Immigration, diaspora… Pourquoi la France s’intéresse de plus en plus à la CAN ?

Quasi confidentielle il y a 25 ans, la compétition africaine de football est aujourd'hui très populaire en France.
@Wikimedia commons
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La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) a débuté le 21 décembre dernier et s'achèvera le 18 janvier. Il s’agit de la trente-cinquième édition du tournoi. À ses débuts, en 1957 et jusque dans les années 2000, cet équivalent africain de l’Euro n’intéressait guère en dehors de son propre continent. Il en est aujourd’hui autrement.

L’Institut national de l’audiovisuel (INA), dont la mission première est de conserver des images d’archives, a récemment publié un reportage montrant l’évolution de l’engouement suscité par l’épreuve sur le sol de France. Dans les premiers instants de la vidéo, une voix off indique : « Jusque dans les années 2000, la Coupe d’Afrique des Nations est encore confidentielle en France. » Elle dit vrai. À part les fans inconditionnels du ballon rond qui se plaignaient de voir les joueurs africains de leur équipe les abandonner pendant un mois, comme ce fut le cas avec Jay-Jay Okocha pour le Paris-Saint-Germain, rares étaient les Français à se préoccuper de cette compétition continentale.

La CAN gagne la France

En 25 ans, la situation a considérablement évolué. Les images de l’INA le prouvent. En 2000, une poignée de Maliens se retrouve à Saint-Denis pour voir son équipe jouer. Deux ans plus tard, ce sont 2.000 Camerounais et Sénégalais qui sont invités par la mairie de Paris à voir la finale de la compétition opposant les deux nations. Lors de l’édition suivante, le Maroc et la Tunisie sont qualifiés pour la finale. Le match est diffusé sur grand écran au stade Charléty de Paris. 7.000 personnes sont au rendez-vous. Le temps passe et la CAN prend de la place. En 2019, la victoire de l’Algérie est fêtée comme celle de la Coupe du monde de 1998. L’INA est formel : « Des scènes de liesse ont lieu dans toute la France. » Sur les Champs-Élysées, le bruit des klaxons est incessant et des fusées d’artifice sont tirées.

Autre preuve d’un engouement grandissant : la diffusion de la CAN. Avant 2017, seules quelques rencontres étaient visibles en France. Depuis 2017, toute l’épreuve est diffusée sur beIN SPORTS. Comment expliquer cela ?

La Coupe d’Afrique des nations est évidemment d’un bien meilleur niveau qu’avant, mais cela ne fait pas tout. Jamais les Champs-Élysées ne se sont embrassés pour une Copa América qui voit pourtant s’affronter les meilleures équipes mondiales.

Si la CAN est de plus en plus suivie en France, c’est bien parce que la France est de plus en plus africaine. L’engouement pour la compétition suit la courbe de l’immigration. En 2000, les immigrés représentaient 7,3 % de la population contre 11,3 % (7,7 millions) en 2024. Même chose, ou presque, concernant les personnes issues de l’immigration, qui sont aujourd’hui près de 8 millions. Parmi elles, selon l'Insee, entre 40 et 50 % sont d’origine africaine : 48 % pour les immigrés et 45,5 % pour les personnes issues de l’immigration. En tout et pour tout, près de 11 % de la population française est aujourd’hui d'origine africaine.

La France gagne la CAN

D’autres chiffres sont également très parlants et concernent directement la compétition qui se joue actuellement au Maroc. Ils s’intéressent aux lieux de naissance des joueurs engagés dans la compétition. Comme BV le notait fin décembre, plus de 40 joueurs sélectionnés pour la CAN sont nés en Île-de-France, mais plus éloquent encore : 107 des 685 footballeurs ayant pris part à l’épreuve sont nés en France.

Autrement dit, la France fournit plus de 15 % des joueurs de la CAN. Le chiffre est impressionnant en soi, mais il l’est encore plus comparé aux autres pays. En seconde position des nations ayant le plus important contingent de joueurs, la Côte d’Ivoire brille avec avec 29 sélectionnés. Avec 107 joueurs nés en France, donc, nous sommes très, très loin devant !

Voyons les choses du bon côté : la France a toutes les chances de remporter la compétition. À part ça, le grand remplacement est une théorie complotiste.

Vos commentaires

23 commentaires

  1. Il est étrange qu’on ne parle pas ici des troisièmes mi-temps de la CAN en France avec des émeutes, défoulements totalement impunis de racailles plus ou moins récemment importées, dont la facture salée est totalement à la charge de Nicolas. Pour les gens qui, comme moi, considèrent le foot en général comme le temple du fric pour les uns (souvent africains d’ailleurs) et l’opium du peuple pour le vulgum pecus, la couleuvre est dure à avaler. Surtout l’espèce africaine.
    La note devrait plutôt être présentée à la FFF ou aux clubs dont leurs joueurs participent à la CAN.

  2. Bonsoir, je viens de lire les commentaires précédents je crois qu’il n’y a rien à ajouter, May be, l’évidence est en PANAVISION excusez le P a remplacé le C

    • Tout est surtout bon pour mettre la pagaille chez nous , et je suis polie
      Sachant qu’ils ne feraient pas un millionième dans leur pays

Commentaires fermés.

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