A-t-on résolu l’énigme d’Artagnan ?
C’est peut-être l’un des personnages les plus extraordinaires de l’Histoire de France, dont le destin aura inspiré les plus grands auteurs, qui vient d’être retrouvé aux Pays-Bas. En effet, la dépouille de Charles de Batz de Castelmore, mieux connu sous le nom de d’Artagnan, capitaine des mousquetaires de sa majesté le roi de France Louis XIV, pourrait avoir été exhumée au cœur d’une église de Maastricht, une découverte qui pourrait mettre fin à plus de trois siècles de recherches archéologiques.
Le mystère de Maastricht
Maastricht, au sud des Pays-Bas, est devenue récemment le théâtre d’une agitation inhabituelle. En effet, au cours de travaux de rénovation entrepris dans l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, dans le quartier de Wolder, un affaissement soudain du sol de la nef a révélé une sépulture oubliée. Sous les dalles reposait un squelette humain, dont l’apparition a immédiatement éveillé l’intérêt des chercheurs et des médias. Les premiers éléments relevés sur place ont rapidement fait émerger une hypothèse fascinante : les ossements pourraient appartenir à Charles de Batz de Castelmore, comte d’Artagnan, le légendaire mousquetaire du XVIIᵉ siècle dont la sépulture n’a jamais été trouvée.
Le squelette se trouvait précisément sous l’ancien emplacement de l’autel, un lieu autrefois réservé aux notables et aux personnalités de haut rang. Parmi les objets découverts à proximité de la dépouille ont été retrouvés une pièce française des années 1660 ainsi que plusieurs fragments de balle de mousquet, des éléments qui s’accorderaient avec l’époque et les circonstances de la mort du mousquetaire du Roi-Soleil.
Parmi les scientifiques appelés sur place se trouvait Wim Dijkman, un archéologue néerlandais qui consacre depuis près de trente ans ses recherches à la localisation de la tombe de d’Artagnan. Malgré l’émotion suscitée par cette découverte, il a tenu à rappeler la nécessité d’une extrême prudence. Il déclare ainsi, sur la chaîne L1 Nieuws : « C’est une histoire incroyablement palpitante. Il s’agit de la plus grande célébrité dont le nom est lié à Maastricht. C’est effectivement un sujet d’ampleur mondiale, mais je suis un scientifique, et je ne dirai qu’il s’agit de d’Artagnan que quand j’en serai sûr. »
L’ADN donnera la réponse
Les restes exhumés ont été alors transférés dans un institut spécialisé à Deventer, à l’est des Pays-Bas. Le 13 mars dernier, des prélèvements d’ADN ont été réalisés puis envoyés à un laboratoire de Munich, où ils sont actuellement analysés et comparés à celui de descendants connus, notamment Aymeri de Montesquiou d'Artagnan, ancien sénateur UC du Gers. Celui-ci partage la prudence de Wim Dijkman et déplore l’emballement médiatique suscité par la découverte : « C'est de l'extrême légèreté que de dire à tout va que c'est d'Artagnan ! […] Si ça fait un bide, c'est très négatif, mais si c'est la réalité, vraiment, c'est un événement mondial. » Il rend néanmoins hommage à son illustre aïeul en rappelant le rôle historique qu’il occupa : « Le vrai d’Artagnan était un bon gendarme, un grand serviteur de l’État, un homme de panache permanent qui avait toute la confiance de Louis XIV. »
À ce sujet — Mazarin ou la raison d’État
Ainsi, tant que les analyses n’ont pas livré leurs conclusions, l’identité du squelette demeure enveloppée d’incertitude. L’espoir subsiste toutefois, fragile mais tenace, de voir peut-être s’éclairer l’un des plus anciens mystères de l’Histoire de France.
D’Artagnan, de la Gascogne à la Hollande
D’Artagnan est né vers 1611 au château de Castelmore, dans le sud-ouest de la France, au sein d’une famille de petite noblesse de Gascogne. Peu de choses sont connues de son enfance, mais les historiens estiment qu’il serait arrivé à Paris dans les années 1630 afin de se faire un nom par les armes au service du royaume de France. Grâce à son habileté, son courage et son sens du devoir, il gravit les échelons, gagne la confiance du cardinal Mazarin et finit par devenir capitaine-lieutenant des Mousquetaires du Roi, l’un des plus hauts postes militaires accessibles à un gentilhomme de sa condition.
Sa vie fut alors marquée par de nombreuses campagnes militaires. En effet, contrairement à la version romanesque popularisée par Alexandre Dumas, la vie de d’Artagnan est avant tout celle d’un soldat entièrement dévoué à la Couronne. Sa fidélité à son roi se manifeste ainsi dans plusieurs missions délicates, notamment en septembre 1661 lorsqu’il reçut le triste ordre d’arrêter le pauvre Nicolas Fouquet à Nantes, avant de devenir son geôlier pendant trois ans.
En 1672, il part sur les champs de bataille lors de la guerre de Hollande, suivant les armées de Louis XIV dans sa conquête des Provinces-Unies. Malheureusement, le 25 juin 1673, d’Artagnan est tué à Maastricht durant le siège de la ville. Une balle de mousquet l’atteint ainsi mortellement tandis qu’il mène une charge décisive, mettant un terme à une vie entièrement consacrée au service de l’État. Louis XIV regretta profondément sa disparition et déclara : « J’ai perdu d’Artagnan, en qui j’avais la plus totale confiance et qui était bon à tout. » Il fut alors inhumé en terre consacrée, loin de son épouse Anne-Charlotte de Chanlecy, qui repose aujourd’hui à Sainte-Croix-en-Bresse (Saône-et-Loire)*. Avec le temps, l’emplacement de la sépulture du grand mousquetaire s’est perdu dans la mémoire des hommes, jusqu’à ce que les découvertes récentes laissent entrevoir la possibilité, ténue mais réelle, de retrouver enfin sa trace.
*Archives numérisées en ligne de Saône-et-Loire : Baptêmes-Mariages-Sépultures - 1676-1708, page 53/198
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14 commentaires
D’Artagnant avait également contribué à la sauvegarde du jeune Louis XIV durant la fronde réussissant à le faire sortir de Paris, d’autres missions très importantes s’ensuivront c’est aussi pour cela que Louis XIV devenu roi accordait toute sa confiance à Charles De Batz De Castelmore, j’attends avec impatience les suites des tests ADN et s’il s’avérait que ce corps soit bien celui de d’Artagnant que nous demandions la restitution des reste de sa dépouille afin qu’il repose en France au côté de son épouse. Nous verrions à cette occasion les réactions de certaines personnes je n’en dirais pas davantage.
Ce n’est pas vraiment une nouvelle. Il y a bien 2 ans, j’ai vu à la télé une émission sur d’Artagnan qui parlait déjà de cette découverte. Il est plausible que ce soit d’Artagnan amis avec des preuves c’est mieux.
Je réside à proximité de Maestrcht, dans un coin qui voue un véritable culte à d’Artagnen; Si la ville de Maestrcht lui a fait une statue, chez nous, son nom se retrouve sur certains lieux dits, rues, etc. La société d’histoire locale a reçu à plusieurs reprises Madame Odile Bordaz, venue parler de son mousquetaire préféré: Charles de Batz. Je suis donc étonnée de n »avoir rien lu à ce sujet dans la presse locale, mais j’avoue ne pas lire la presse hollandaise.
On se moque un peu de l’endroit où d’Artagnan a été inhumé.
L’important , que l’on garde toute sa vie dans un coin de cortex, c’est la « carrière » du héro telle que décrite par A Dumas.
Lu, comme pour beaucoup de jeunes Français dès 12 ou 13 ans, les 3 mousquetaires, 20 ans après, ou le vicomte de Bragelone… cela fut une découverte.
Les pâles transpositions de l’ouvrage paraissent mièvres à côté du récit de Dumas.
Et puis tous ces d’Artagnan de cinéma « n’ont pas la même voix que dans le livre ». J’en témoigne !
Pas le moindre flacon d’armagnac à proximité du squelette ? Alors il ne s’agit pas d’un Gersois.
Aymeri de Montesquiou ne descend pas de d’Artagnan, mais la mère de d’Artagnan était Francoise de Montesquiou, décédée le 27 septembre 1656. Artagnan était le nom d’un fief de Francoise de Montesquiou.
J’avais lu que Charles de Batz avait été enterré dans une église, il y a bien longtemps.
Je pensais jusqu’à présent que le nom le plus connu pour Maastricht était celui d’un président français ! Ahaha .Mais je suis allé un jour dans cette ville, très joli, vaut la visite.
Chacune de ces découverte de sépulture et d’ossements avec leur cortège d’examens, de déplacements, voir de partage m’apparaissent davantage être des profanations de tombes sous couvert de recherche scientifique. Dommage pour les morts dérangés dans leur repos.
Demaandez à Planchet, il devrait reconnaître son boss ou son n+1comm on dit chez Macron.
» Il s’agit de la plus grande célébrité dont le nom est lié à Maastricht. »
bah, non, ce nom de Maastricht est funeste depuis 1992.
Le fait même qu il soit mort à Maastricht n était pas une nouvelle réjouissante. Nos politiques devraient prendre exemple sur l abnégation de certains personnages illustres comme d Artagnan. Ils avaient le sens du devoir.
C’est vraiment une ville maudite !
Merci Éric. Quelle bonne idée et quel régal ! Ah si la gauche pouvait en prendre de la graine ! Elle apprendrait où se situe le fascisme et que les idéologues n’ont pas de coeur.