Editoriaux - Table - 10 mars 2018

80 km/h : expérimentation, qu’ils disent. Chiche !

Inflexibles. Intraitables. Droits dans leurs bottes tel John Wayne dans La Chevauchée fantastique, le Premier ministre Édouard Philippe et son godelureau de la com’ ont bétonné. Le passage aux 80 à l’heure maxi sera effectif au 1er juillet. C’est pour votre bien, on vous dit, bande d’ingrats.

80 à l’heure… Et pourquoi pas 70, ou 60 ? Qu’on se rassure, les autoroutes ne sont pas concernées. Ni les nationales. Enfin, pas toutes. Le 80 à l’heure sera réservé à nos routes basiques (si, si, il en reste) à double sens et sans séparation centrale, c’est à dire 400.000 kilomètres sur un total de 900.000.

Chasse au pigeon à l’horizon, ce qui évidemment n’est pas la vocation première de la mesure, puisqu’il s’agit avant tout de sauver 400 vies par an. Personne ne contestera cette noble cause, même si d’autres comme les maladies nosocomiales (4.000 victimes par an au bas mot) mériteraient également un geste, peut-être moins facilement rentable à appliquer.

Il paraît que les caisses sont en appel d’air et qu’il va falloir pomper. Ne serait-ce que pour compenser les 1,6 million d’euros que coûtera le remplacement des panneaux devenus obsolètes… À titre provisoire, peut-être, puisque, comme l’a précisé le Premier ministre, la démagogie gouvernementale voudrait que les 80 km/h soient instaurés à titre expérimental avec bilan dans vingt-quatre mois. En cas d’échec, la réversibilité de la mesure serait une grande première. Avec stockage transitoire, récupération et repose des anciens panneaux ?

Toujours un peu taquin, Nicolas Dupont-Aignan a emboîté le pas d’un bataillon de parlementaires venus rappeler que le fléau automobile est cependant bien pratique pour tous ceux qui n’ont pas le privilège du 7e arrondissement avec chauffeur.

Cosigné par le député de Moselle Jean-Louis Masson, Nicolas Dupont-Aignan suggère en haut lieu que la limitation à 80 km/h fasse l’objet d’une expérimentation, une vraie, à commencer par la Seine-Maritime, le département “de Monsieur Edouard PHILIPPE, tellement convaincu par l’efficacité de cette mesure”.

Le Premier ministre pourra ainsi quantifier le ressenti de la population face à la fatuité d’une répression comptable de circonstance.

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