Le paysage politique semble figé et, dans une sorte de statu quo, on attend tous 2022 pour revivre la manche retour du match entre Marine Le Pen et .

La politique est devenue triste, dans ce nouveau monde : on n’invente plus rien, on ne crée plus rien, on se contente de surfer sur l’actu, c’est la quête permanente du buzz.

Ce jeu convient parfaitement à Macron et aux progressistes qui savent qu’un nouveau duel face à Marine Le Pen tournera à leur avantage, au nom du sacro-saint front républicain, alors ils ne font pas de vague, font le dos rond quand ils perdent aux élections intermédiaires tout en comptant tranquillement le nombre de jours restant à tenir jusqu’à avril 2022.

Les analystes s’accordent tous à reconnaître que la France s’est « droitisée », ce qui signifie, dans un monde idéal, que Macron, qui n’est pas de droite, ne doit plus être aussi haut dans les sondages mais, mieux, que le candidat représentant la droite devrait, en ce moment, caracoler en tête des enquêtes d’opinion… Que nenni !

>D’un côté, la droite classique, dite droite de gouvernement, campant sur ses positions, son expérience dans la gestion politique, son maillage territorial, son réseau de militants et refusant de disparaître comme le PS ; de l’autre côté, les partis un peu plus à droite, classés d’extrême droite, qui, eux, considèrent que la droite classique a échoué quand elle a été aux affaires et qu’elle doit s’éclipser, nonobstant ses acquis (élus, réseaux et électeurs).

Bref, deux droites irréconciliables que Macron utilise pour asseoir son pouvoir, tantôt en piochant dans les idées des uns, tantôt en piquant les ressources des autres, et tout cela avec la bienveillance d’un système médiatique qui semble tenir pour acquis qu’en dehors des deux derniers finalistes de la présidentielle, nul ne peut venir déranger le train-train quotidien.

Et pourtant, il y aurait tant de choses à faire, tant de choses à dénoncer, tant de combats à mener. Depuis 2018, les crises se succèdent, entre les colères des retraités, celles des gilets jaunes, les grèves des transports, les problèmes d’insécurité, les crises sociétales, la crise économique et ses conséquences sociales, la crise sanitaire : on peut le dire, la France est moralement dans un état de ruine, mais bizarrement, personne dans la classe politique n’émerge comme opposant à Macron.

La droite classique enchaîne victoire sur victoire aux élections intermédiaires nationales, quand le parti de Marine Le Pen remporte les élections européennes, et tout cela sur un fond de victoire annoncée, certes étriquée, mais annoncée, de Macron dans tous les sondages pour 2022.

Avec son retour médiatique, Marion Maréchal va sûrement faire bouger les lignes, sauf si elle retourne tranquillement dans son ancien parti.

En effet, l’ex-députée de Vaucluse incarne incontestablement une ligne libérale et conservatrice sur les valeurs (notamment sur des sujets sociétaux comme la loi Bioéthique) dans laquelle beaucoup de Français affirment se reconnaître lors des enquêtes d’opinion. Ligne également défendue par de nombreux cadres de la droite classique, tels Laurent Wauquiez, François-Xavier Bellamy et Nadine Morano, mais aussi par des cadres hors la droite classique tels que Jean-Frédéric Poisson, Nicolas Dupont-Aignan, Robert Ménard.

Cette ligne semble être installée dans le paysage politique, il manque juste des cadres pour la défendre et la porter courageusement. C’est, d’ailleurs, ce manque de courage qui oblige certains leaders à très vite changer de positionnement face à la bien-pensance.

Alors, avec le retour de Marion Maréchal, en augurant qu’après les élections régionales des figures conservatrices de la droite classique se feront entendre, avec Zemmour pour porter médiatiquement les messages, on peut garder espoir que tout n’est pas perdu.

Hauts les cœurs !

14 septembre 2020

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