Désarmement à Saint-Denis : « Un policier KO ne protège plus personne »
C’est un match post-municipales qui se joue désormais autour du soutien aux forces de l’ordre. Depuis l’annonce de Bally Bagayoko, nouvel édile LFI de Saint-Denis, de vouloir progressivement désarmer sa police municipale, le bras de fer entre élus « pro » et « anti-police » est engagé. Une ligne de fracture qui distingue ceux prêts à donner aux forces de l’ordre les moyens d’agir contre la délinquance et la criminalité, et ceux qui s’en détournent.
Face à la polémique, des maires prêts à recruter
Ainsi, c’est le député LFI Thomas Portes qui a lancé les hostilités lorsque la rumeur a laissé entendre qu’après les déclarations de Bally Bagayoko, 90 des 140 policiers municipaux de Saint-Denis avaient demandé une mutation. Si ces agents n’en sont, en réalité, qu’au stade de recherche d’une nouvelle collectivité et n’ont pas encore saisi leur hiérarchie, selon une source policière, face à ce signal de contestation, le député insoumis a adressé un message clair à ces policiers : « Bon débarras », a-t-il écrit, sur ses réseaux sociaux.
Bon débarras. https://t.co/KvboGB6g8G
— Thomas Portes (@Portes_Thomas) March 24, 2026
Une déclaration aussitôt suivie de nombreuses réactions d’élus qui ont préféré apporter un soutien chaleureux aux forces de l’ordre municipales de Saint-Denis susceptibles de quitter un climat désormais plus délétère que jamais.
La chef de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a ainsi déclaré que les municipalités de son parti « seront ravies d’étudier leurs dossiers », tout comme le maire LR de Franconville, Xavier Melki, ou encore celui de Nice et président de l’UDR, Éric Ciotti, dont la police municipale, a-t-il affirmé, « a besoin de renforts ». Il s’est dit prêt à « accueillir les agents de Saint-Denis menacés par la décision irresponsable de désarmement prise par la mairie LFI ».
La police municipale de Nice a besoin de renforts. Nous serons fiers d’accueillir les agents de Saint-Denis menacés par la décision irresponsable de désarmement prise par la mairie LFI. https://t.co/9KDnUFO3Mb
— Eric Ciotti (@eciotti) March 25, 2026
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« Une police désarmée est une police vulnérable »
Une déclaration qui ne peut que faire chaud au cœur des premiers concernés. Car de l’irresponsabilité, selon eux, il y en a, dans cette décision de Bally Bagayoko. « Un policier KO ne protège plus personne », s’indigne, auprès de Boulevard Voltaire, un membre des forces de l’ordre parisien. L’argument peut sembler évident, mais il est au cœur de la contestation qui monte aujourd’hui au sein de la police municipale. Car une police désarmée est une police vulnérable, rappelle un autre policier, ayant exercé à Saint-Denis pendant une année.
L’homme se dit très remonté par l’annonce de cette mesure, qui revient selon lui à « jeter en pâture » les agents. « Ils ne se rendent pas vraiment compte de ce qu’on gère sur le terrain. Personne ne s’en rend compte », assure-t-il, avant de rappeler quelques chiffres officiels : au cours de l’année 2025, à Saint-Denis, 99,33 % des interventions se sont déroulées sans recours à l’armement, alors même que 154 armes ont été découvertes, dont 4 armes à feu et 150 armes blanches et lacrymogènes. Le nombre de fois où leur arme leur a permis de dissuader des délinquants de faire usage de la leur, les deux policiers ne les comptent plus. « La logique de porter un gilet pare-balles sans arme me dépasse. Ils ont le droit de prendre des balles parce qu’ils portent l’uniforme, mais pas de riposter ? »
Heureusement, souligne l’un d’eux, lorsqu’une demande de mutation est formulée, la direction tente de la satisfaire. Et comme l’ont rappelé plusieurs élus, les besoins, ailleurs, ne manquent pas. Mais le poids s’en fera ressentir sur les épaules des policiers restés à Saint-Denis.
Une source policière, qui y exerçait pendant la période des Jeux olympiques, rappelle que le renforcement des effectifs avait suffi à faire baisser nettement la délinquance. Preuve, selon elle, que la présence policière armée contribue à ramener le calme. Et que le nombre fait la force.
Aujourd’hui, la situation a changé. Si les forces de l’ordre devaient, un jour, intervenir sans arme de service, elles n’iraient tout simplement plus dans certains quartiers. « On ne choisit pas comment va se dérouler une journée de travail, mais on a tous choisi de rentrer à la maison le soir. »
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106 commentaires
Que tous les policiers, même nationaux, se barrent et nous verrons vite le résultat !!!
Comme ça, les neuneus et poissons rouges verront ce que c’est qu’une ville sans flics !!!
Un policier ko c’est deux personnes mobilisées au minimum (le ko et un autre policier). C’est une aberration que des maires puissent avoir ce genre de choix. Certains diront que la police municipale fait de la voirie, des actions subalternes….mais à quoi servent ils si il y a une agression, un braquage? En plus beaucoup de personnes issus de l’immigration déteste l’uniforme donc en gros c’est attaque moi, je ne pourrai pas me défendre. Une honte ce maire!
C’est peut-être une question un peu naïve, mais pourquoi y a-t-il autant de forces de police différentes en France ? Je préférerais une POLICE unique dotée de toutes les ressources juridiques (y compris les pouvoirs légaux) et matérielles (armes) nécessaires, sous l’autorité du prefet. Ce serait plus simple et sans aucun doute beaucoup plus efficace que le système actuel. Un policier est un POLICIER !
Glenn.
En effet. Une seule police nationale aux mêmes prérogatives et traitements( salaires) Certes: un coût moindre pour les finances des communes mais en ce cas, assumé par l’Etat.
Nous allons voir dans le temps ce que valent ces maires… Une première démonstration qui promet le désastre…
A Nice, le 29 octobre 2020, dans la basilique Notre Dame, 3 personnes (deux femmes et un homme), sont tuées par un terroriste islamiste. Les policiers municipaux sont les primo intervenant et neutralisent le terroriste, en le blessant, en faisant usage de leur arme de service. S’ils n’avaient eu qu’une « gazeuse » : Combien de victimes de plus à déplorer ? Un policier désarmé ne protège personne, s’il ne peut se protéger lui-même.
il a ete elu on n y peut rien
Même armée, la Police n’arrivait pas à maintenir l’ordre et la sécurité dans cette ville mais si on la désarme, c’est bien normal qu’elle envisage une mutation ; inutile de risquer sa vie pour des fanatiques ou individus sans foi ni loi. En conséquence, ce nouveau Maire n’aura pas d’autre choix que de recruter les “meilleurs” parmi la racaille de la ville pour assurer l’ordre et la paix. Et il n’aura même pas besoin de les armer, ils sont déjà équipés de kalach. « en veux-tu en voilà » et d’autres engins. Finalement, « soigner le mal par le mal », c’est peut-être la méthode qu’il convient pour Saint Denis. L’avenir nous le dira d’ici peu.
Le film va devenir palpitant à la prochaine émeute.
je suis contre
En vérité tous les policiers de st Denis devraient demander leur mutation, là je demande à voir ce que ça donnerait dans cette ville perdue! Ils ne veulent pas de protections? Alors que les habitants assument. On sait ce que ça donne ailleurs…