Editoriaux - Santé - Société - 23 août 2019

Agnès Buzyn veut interdire aussi l’alcool dans les loges des stades

La dernière trouvaille de la « joyeuse » Mme Buzyn, interdire l’alcool dans les loges VIP des stades, est tout bonnement effrayante.

J’aurais aimé entendre la réaction du truculent Loulou Nicollin, l’emblématique président du club de Montpellier, à une telle déclaration !

Après 68, tout était permis : on découvrait la beauté du topless sur les plages l’été, on avait le droit de fumer sa clope même pendant les cours, les ballons de rouge et les demis étaient consommation courante dans les bistros, les ébats amoureux faisaient florès… Il était interdit d’interdire, même un Desproges.

À présent, c’est le burkini sur les plages, les amendes quand on émiette son mégot dans la rue, le Coca Light sans sucre et le cocktail sans alcool..

Que s’est-il donc passé en à peine un demi-siècle pour en arriver là ?

On pourrait penser, en première analyse, que c’est dû à un excès de religion. Mais que nenni, l’influence du catholicisme, ce ciment de toute la civilisation occidentale, a fondu aussi vite que le plomb des vitraux de Notre-Dame le 15 avril dernier.

Aujourd’hui règne une sorte d’hygiénisme, teinté d’écologisme primaire fondé sur l’interdit : interdit de picoler, interdit de fumer, interdit de conduire trop vite, interdit de manger trop de viande, interdit de consommer trop de sucre et, sous peu, interdit de b… avec la légalisation de la PMA et sa suite « naturelle », la GPA.

Et « en même temps », la consommation d’alcool, de cannabis, de stupéfiants en tous genres explose chez les jeunes, de même que celle d’anxiolytiques et d’antidépresseurs chez les plus âgés.

Et « en même temps », on maintient « le bon peuple » dans l’angoisse permanente des drames écologiques liés au changement climatique ou au caractère fantasque de Donald Trump.

Aujourd’hui, il faut être triste et angoissé en mangeant du tofu soi-disant bio pour être normal.

Tout doit être fait avec modération afin que l’on puisse mourir « en parfaite santé ».
C’est, au passage, oublier que bon nombre de grands personnages n’étaient pas vraiment « raisonnables ».

Prenons, par exemple, Winston Churchill. Le moins que l’on puisse dire, c’est que son hygiène de vie n’était pas un modèle du genre : cigares et whisky à volonté. Il déclarait, par exemple : « Quand j’étais plus jeune, j’avais comme règle de ne jamais boire d’alcool fort avant le déjeuner. Maintenant, ma règle est de ne jamais le faire avant le petit déjeuner. » Et il est mort à 90 ans.

Loin de moi l’idée de faire de Winston Churchill un modèle. Mais, au lieu d’interdire encore et encore, on pourrait éduquer les gens à se rendre responsables d’eux-mêmes.

Mme Buzyn ferait mieux de s’occuper du scandale des urgences.

Mais il est vrai qu’il est plus facile d’interdire que de régler les problèmes : je propose à Mme Buzyn d’interdire l’accès aux urgences, à Mme Pénicaud d’interdire le chômage, à Mme Schiappa d’interdire de concevoir des individus de sexe masculin, etc.

Quitte à sombrer dans l’absurde, autant aller jusqu’au bout.

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