Qui n’a jamais assisté avec émerveillement à la ferveur des « Ave » montant vers le Ciel, en même temps que ces milliers de flambeaux élevés ? Spectacle émouvant d’une foule immense et colorée, alternant des chants de différentes nationalités, qui marche avec confiance sur le parvis, dans les pas d’une petite bergère qui crut en la Vierge Marie. Qu’il est doux d’entendre ces cantiques entonnés nous permettant d’oublier, un temps, l’agressivité de notre société.

, capitale des cabossés de la vie, opère ce miracle quotidien d’attirer des millions de touristes, visiteurs ou pèlerins. Magie de l’inversion des valeurs faisant passer ici la bienveillance avant la performance, l’homme diminué avant l’homme augmenté. Là, les personnes âgées, malades ou handicapées sont traitées avec la plus grande des priorités. Les derniers seront les premiers.

Alors, que l’on connaisse déjà ou pas, il faudra (re)venir à Lourdes, car il devient urgent de soutenir le sanctuaire et les commerçants alentours. Avec 80 % des pèlerins qui ont annulé leur venue à cause de la pandémie, et la limitation à 5.000 personnes des grands rassemblements, la ville peine à se relever depuis la fin du confinement. « Ici à Lourdes, c’est la triple peine, car nous avons des clientèles très internationales, qui correspondent à 62 % des nuitées, souvent très saisonnières, d’avril à octobre, et les pèlerins sont des seniors », déplore le secrétaire d’État au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, dans Sud-Ouest.

Ce haut lieu de tourisme spirituel, il faut l’avoir visité au moins une fois, que l’on soit croyant ou pas. Ne serait-ce que pour admirer les mosaïques de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, de style romano-byzantin. Plus haut, la basilique supérieure, appelée Immaculée-Conception, est de style ogival inspiré du XIIIe siècle et construite au-dessus d’une crypte. Cette petite crypte témoigne de la foi d’hier et d’aujourd’hui. On y découvre la châsse en orfèvrerie conservant des reliques de sainte Bernadette et les murs entièrement couverts d’ex-voto, ces multiples mercis déposés pour tant de grâces reçues ici. Alors, nous emprunterons à l’humble bergère de la grotte cette expression : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire… »

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