de refugiés somaliens , syriens ; afgans etc

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