Trump impose à la Chine la soumission du réseau TikTok, l’UE… règlemente

En tournée en Asie, Trump est en passe d'arracher un accord sur TikTok avec Xi Jiping.
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Dans un climat de tensions sino-américaines persistantes, Donald Trump entame une visite décisive en Asie, marquée par un sommet avec Xi Jinping à Busan, en Corée du Sud, ce 30 octobre. Ce face-à-face - le premier depuis 2019 - vise à entériner un accord crucial sur TikTok, négocié âprement. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent, sur CBS News, a révélé, dimanche, qu’un deal a été finalisé pour céder la version américaine de l’application. « Nous avons conclu un accord définitif sur TikTok », a-t-il annoncé, précisant : « Nous l’avons finalisé à Madrid, et je crois qu’aujourd’hui, tous les détails sont réglés, pour que les deux leaders scellent cette transaction jeudi en Corée. » Trump, via un décret exécutif signé récemment, a facilité cette cession, évitant une interdiction de TikTok aux États-Unis pour des raisons de sécurité nationale. Le secrétaire national a souligné son rôle : « Mon mandat était d’obtenir l’accord de la Chine pour approuver la transaction, et je crois que nous y sommes parvenus avec succès ces deux derniers jours. » Cet accord, conforme à la loi de 2024, limite la holding de TikTok ByteDance à 20 % de propriété, les 80 % restants allant à des investisseurs américains comme Larry Ellison, Michael Dell et Rupert Murdoch. Ce pragmatisme trumpien, après des menaces de surtaxes à 155 % sur les importations chinoises, reflète une realpolitik visant à protéger les intérêts américains tout en maintenant des relations économiques avec Pékin.

Un deal pour sécuriser la souveraineté numérique

L’accord sur TikTok s’inscrit dans une logique de renfort de la sécurité nationale. TikTok était vu comme une menace d’espionnage par les services américains, justifiant la loi de 2024 imposant une cession. Ainsi, Donald Trump a transformé cette contrainte en chance, impliquant des magnats comme Ellison et Murdoch pour reprendre les rênes. Après son succès pour obtenir la paix entre le Cambodge et la Thaïlande, Donald Trump est en passe de réussir un nouveau coup diplomatique, transformant une menace de ban en une restructuration sous contrôle américain.

Cette visite illustre un rééquilibrage stratégique en Asie. Busan, théâtre de ce sommet, incarne la médiation sud-coréenne dans un contexte où Trump avait menacé d’une surtaxe supplémentaire de 100 % sur les biens chinois (portant le total à 155 %), en réponse aux restrictions chinoises sur les terres rares. 

TikTok sous pression en Europe

L'Europe, de son côté, a mis TikTok sous surveillance accrue, notamment pour ses pratiques publicitaires. En mai 2025, l’Union européenne a accusé la plate-forme de violer les règles du Digital Services Act (DSA), pointant des publicités trompeuses et un ciblage abusif des mineurs. La Commission européenne a ouvert une enquête formelle, menaçant TikTok d’amendes ou de restrictions si ces pratiques ne sont pas corrigées. Ce durcissement réglementaire traduit une méfiance croissante envers l’influence de ByteDance, soupçonnée de collecter massivement des données personnelles, y compris celles d’utilisateurs européens, pour des finalités opaques.

Les algorithmes de TikTok, conçus pour maximiser l’engagement, sont également critiqués en Europe, particulièrement en France. En effet, ils exposeraient les jeunes à des contenus addictifs ou clivants, souvent sans garde-fous efficaces pour les parents. Ces dérives, couplées aux enquêtes de l’UE, fragilisent peu à peu la position de TikTok sur le marché occidental. L'accord sino-américain inspirera-t-il l’Union européenne ?

Vos commentaires

11 commentaires

  1. Realpolitik… tout est dit ! Que vient faire l’UE là dedans ??? La France doit d’abord se mettre à l’abri de TikTok … on s’en fiche pas mal des Estoniens ou Lithuaniens, que j’aime beaucoup, mais qui n’ont pas besoin non plus de l’UE pour se protéger…

  2. les réseaux sociaux sont des fer de lance de l’abrutissement des jeunes occidentaux qui ne réfléchissent plus ne raisonnent plus, ne pensent plus mais gobent tout

    • Vous avez raison.
      Les mouvements complotistes d’extrême droite déploient sur les réseaux sociaux fake news et désinformation.

      Récemment, l’auteur Umberto Eco disait ainsi :
       » Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin, et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles. »

      La désinformation est ainsi le fond de commerce des réseaux sociaux.

  3. Et vous vous rejouissez que Big Brother soit de plus en plus capable de vous surveiller !.????
    Decidement les francais sont vraiment des demeures qui vont meriter de vivre en dictature electronique .J’espere qu’avec de telles conclusions vous ne pretendez pas etre de droite ..?

  4. Il est vrai qu’entre tic toc et le wokisme, les pauvres mômes français ne sont pas gâtés. Pas surprenant que bon nombre d’entre eux deviennent gauchistes.

  5. TikTok est une plaie pour les jeunes. Bravo Trump ! Mais l’Europe se gardera bien de s’en inspirer. Ce qui se fait de meilleur n’est jamais pour nous, en Europe comme en France.

  6. Quand on veut asservir un peuple, on l’alimente de drogue (comme l’opium en Chine il y a 2 siècles). Les « réseaux sociaux » sont une drogue dure. Les jeunes y sont accros. Trump l’a compris, et réagit fermement. Les européens font les « gros yeux », tout simplement.

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